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Les généralistes et
le Syndrome métabolique
Le 27 février 2004
- Notre étude réalisée pour l'Institut du Syndrome
métabolique auprès de médecins généralistes
en France, au Royaume-Uni, en Pologne, au Canada et à Singapour montre
que les généralistes ont une connaissance très incomplète
du syndrome métabolique. Des variations importantes de prévention
et de prise en charge du syndrome existent d'un pays à l'autre. Association
de plusieurs désordres métaboliques concernant les graisses, le
sucre, le surpoids et la tension artérielle, le syndrome métabolique
multiplie par 3 chez les personnes qui en sont atteintes la probabilité
de survenue d'un accident cardio-vasculaire par rapport à une population
exempte.
Une évaluation
qui touche 56% des patients âgés de 45 ans et
plus.
Dans l'ensemble
des pays, les médecins généralistes estiment
en moyenne que 30 à 50% de leurs patients âgés
de plus de 45 ans présentent des risques cardio-vasculaires.
Ils effectuent une recherche du risque chez 56% d'entre eux,
quels que soient les facteurs de risque présentés
par ces derniers.
En France, les
médecins interrogés estiment que 38% de leurs
patients âgés de 45 ans et plus présentent
un risque cardio-vasculaire ; ils procèdent à
une évaluation de ce risque chez 61% de ces sujets.
La situation
est très différente au Royaume-Uni : Les médecins
généralistes pensent que 36% de leurs patients
âgés de 45 ans et plus présentent un risque
cardio-vasculaire mais ils déclarent ne rechercher
ce risque que chez seulement 23% d'entre eux.
En Pologne et
au Canada, les taux estimés de risques cardio-vasculaires
par les médecins chez leurs patients sont les plus
élevés - respectivement 51% et 52%. Les médecins
généralistes de ces deux pays sont les plus
nombreux à pratiquer une évaluation systématique
du risque cardio-vasculaire chez leurs patients âgés
de 45 ans et plus - respectivement 70% et 75%.
A Singapour,
les médecins déclarent le plus faible taux de
risque cardio-vasculaire chez leurs patients âgés
de 45 ans et plus (30%), et pourtant ils pratiquent une évaluation
de ce risque dans 45% des cas.
L'évaluation
des risques cardio-vasculaires extrêmement variable
selon les pays
Quel que soit
le pays considéré, les tests pratiqués
par les médecins généralistes pour évaluer
le risque cardio-vasculaire font partie des bilans biologiques
de base : mesure du cholestérol total dans 91% des
cas, triglycérides (82%), glycémie à
jeun (77%), sérum créatinine (62%), ou mesures
pouvant facilement être prises en cabinet : tension
artérielle (94%), pouls périphérique
(56%), auscultation artérielle (47%).
Le cholestérol
HDL et le cholestérol LDL sont aussi souvent recherchés
par les médecins (dans 82% et 81% des cas), ce qui
montre que la mesure des cholestérols séparés
est devenue aussi importante que la mesure du taux de cholestérol
total.
Le calcul du
BMI (Body Mass Index) est réalisé par seulement
53% des médecins généralistes. Ce chiffre
peu élevé s'explique par le fait que les médecins
ont plutôt tendance à évaluer au coup
d'oil l'état de surcharge pondérale de leurs
patients. Seulement 16% des médecins généralistes
pratiquent la mesure du tour de taille.
Au-delà
de ces résultats généraux, des différences
très nettes se dessinent selon les pays. En France,
les médecins généralistes ont plutôt
tendance à pratiquer les examens qui peuvent être
réalisés dans leur cabinet : pouls périphérique
(75%), mesure de la tension artérielle (94%) ;
ils sont par ailleurs plus nombreux que leurs homologues des
autres pays à demander des tests de glycémie
à jeun (91%).
Au Royaume-Uni,
les médecins recherchent moins que la moyenne la glycémie
à jeun (51%) ou post-prandiale (9%), la mesure du pouls
périphérique (14%) et ils pratiquent moins d'électrocardiogrammes
(19%). En revanche, ils sont plus nombreux que leurs collègues
à calculer le BMI (75%).
Les médecins
généralistes au Canada pratiquent plus fréquemment
des bilans lipidiques que dans les autres pays (triglycérides
(91%), cholestérol HDL (93%) et LDL (93%), et des bilans
artériels. A Singapour, les généralistes
font effectuer moins d'examens que dans les autres pays, y
compris certains aussi classiques que la mesure de la tension
artérielle, (78%) celle du cholestérol total
(78%) et des triglycérides (68%). En Pologne, les médecins
généralistes préfèrent rechercher
le diabète chez leurs patients : glycémie
à jeun (86%) et post-prandiale (51%). Ils font pratiquer
également deux fois plus d'électrocardiogrammes
que la moyenne (87%).
Le syndrome
métabolique mal connu des médecins généralistes
Plus de 84% des
médecins généralistes interrogés
déclarent avoir entendu parler du syndrome métabolique.
Ce pourcentage n'est que de 65% en France alors qu'il atteint
98% en Pologne.
Cependant, seuls
4% d'entre eux sont capables de citer les cinq critères
de la définition complète du syndrome métabolique.
Les médecins généralistes canadiens sont
les mieux informés, puisque 11% d'entre eux en sont
capables, ce qui est le cas de 1% seulement des médecins
français. Il est à noter cependant que 36% des
médecins sur l'ensemble des pays étudiés
peuvent citer trois des cinq critères (28% en France).
54% des médecins
généralistes pensent qu'une tension artérielle
élevée définit le syndrome métabolique :
ils sont 25% à partager cette opinion en France, 86%
à Singapour et 67% en Pologne. 51% de l'ensemble du
panel citent l'hyperglycémie, 48% en France, 71% à
Singapour et 68% au Canada.
Un tiers des
médecins interrogés mentionne les triglycérides
comme faisant partie des critères de définition
du syndrome métabolique : 37% en France, 71% à
Singapour et 45% au Canada. 34% indiquent un tour de taille
élevé, 30% en France et 61% au Canada. Un faible
taux de cholestérol HDL est mentionné par 25%
des médecins, 18% en France, 8% au Royaume-Uni et 43%
au Canada.
Le syndrome métabolique
perçu comme un facteur de risque cardio-vasculaire
par moins de deux généralistes sur trois
Pour 62% des
médecins, le syndrome métabolique traduit un
facteur élevé de risque cardio-vasculaire pour
leurs patients (20% de risque dans les 10 années à
venir). Ils sont 53% à partager cette opinion en France,
71% en Pologne et 72% au Canada.
Pour les trois-quarts
des médecins, le syndrome métabolique est un
bon indicateur du risque cardio-vasculaire. Ce chiffre n'est
que de 50% en France, tandis qu'il s'élève à
93% en Pologne et à 85% au Canada.
Seuls 45% des
médecins pensent que le syndrome métabolique
est facile à diagnostiquer (52% en France) et seuls
31% le considèrent comme une maladie en tant que telle
(32% en France). 5% seulement des médecins pensent
que le syndrome métabolique est facile à prendre
en charge (7% en France).
L'exercice physique
et un régime alimentaire adapté font partie
des traitements les plus prescrits tous pays confondus exceptés
en Pologne où la prise en compte de chacun des critères
du syndrome métabolique arrive en première position.
Des traitements contre le cholestérol
et les triglycérides sont indiqués par plus de 75% des médecins
à Singapour, au Royaume-Uni et au Canada, mais par 46 % seulement des médecins
en Pologne. La France arrive en dernière position sur ce sujet avec seulement
23%.
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