Baromètre des PME et TPE
vague 2



Le 31 janvier 2007 - Notre baromètre de conjoncture réalisé pour le Conseil supérieur de l'Ordre des experts-comptables vise à consulter bimestriellement les PME et TPE afin de mesurer le moral économique de leurs dirigeants et plus précisément la situation de leur propre entreprise. Cette 2e vague a été menée auprès de 800 dirigeants de PME (20 à 249 salariés) et TPE (0 à 19 salariés) entre le 11 et le 18 janvier 2007.

Chaque vague comporte deux parties distinctes :

- une partie barométrique comportant des indicateurs précis et détaillés destinés à suivre l’évolution passée et projetée des PME et TPE,

- une partie plus conjoncturelle, permettant de saisir l’appréciation des chefs d’entreprise sur des mesures, projets ou situations relevant de l’actualité immédiate ou très proche.

Une perception sombre de la situation économique et sociale au plan national

68% des dirigeants de PME et TPE déclarent avoir l'impression que la situation économique et sociale en France a tendance à aller plus mal, contre seulement 5% qui estiment qu'elle va en s'améliorant, 25% affirmant qu'il n'y a pas de changement. La perception d'une évolution dans un sens ou dans l'autre apparaît donc plutôt en recul par rapport à novembre dernier (8% évaluant alors que la situation allait en s'améliorant, tandis que 70% avançaient le contraire), tandis que celle du statu quo progresse (+5 points).

Toutes les catégories font preuve d'un pessimisme largement majoritaire. Certains témoignent néanmoins cette fois encore d'une vision encore plus sombre que les autres : les femmes dirigeantes d'entreprise (75% d'entre elles déclarent que la situation économique et sociale a tendance à aller plus mal, contre 64% des hommes), les dirigeants de TPE (68%, contre 59% pour ceux des PME), les dirigeants des PME et TPE des secteurs « commerce et réparation » (75%) et « service aux particuliers » (73%, dont 81% pour ceux des secteurs « hôtellerie, restauration », soit une progression de 10 points du pessimisme de ces derniers depuis deux mois) et les EURL et SARL (77%, contre seulement 59% pour les SA et 68% pour les entreprises individuelles et les SAS).

La dégradation ressentie de la situation du secteur
n'impacte pas réellement l'optimisme sur l'avenir de l'entreprise

L'écart entre la perception du secteur et de l'entreprise s'accroît :

- Au regard circonspect qui prévalait au mois de novembre dernier concernant la situation économique de leur secteur d'activité (49% des dirigeants de PME et TPE se déclaraient alors optimistes, contre 50% de pessimistes) succède une inquiétude plus marquée. En effet, en ce début d'année 2007, une franche majorité des interviewés apparaît pessimiste (57%, +7 points), contre seulement 41% d'optimistes (-8 points).

Cette dégradation ne concerne pas les dirigeants de PME (64% d'optimisme, soit un point de moins seulement qu'en novembre 2006) et s'applique surtout aux dirigeants de TPE (41%, soit une baisse de 8 points d'optimisme chez ceux-ci).

- L'optimisme reste important et largement majoritaire pour l'entreprise elle-même, surtout pour les PME : les perspectives à un an s'avèrent plus favorables, puisque 58% des dirigeants se déclarent optimistes pour leur entreprise (-1 point), contre 39% de pessimistes (+1 point). On observe cette fois encore une différence marquée entre les PME et les TPE : les dirigeants de PME apparaissent en effet beaucoup plus optimistes sur leurs perspectives à un an (75% d'optimistes, contre 24% de pessimistes) que ceux des TPE (57% contre 40%). Sur ce critère, notons aussi que le secteur d'activité auquel appartient l'entreprise est déterminant sur la manière d'appréhende les perspectives de l'entreprise à un an : ainsi, alors que les dirigeants des secteurs « construction » et « service aux entreprises » apparaissent systématiquement plus optimistes que les autres (70% et 63% de citations), ceux des secteurs « hôtellerie / restauration » restent particulièrement pessimistes (38% seulement d'optimistes).

