Baromètre des états hospitaliers 2004
vague 3

 

Le 20 septembre 2004 - Suivre et évaluer les tendances et les évolutions perceptibles au sein de la communauté hospitalière, tel est le principal objectif de notre baromètre annuel des états hospitaliers réalisé pour Décision Santé. A travers deux parties distinctes - politique de l'établissement, qualité du réseau hospitalier et des soins -, cette 3e vague permet d'identifier les problématiques professionnelles et individuelles des acteurs hospitaliers.

Les acteurs hospitaliers confiants sur les capacités des établissements

La réorganisation du système de soins a provoqué de nombreuses mutations dans la gestion des hôpitaux au cours des 10 dernières années. Les réformes successives sont responsables de changements considérables au sein des établissements hospitaliers qui doivent faire face à d'importantes contraintes budgétaires.

Malgré cela, les acteurs hospitaliers interrogés restent confiantsquant aux capacités des établissements à évoluer (83%) ; répondre aux besoins de la population (86%) ; s'ouvrir sur l'extérieur (86%) et à développer de nouvelles activités (77%).

Cependant, seulement58%des acteurs hospitaliers croient queles établissements pourront conserver en nombre suffisant le personnel soignant. D'autre part, il apparaît queles cadres dirigeants et le secteur privé sont beaucoup plus confiants que les cadres soignants et le secteur public.Par exemple, seuls 6% des cadres du privé doutent de la capacité des établissements à répondre aux besoins de la population contre 28% des cadres du public.

Satisfaction à l'égard de l'image véhiculée par l'hôpital

73% des acteurs hospitaliers interrogés se déclarent satisfaits de l'image de l'établissement véhiculée.A noter que seulement 12% sont tout à fait satisfaits sur ce point.

Les avis sur la communication externe sont plus mitigés. Seulement 58% des professionnels de santé interrogés sont satisfaits de la communication des établissements vers l'extérieur, (dont 9% tout à fait) et 86% prônent un renforcement de cette communication. Par ailleurs, 46% se disent satisfaits de la diffusion dans la presse de classements d'établissements (dont seulement 8% tout à fait).

En matière de communication interne, 64% des acteurs hospitaliers interrogés sont satisfaits du climat social à l'intérieur de l'établissement et 55% de la communication interne.

Globalement, les cadres dirigeants et le secteur privé sont davantage convaincus par une politique de communication des établissements que les autres acteurs.

La gestion du temps de travail : un problème dans le contexte des 35 heures

Bien que 71% des acteurs hospitaliers soient satisfaits de leur environnement professionnel, la gestion du temps de travail dans le contexte des 35 heures reste un gros problème pour une majorité (71%). Par ailleurs, pour plus de la moitié des cadres hospitaliers interrogés (56%), la notion de transfert des compétences ne constitue pas une réponse favorable au manque de personnel.

Si la motivation des acteurs hospitaliers reste forte (7.7/10), 44% des acteurs hospitaliers souffrent d'un manque de reconnaissance de leur activité. Par ailleurs, 63% sont globalement satisfaits de leur rémunération (à noter que seulement 8% de ceux-ci se révèlent tout à fait satisfaits et que 37% se déclarent insatisfaits sur ce point).

Les contraintes budgétaires : un obstacle à la qualité des soins

72% des acteurs hospitaliers voient les contraintes budgétaires comme un obstacle à la qualité des soins. Néanmoins c'est une perception en baisse notable (- 14 points par rapport à 2003). Les cadres soignants partagent plus particulièrement ce point de vue (42% de tout à fait d'accord, pour 29% des cadres dirigeants). Presque 8 cadres hospitaliers sur 10 pensent que l'accréditation permet d'améliorer l'évaluation des pratiques médicales.

87% des cadres considèrent que l'EPP (Evaluation des Pratiques Professionnelles) est un axe de travail visant à améliorer la qualité du service rendu et 93% des cadres dirigeants.

Des avis partagés quant à l'impact des SROS

Les avis sont partagés quant à l'impact positif des SROS (Schéma Régional d'Organisation Sanitaire) et de la planification hospitalière sur l'organisation des établissements (56% d'acteurs hospitaliers s'accordent sur ce point). Mais c'est une tendance en progression notable (+11 points) par rapport à 2003.

