Observatoire du risque cardiovasculaire
auprès des femmes



Le 30 mars 2006 - Notre étude réalisée pour les laboratoires Pfizer et la Fédération française de cardiologie dresse le panorama du niveau de connaissance des femmes à l'égard du risque de maladies cardiovasculaires.

La notion de maladies cardiovasculaires renvoie une majorité des Françaises à la notion d'accident ; la crise cardiaque emblématique de ces maladies est l'arbre qui cache la forêt. Aucune des autres notions (facteurs de risque ou conséquences de ces maladies) ne parvient à regrouper plus de 20% des opinions, ce qui démontre la présence de facteurs interpersonnels (vécu, histoire, profil médical). On peut affirmer qu'au-delà de l'accident, la notion de maladies cardiovasculaires ne présente pas de contenu clairement identifié et consensuel. L'accident vasculaire cérébral recueille seulement 11% des réponses alors qu'il constitue une conséquence grave de maladies cardiovasculaires.

La notion de risque cardiovasculaire global ne suscite pas d'évocations plus variées. Un tiers des femmes interrogées avoue ne pas pouvoir répondre à cette question, un autre tiers réduit ce risque global à l'accident cardiovasculaire en lui-même. Réaffirmant la suprématie de "la crise cardiaque" sur tous le discours.

Le facteur de risque de maladie cardiovasculaire, une notion acquise

On peut considérer que la notion de facteur de risque de maladie cardiovasculaire est acquise. Les réponses sont claires et proches de la vérité, mais les Françaises citent le tabagisme, l'alimentation, l'alcool et la sédentarité qui sont exclusivement des items comportementaux. Les critères médicaux sont cités dans des proportions beaucoup plus faibles : cholestérol et surpoids, 17% ; HTA, 8%.

La prévention des maladies cardiovasculaires renvoie également à des notions comportementales. Les femmes interrogées citent en effet l'alimentation, le sport, l'arrêt du tabac et de l'alcool, plus généralement l'hygiène de vie. Le suivi médical n'arrive qu'en 6ème position et ne recueille que 16% des opinions.

La perception de son propre niveau d'exposition à un risque global de maladie cardiovasculaire est très floue. 61% des Françaises se positionnent sur des valeurs moyennes, les scores les plus élevés et les plus faibles sont très peu mentionnés ; signe que l'incertitude règne. On peut ici poser l'hypothèse que finalement les Françaises ne se sont jamais vraiment posé sérieusement la question. Autrement dit, même les femmes qui présentent objectivement un niveau de risque global faible n'osent pas l'affirmer et celles qui sont concernées ne se reconnaissent pas sur les valeurs élevées de cette échelle.

Double phénomène de surestimation et de sous-estimation

L'analyse des facteurs de risque confirme cette hypothèse. En effet, 21% des Françaises présentent au moins 3 facteurs. Elles ne sont pourtant que 9% à se positionner sur des notes supérieures à 7. De la même manière, une Française sur deux présente un seul facteur de risque. Pourtant, les notes inférieures à 3 ne recueillent que 25% des réponses. On assiste donc à un double phénomène de surestimation et de sous-estimation de son niveau de risque global. Ces résultats mettent en évidence une absence totale de repère. Il apparaît clairement que tout reste à faire en terme de sensibilisation et de communication sur ce thème auprès des femmes.

Le suivi médical des femmes met en évidence un chiffre alarmant. En effet, parmi celles qui présentent au moins 3 facteurs de risque, 40% affirment qu'elles n'ont jamais parlé de risque cardiovasculaire avec leur médecin. Pourtant, on observe une augmentation de la fréquence des consultations en fonction du niveau de risque. Ceci encourage à penser que si les femmes parlent de risque cardiovasculaire avec leur médecin, cette discussion est motivée par l'âge et non par le niveau de risque global. Il reste à sensibiliser les femmes au fait que l'accumulation de leurs facteurs de risque constitue un risque global de maladie cardiovasculaire très élevé.

Un phénomène générationnel

Autre enseignement : cela signifie que les femmes les plus jeunes présentant 3 facteurs de risque ont beaucoup plus de chance de ne pas parler de leur risque cardiovasculaire avec un médecin. Signe qu'en terme de prévention, un long chemin reste à parcourir.

On observe en outre l'apparition d'un phénomène générationnel. En effet, les données analysées en fonction de l'âge mettent en évidence des différences très intéressantes. D'une part, les femmes les plus jeunes sont moins exposées et moins alertées sur les maladies cardiovasculaires. On observe ensuite un pic entre 35 et 59 ans. Puis le phénomène s'estompe, comme si les femmes les plus âgées étaient beaucoup moins concernées. On assiste à une véritable désimplication qui peut être particulièrement dangereuse dans la mesure où avec l'âge le nombre de facteurs de risque augmente régulièrement et leur association expose la femme concernée à un risque cardiovasculaire global très important.

La progression de la prise de conscience se révèle lente et stagne entre 55 et 60 ans, atteignant un score de 4,8 en moyenne, ce qui est faible, compte tenu du niveau de risque effectif.


Fiche technique

Étude réalisée par téléphone en juin 2005 auprès d'un échantillon national représentatif de 1045 femmes âgées de 18 ans et plus. Critères de sélection : sexe, âge, profession, région, catégorie d'agglomération.




Plus d'informations :
Yves MORVAN
TNS Healthcare
138 avenue Marx Dormoy
92129 Montrouge Cedex
Tél : 33 (0)1 40 92 24 31
yves.morvan@tns-global.com


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