- Par ailleurs, comme il y a deux mois, les dirigeants de PME et TPE se déclarent majoritairement satisfaits du niveau d'un certain nombre d'indicateurs, malgré une légère érosion de leur satisfaction. Les dirigeants de PME demeurent systématiquement plus satisfaits que ceux des TPE :

» 58% des interviewés déclarent que la situation de leur entreprise est satisfaisante pour le niveau du carnet de commande ou du volume de la clientèle (-4 points), avec 79% de citations pour les PME (soit un niveau stable pour ces derniers) ;

» 55% des interviewés déclarent que la trésorerie de leur entreprise est satisfaisante (stable), avec 72% de citations pour les PME (+1) ;

» enfin, 49% déclarent que la rentabilité de leur entreprise est satisfaisante (-1), avec 63% de citations pour les PME (-1).

Tirant un bilan mitigé de la période écoulée, les dirigeants de PME et TPE
font preuve d'une confiance toujours prudente pour l'avenir

Comme en novembre dernier, la perception de l'évolution récente de leur entreprise par ces dirigeants les incite sans doute à la prudence.

- En effet, ceux qui disent que la situation de leur entreprise est plutôt moins bonne que l'an dernier sont plus nombreux que ceux qui estiment qu'elle est plutôt meilleure : 27% contre 17%, 54% optant pour le statu quo.

Comme il y a deux mois, le bilan apparaît meilleur dans les PME : 36% des dirigeants estimant que la situation est plutôt meilleure depuis un an, tandis que 17% déclarent qu'elle est plutôt moins bonne. Pour les TPE, la situation est moins favorable : 16% affichent une situation meilleure depuis un an, contre 27% qui estiment que leur situation est plutôt moins bonne.

- L'évolution récente demeure plus équilibrée, avec une tendance encore plus marquée qu'en novembre dernier à la stabilité : en effet, 68% des dirigeants de PME et TPE affirment que la situation de leur entreprise n'a pas changé au cours des trois derniers mois (contre 65% en novembre 2006), tandis que 18% estiment qu'elle s'est plutôt détériorée (-1 point) et 14% qu'elle s'est au contraire plutôt améliorée (stable).

Là encore, les PME affichent une situation beaucoup plus favorable puisque 26% déclarent que la situation s'est plutôt améliorée au cours des trois derniers mois, contre seulement 13% qui disent qu'elle s'est plutôt détériorée.

Cette circonspection persistante conforte la tendance à parier sur le statu quo pour les trois prochains mois, même si les dirigeants de PME se montrent à nouveau plus confiants que ceux des TPE :

- plus des deux tiers des dirigeants de PME et TPE interrogés (67%, +3 points depuis novembre dernier) estiment que la situation de leur entreprise restera stable au cours des trois prochains mois. 16% d'entre eux anticipent plutôt une amélioration et 11% une détérioration. Les dirigeants des PME font preuve d'un optimisme plus fort : 27% d'entre eux pensent que la situation de leur entreprise va s'améliorer, contre seulement 15% pour les TPE ;

- par ailleurs, en ce début d'année, les chefs d'entreprise anticipent encore plus largement qu'en novembre dernier un statu quo de certains indicateurs microéconomiques :

- Trésorerie : 61% des interviewés estiment que leur trésorerie sera sans changement au cours des trois prochains mois (soit 10 points de plus qu'il y a deux mois), tandis que 13% prédisent une hausse (-9 points) et 23% une baisse (-1). Les dirigeants de PME font à nouveau part d'un optimisme plus important que ceux des TPE puisque 26% prévoient une hausse, contre 15% qui anticipent une baisse.

- Chiffre d'affaires : 58% des interviewés affirment que leur chiffre d'affaires sera sans changement au cours des trois prochains mois (+6 points depuis novembre dernier), alors que 17% anticipent une hausse (-7 points) et 22% une baisse (+2).

Les dirigeants de PME et TPE qui anticipent une hausse pensent y faire face principalement par des gains de productivité (44%), avant d'envisager des recrutements ou un recours à la sous-traitance (13% de citations) ou un recours à l'intérim (6%).