De même, l'égalité d'accès aux soins est une réalité pour seulement 60% des cadres interrogés et 56% d'entre eux pensent que les inégalités interrégionales n'ont pas tendance à se réduire.

La réforme du gouvernement : les acteurs hospitaliers dubitatifs

62% des acteurs hospitaliers pensent que la réforme présentée par le gouvernement n'améliorera pas la situation de l'hôpital.

Selon 58 % des acteurs hospitaliers interviewés, l'extension du rôle des ARH (Agence Régionale d'Hospitalisation) en ARS (Agence Régionale de Santé) est une bonne chose pour la restructuration de l'hôpital. Les cadres dirigeants sont plus convaincus que leurs collègues soignants (66% vs 52%).

Par ailleurs, 40% des cadres interrogés restent dubitatifs quant à l'efficacité de la réforme sur la complémentarité entre les systèmes hospitaliers publics et privés.

Quel impact de la T2A ?

La réforme va modifier le fonctionnement global de l'hôpital. En effet, le budget global va être abandonné au profit de la T2A. Pour près de 8 acteurs hospitaliers sur 10, la T2A va induire une pression budgétaire sur le médicament.

59% pensent que le rôle du pharmacien hospitalier sera renforcé. Selon 68% des professionnels de santé interrogés, la T2A ne permettra pas à elle seule un bon usage des médicaments au sein des établissements.

Le libre choix en matière de prescription sera réduit avec la T2A pour 52% des acteurs hospitaliers, et pour 58% d'entre eux, la T2A va modifier les critères de choix du médicament. Face à cette situation, 72% des interviewés pensent qu'avec la T2A, le pharmacien continuera à négocier le prix des médicaments.

Les effets de la judiciarisation croissante

90% des professionnels de santé interrogés pensent que le respect des droits des patients est aujourd'hui une réalité. Les cadres du privé (95%) et les cadres dirigeants (94%) en sont particulièrement convaincus.

Cependant, on assiste à une recrudescence du recours à la justice dans le domaine de la santé qui effraye 2/3 des cadres hospitaliers. Seulement la moitié des professionnels de santé déclarent avoir modifié leur pratique et surtout les cadres dirigeants (63%) en raison de cette problématique.

Le recours de plus en plus fréquent à la justice ne va pas dans le sens d'une meilleure qualité du service rendu pour 57% des acteurs hospitaliers. C'est notamment l'opinion des cadres soignants (63%) .

69% des interviewés pensent qu'il existe des mesures de protection juridiques vis-à-vis du personnel au sein de leur établissement en cas de mise en examen d'un personnel hospitalier : les dirigeants sont davantage convaincus (79% vs 62% pour les cadres soignants).

Principales évolutions 2002-2004

Très peu d'évolutions des mentalités sont perceptibles au cours des trois dernières années. Néanmoins, elles sont perceptibles dans 3 domaines :

- L'impact positif des SROS et de la planification hospitalière sur l'organisation des établissements (+11 points entre 2003 et 2004): les avis restent encore très mitigés car seulement 56% des cadres sont favorables au SROS.

- Les contraintes budgétaires comme obstacle à la qualité des soins : -14 points entre 2003 et 2004. Même si cette tendance reste largement majoritaire (72%), l'idée qu'une certaine rationalisation budgétaire peut être effectuée sans porter atteinte à la qualité des soins progresse.

- La satisfaction à l'égard du niveau de rémunération : +12 points entre 2002 et 2004: avec seulement 37% des cadres hospitaliers qui émettent une insatisfaction sur ce point.


Fiche technique

Etude réalisée par téléphone du 28 juin au 6 juillet 2004, auprès de 303 cadres hospitaliers, (121 directeurs généraux et DRH, 50 praticiens hospitaliers chefs de service, 41 praticiens, 40 surveillantes générales cadres soignants, 51 pharmaciens hospitaliers).



Plus d'informations :
Michel MURINO / Odile PEIXOTO
Département Santé
Tél : 33 (0)1 40 92 45 15 / 44 20
michel.murino@tns-sofres.com
odile.peixoto@tns-sofres.com
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