Le 31 mars
2004 - D'après
la première vague de notre baromètre réalisé
pour Casino et L'Hémicycle,
le chômage et l'emploi (71%) sont les sujets qui
préoccupent le plus les Français, loin devant
la santé et la qualité des soins (48%) et
le financement des retraites (44%). Suivent de près
les inégalités sociales (40%), l'école
et la qualité de l'enseignement (36%), le financement
de l'assurance maladie (32%), l'environnement et la pollution
(32%).
Le chômage
et l'emploi, la santé et la qualité des
soins et le financement des retraites sont aux premiers
rangs des préoccupations de Français.
Le chômage
et l'emploi constituent la préoccupation majeure
des Français : avec 71% de citations,
l'emploi arrive très largement en tête cette
dimension obtenant 23% de citations de plus que celle
qui arrive en deuxième position, " la
santé et la qualité des soins "
(48%). Le chômage et l'emploi sont très largement
majoritaire dans toutes les catégories de la population
mais de façon plus marquée chez les jeunes
(81% de citations chez les 18-24 ans), les ouvriers et
les employés (respectivement 77% et 80% de citations).
La santé
et la qualité des soins d'une part, le financement
des retraites d'autre part, constituent le deuxième
et le troisième sujet de préoccupation des
Français, dans des proportions quasi identiques.
S'il existe quelques différences en fonction de
la sociologie des personnes interrogées - les femmes
et les personnes âgées sont davantage préoccupées
par ces sujets ; les cadres s'inquiètent un
peu plus que les autres de la qualité des soins ;
les ouvriers sont légèrement plus préoccupés
par le financement des retraites -, on peut surtout parler
de préoccupations massivement partagées
et qui concernent les piliers du système social
français. Quant à la réforme annoncée
de l'assurance maladie, elle s'inscrit dans un contexte
d'opinion particulièrement anxiogène. L'idée
d'une possible dégradation de la qualité
des soins est en effet nouvelle dans notre pays et
rompt avec le sentiment de bénéficier de
" la meilleure médecine du monde ".
Ce temps n'est pas forcément révolu mais
la prégnance nouvelle d'un certain nombre de problèmes
(manque d'infirmières, urgentistes et professeurs
de médecine soulignant la dégradation des
conditions de travail en milieu hospitalier, médiatisation
des maladies nosocomiales, sans oublier, naturellement,
les effets dramatiques de la canicule du mois d'août),
ont introduit une fêlure et un doute profonds.
La sécurité
des biens et des personnes en recul
Les inégalités
sociales, avec 40% de citations, constituent la quatrième
préoccupation des Français. Après
avoir régressé, elle reprend une vigueur
nouvelle en particulier auprès des jeunes
et des cadres.
La sécurité
des biens et des personnes est une préoccupation
en recul : elle se situe au 9e
rang des sujets de préoccupations, mais elle ne
fait jamais partie des 4 premiers sujets de préoccupations
quels que soient l'âge, la profession ou selon le
sexe. Cette question se positionne désormais loin
derrière les sujets économiques et sociaux.
Entre les
inégalités sociales et la sécurité
des biens et des personnes, plusieurs thématiques
apparaissent : l'école et la qualité
de l'enseignement, en cinquième position, comme
si les Français se mettaient maintenant à
douter de ce qui fut pendant longtemps présenté
comme une machine à favoriser l'ascenseur social ;
l'environnement et la pollution, dont on a peu parlé
dans le débat public ces derniers temps et dont
ce baromètre nous rappelle l'importance ; mais
aussi, l'évolution du pouvoir d'achat. A l'inverse,
la sécurité alimentaire et la qualité
de la nourriture n'obtiennent " que "
14% de citations - mais 18% dans certaines catégories :
foyers à très faible revenus, chômeurs.
Au final,
la première vague de notre baromètre fait
apparaître des inquiétudes avant tout économiques
et sociales mais également, centrées sur
des problèmes quotidiens et qui concernent autant
l'individu que la collectivité. Il sera intéressant
à la lumière de l'actualité récente
et du résultat du deuxième tour des élections
régionales d'observer le mois prochain comment
ces préoccupations auront évolué.
Brice Teinturier