Sur cet indicateur, les dirigeants de PME apparaissent toujours beaucoup plus confiants que ceux des TPE, mais dans une dimension moindre que celle relevée en novembre dernier. Ainsi, 32% pensent que leur chiffre d'affaires sera plutôt en hausse (-10 points), contre seulement 16% qui prévoient une baisse (-2), et 48% une absence de changement (+10 points).

Par rapport à novembre dernier, les prévisions à trois mois concernant la trésorerie et le chiffre d'affaires apparaissent donc encore moins optimistes et se reportent plus massivement encore sur le statu quo.

Il faut relever que ces indicateurs microéconomiques témoignent d'une élasticité importante directement liée à la saisonnalité des secteurs d'activité. Ainsi, le secteur « commerce » anticipe à seulement 19% une hausse de son chiffre d'affaires dans les trois prochains mois (contre 31% de citations avant les fêtes de fin d'année).

- Investissement : enfin, 20% des dirigeants de PME et TPE seulement prévoient d'investir dans les six mois à venir, soit un niveau identique à celui relevé il y a deux mois.

Cette fois encore, les prévisions d'investissement apparaissent intimement liées à la taille de l'entreprise : plus l'entreprise est grande, plus les prévisions d'investissement sont importantes. Ainsi, 19% seulement des dirigeants de TPE prévoient d'investir dans les six mois qui viennent (pour 14% dans les entreprises sans salarié). Au contraire, 53% des dirigeants de PME ont des perspectives d'investissement, dont 66% dans les entreprises de plus de 100 salariés (soit une progression de 8 points en deux mois dans cette catégorie).

L'emploi dans l'entreprise :
la prudence continue à peser sur les perspectives d'embauche

9% des dirigeants de PME et TPE avec salariés estiment que leur effectif salarié sera plutôt en hausse au cours des trois prochains mois tandis que 9% anticipent une baisse, 82% d'entre eux affirmant qu'il sera sans changement.

Un statu quo est toujours largement anticipé par les dirigeants de PME (72%, contre 68% en novembre dernier), même si ces derniers sont plus nombreux que la moyenne à envisager une hausse de leur effectif salarié (19%, -4 points).

Par ailleurs, 96% des dirigeants d'entreprises sans salariés déclarent ne pas envisager d'embaucher des collaborateurs dans les trois mois qui viennent.

Les différents facteurs externes susceptibles de favoriser la création d'emplois semblent majoritairement peu efficaces aux dirigeants de PME et TPE :

Question : Pour chacun des facteurs suivants externes à votre entreprise, diriez-vous qu'il est plutôt propice ou plutôt pas propice à la création d'emplois dans votre entreprise ?

A tous ceux qui ont ou pourraient envisager d'avoir des salariés un jour
% de réponses "Plutôt propice" Janvier
2007
Évolution
jan 2007 / nov 2006
- Les exonérations de charges sociales 40 =
- La possibilité de trouver de la main-d'oeuvre qualifiée 33 +2
- Le niveau de la croissance 28 -4
- Le niveau du SMIC 26 +6
- La législation sur le temps de travail 15 +4
- La législation sur le travail 14 -
- La fiscalité sur les entreprises 10 -2
- Le niveau des charges sociales 5 -3

Il en va ainsi du niveau du SMIC (35% ne le jugent pas propice à la création d'emplois, contre 26% qui estiment le contraire), de la possibilité de trouver de la main d'oeuvre qualifiée (43% de citations contre 33%), du niveau de la croissance (50% estiment qu'il n'est pas propice à la création d'emplois), de la législation sur le travail (59% de citations), de la législation sur le temps de travail (62%), de la fiscalité sur les entreprises (72%) et du niveau des charges sociales (85%). Notons tout de même la progression de l'efficacité perçue de la législation sur le temps de travail et du niveau du SMIC (respectivement 4 et 6 points de plus par rapport à novembre dernier).

Seules les exonérations de charges sociales leur apparaissent à nouveau plutôt efficaces puisque 40% estiment qu'elles sont plutôt propices à la création d'emplois (soit un niveau comparable à celui relevé il y a deux mois), tandis que 35% affirment le contraire.

Principaux enseignements tirés des questions d'actualité

Pour cette deuxième vague du baromètre, les questions d'actualité sont articulées autour de la perception de la mise en place du prélèvement à la source dans l'entreprise d'une part, et de la campagne pour l'élection présidentielle d'autre part.

