Référendum :
Près du but, loin du coeur



31 août 2000 - A trois semaines du référendum sur le quinquennat, les Français se montrent plus que jamais sans passion pour son objet. Moins d'un tiers des personnes interrogées (30%) dans l'enquête SOFRES-FIGARO se déclarent intéressées par le débat sur le quinquennat. C'est un record de désintérêt qui ferait presque passer le référendum de 1988 sur la Nouvelle Calédonie pour un débat passionnel, sans parler de Maastricht en 1992 qui, en comparaison, frôlait l'hystérie. Pis, au fur et à mesure que l'échéance se rapproche, le désintérêt va croissant. Et certaines catégories battent des records de distance par rapport au débat. Ainsi en va-t-il des personnes âgées (27% d'intérêt) ou des ouvriers (24%). Les plus jeunes de 18 à 24 ans ainsi que les cadres se montrent les plus en phase avec le débat, avec un niveau d'intérêt frôlant les 40%.

Côté intention de participation au scrutin, les résultats restent toujours en deçà de 50% avec un niveau atteignant actuellement 46%. Niveau qui franchit son seuil maximum parmi les cadres supérieurs (54%) et les employés (54% également) et qui tombe parmi les ouvriers à 35%. De quoi penser que la nature du scrutin reste bien distante des préoccupations populaires. Coté proximité politique, les sympathisants de droite comme de gauche se montrent également mobilisés avec seulement une moitié d'entre eux envisageant de se déplacer pour voter. Et si les proches du Parti communiste respectent relativement la consigne d'abstention de Robert Hue avec 40% de souhait de participation, les partisans du Non au référendum ne sont guère plus mobilisés que les autres avec 50% d'indice de participation.

Les causes de cette distance des Français à l'égard de ce scrutin se trouvent essentiellement dans les résultats des intentions de vote où l'approbation massive de la mesure (78%) amène l'opinion à considérer que le scrutin est sans risque et donc sans intérêt. Car si l'approbation a perdu 6 points en 2 mois, les niveaux encore atteints conduisent à minimiser l'enjeu du scrutin. A l'exception des proches du RPF (les sympathisants du FN et du MNR étant trop réduits dans le sondage pour être pris en compte) dont on notera tout de même que 44% envisagent de voter pour le quinquennat en dépit des consignes de Charles Pasqua et Philippe de Villiers, toutes les autres catégories dépassent nettement les 70% d'approbation.

Au total, cette troisième vague d'enquête confirme l'absence d'implication des Français dans le débat sur le quinquennat et amène à penser que nos concitoyens n'auraient sans doute pas été trop choqués que la mesure soit adoptée par le seul Parlement réuni en Congrès, se réservant l'usage du référendum pour des questions qu'ils jugent plus importantes pour l'avenir du pays et leur propre avenir.

Philippe MÉCHET


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Pour en savoir plus

- Le dossier référendum sur le quinquennat du Conseil Constitutionnel

- Le texte soumis au vote des Français

- La constitution de la Vème République

- Le référendum sous la Vème République

- L'abstention aux référendums sous la Vème République

- Les résultats des précédents référendums

- Les dernières dépêches d'agence sur le référendum, avec Yahoo!Actualités

Le référendum
dans la presse

- Le Dossier référendum du site du Monde

- Le Dossier référendum du site de Libération

 


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