Une petite moitié des dirigeants de PME et TPE avec salariés s'inquiètent de la difficulté de mise en place du prélèvement à la source de l'impôt sur le revenu dans leur entreprise

49% des dirigeants des entreprises avec salariés déclarent que le prélèvement à la source de l'impôt sur le revenu serait facile à mettre en place dans une entreprise comme la leur, tandis que 44% estiment qu'une telle mise en place serait difficile. Si une courte majorité se prononce donc pour la facilité, les dirigeants de PME et TPE qui estiment que ce serait difficile s'avèrent plus catégoriques que ceux qui pensent que ce serait facile, puisque 22% affirment que ce serait « très difficile » tandis que seulement 8% avancent que ce serait facile.

La taille de l'entreprise apparaît comme un critère particulièrement clivant sur le sujet : plus l'entreprise est grande, plus la mise en place de l'impôt sur le revenu semble difficile à mettre en place. Ainsi, alors que les dirigeants de PME affirment majoritairement que la mise en place du prélèvement à la source serait difficile pour une entreprise comme la leur (53%, contre 41% qui pensent au contraire que ce serait facile), ceux des TPE avancent l'hypothèse inverse (50% d'entre eux déclarent que ce serait facile, contre 43%).

La campagne présidentielle : une place insuffisante accordée aux questions économiques touchant à la vie des entreprises et une forte attente concernant la baisse des charges sociales

Les trois quarts des dirigeants de PME et TPE estiment que la place accordée aux questions économiques touchant à la vie des entreprises est insuffisante (75%, dont 39% qui déclarent même que celle-ci est « tout à fait insuffisante »), contre seulement 18% qui estiment qu'elle est suffisante. Un constat qui apparaît unanime dans toutes les catégories d'entreprises mais qui s'avère particulièrement critique dans celles qui sont dirigées par des femmes (79% affirment que cette place est insuffisante), dans les entreprises de 0 salariés et de plus de 100 salariés (respectivement 78% et 81% de citations), dans les entreprises de « services aux particuliers » (78%, dont 81% pour le secteur « hôtellerie et restauration »), dans les SAS (82%) et dans les entreprises dont le chiffre d'affaires est supérieur à 10 millions d'euros (87%).

Se prononçant sur la première réforme qu'ils espèrent du futur président de la République, 50% des dirigeants de PME et TPE citent la baisse des charges sociales, largement devant les autres attentes, qu'il s'agisse de la baisse des dépenses publiques (15%), de la simplification de la législation sur le travail (10%), de l'adaptation du système éducatif au monde du travail (9%) et, dans une dimension encore moindre, de l'assouplissement des 35 heures et de la diminution de l'impôt sur les sociétés (respectivement 7% et 4% de citations).

Notons que la hiérarchie des attentes des dirigeants de PME est très différente de la moyenne. En effet, même si leur priorité se porte aussi sur la baisse des charges sociale (à 35%, contre 51% pour les dirigeants de TPE), leur attente concernant un assouplissement des 35 heures apparaît particulièrement importante (22% de citations, contre 6% seulement pour les dirigeants de TPE).


Fiche technique : La 2e vague du baromètre a été réalisée du 11 au 18 janvier 2007 par téléphone auprès d'un échantillon national de 800 dirigeants de TPE (entreprises de 0 à 19 salariés) et de PME (entreprises de 20 à 249 salariés) représentatif des entreprises de 0 à 249 salariés, selon la méthode des quotas (taille d'entreprise croisée par le secteur d'activité, région). L'échantillon a été raisonné pour disposer d'environ 400 dirigeants de TPE et 400 dirigeants de PME. Lors du traitement informatique des résultats, chaque catégorie a été remise à son poids réel afin d'assurer la représentativité des résultats, au regard des critères de la taille de l'entreprise, du secteur d'activité et du découpage géographique par région.


Plus d'informations :
Emmanuel Rivière / Agnès Balle
Département Stratégies d'Opinion
Tél : 33 (0)1 40 92 45 37 / 45 41
Fax : 33 (0)1 40 92 47 57
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