|
3G
:
le marché
est-il mûr ?
Le 3 décembre
2004 - D'après
notre étude réalisée à l'occasion
du Forum des Echos qui s'est tenu les 15 et
16 juin 2004, l'intérêt global des Français
pour la 3G n'a pas progressé entre 2002 et 2004. Néanmoins,
notre étude montre par ailleurs que les Français
manifestent une prédisposition favorable à l'égard
des services spécifiques de la 3G.
L'intérêt
global pour la 3G ne progresse pas
Premier constat
: l'intérêt global pour la 3G n'a pas progressé
entre 2002 et 2004. En additionnant les scores des personnes
" assez " et " très intéressées ",
on obtient un total de 39% équipés mobile intéressés
en 2004, pour 40% en 2002.
Un marché
pas aussi avancé qu'espéré
En termes de
niveau d'information, notre étude montre que le marché
est peu avancé.
Le niveau de
connaissance du terme 3G, et surtout de son contenu, est pauvre.
Pour le grand public, les termes 3G ou UMTS apparaissent comme
relativement vides de sens. Il y a des confusions avec des
technologies actuelles comme le WAP ou le GPRS. La 3G est
davantage associée au téléphone et aux
caractéristiques avancées du terminal lui-même
qu'aux services de l'opérateur.
La vision des
technophiles est plus précise. Ils parlent d'une évolution
vers les données, l'image et le multimédia,
d'une technologie différente avec des implications
sur l'unité de paiement.
4 grands types
de barrière ont été identifiés
pour expliquer la faible progression de cet intérêt
: le prix ; la technologie, l'idéologie ;
les comportements.
La barrière
" prix "
Les réticences
à l'égard du prix portent sur : -
le prix du terminal, qu'il faudra changer et qui est perçu
comme cher ; -
le prix des services, qui conduira à un accroissement
des dépenses dans un contexte de grande sensibilité
au prix et de maîtrise des dépenses.
L'élasticité
au prix est modérée dans la mesure où
la qualité du réseau UMTS est perçue
comme non stabilisée ; que les usages ne sont
pas encore légitimes et ne répondent pas nécessairement
à un besoin ressenti par le consommateur.
Sur le prix,
on peut d'ailleurs noter qu'il y aura un vrai travail d'éducation
à faire. L'unité de prix en kilo octets pose
des questions : - Pourquoi ? - Cela génère
également un sentiment de complexité, car on
ne sait pas combien chaque service va coûter. - Enfin, il existe une
crainte d'inflation des prix par rapport à cette nouvelle
unité
La barrière
" technologie "
Avec la 3G, les
peurs associées à l'ordinateur arrivent dans
le monde du mobile : fragilité liée aux virus
et aux spams, l'idée qu'il y aura des problèmes
techniques.
Auprès
des technophiles, des questions se posent à propos
de la qualité de l'image et la continuité de
la qualité sur le réseau, ainsi que sur l'ergonomie
et le design des terminaux.
La barrière
" idéologie "
4 idées
fortes à retenir : - Le renforcement de l'individualisme - L'intrusion du téléphone
dans la vie privée au travers de l'image. - L'image va devenir la
norme et lorsque l'on ne voudra pas se montrer, cela sera
suspicieux. - Dernière remarque,
peut-être plus spécifiquement liée à
l'un des services testés, la vidéo-surveillance :
l'idée d'un contrôle permanent des comportements,
rendue possible par cette nouvelle technologie, qui fait ressurgir
l'angoisse du " Big Brother ".
Enfin, la barrière
" comportements "
La 3G introduit
des changements dans la façon d'utiliser le téléphone,
qui n'apparaît pas forcément comme un progrès
pour le moment. C'est, par exemple, la restriction de la mobilité,
liée au fait de tenir le téléphone devant
soi. Les participants aux réunions de groupes avaient
de réelles difficultés à s'imaginer utilisant
un visiophone dans la rue ou dans un lieu public. Cela renvoie
aussi à la volonté de ne pas forcément
aimer être vu.
Une prédisposition
favorable des Français à l'égard de la
3G
Malgré
tout, ce qui est encourageant, c'est que, lorsqu'on observe
l'évaluation de services spécifiques, les notes
d'intérêt montent beaucoup plus haut sur notre
échelle de 1 à 6, manifestant un réel
intérêt du marché français pour
ces services.
Le visiophone
ou les services de localisation, par exemple, recueillent
des notes très supérieures à la moyenne
de l'intérêt global pour la 3G qui était
de 2.9.
Sur les services
en bas du hit parade, qui sont des services pour lesquels
l'intérêt a progressé entre 2002 et 2004,
les scores peuvent paraître bas. Ils sont en fait très
segmentés selon l'âge. Les clips vidéo
et les jeux évolués sont particulièrement
attractifs auprès des 15-24 ans.
Deuxième
élément encourageant : les attentes exprimées
par les personnes interrogées à l'égard
de la 3G recoupent totalement ce que va effectivement apporter
la 3G. C'est l'image, la personnalisation, la qualité,
la rapidité/vitesse et le nomadisme.
Ces attentes
manifestent donc une prédisposition favorable des Français
à l'égard de la 3G avec un positionnement qui
reste ouvert.
2 leviers de
développement
2 leviers essentiels
apparaissent, qui correspondent à 2 positionnements
potentiels pour la 3G : - L'émotion, le
partage. Quelle que soit la cible, on observe une préférence
pour la visiophonie et l'accès à la vidéo
(informations TV, sports.). L'image a une force, une charge
émotive qui rend la communication plus intense, qui
manifeste à la fois notre connexion au monde et la
possibilité de se divertir même pendant que l'on
se déplace. - Second levier, le fonctionnel,
une plus grande autonomie qui permet de gagner du temps et
d'abolir les distances. C'est la rapidité, la capacité
de stockage, l'Internet de poche, le téléphone
intelligent qui ne donne que les infos dont l'utilisateur
a besoin.
Bien entendu,
il y aura un mix à trouver entre émotion et
autonomie pour chaque cible.
- Pour les adolescents,
les jeunes technophiles, la carte de l'émotion au travers
de la musique, des clips ; - Pour les Technophiles
mûrs, à la fois l'émotion et l'autonomie
; - Pour les adultes mainstream,
l'émotion. C'est l'idée de se sentir en communion
avec ses proches même quand on est éloignés,
et aussi de partager des moments forts. - Enfin pour les professionnels,
l'autonomie avant tout.
Dans ce contexte,
les conditions de commercialisation vont être déterminantes
pour faire bouger le marché français : Le prix tout d'abord, les
incitations au travers d'offres promotionnelles, des formules
créatives pour le fonctionnement du téléphone
(les participants nous ont parlé de formule type leasing
par exemple), des offres " découvertes "
et personnalisées ; par exemple, un abonnement avec
un système de points à répartir librement
entre les services. Le Service Clients aura
un rôle essentiel aussi, à la base pour la formation
technique puis pour aider, guider et éduquer les consommateurs.
Rôle
important des opérateurs dans l'accompagnement du client
Nous avons demandé
à quels acteurs, les équipés mobiles
français feraient le plus confiance pour les aider
à comprendre et à utiliser les nouveaux services
de 3ème génération, voici leurs réponses.
En 1er lieu,
les opérateurs, à la fois leur Service Clients
et leurs points de vente, puis les fabricants, les grandes
surfaces généralistes ou spécialisées
(Auchan, Carrefour, Darty, Fnac.) et les chaînes spécialisées
(The Phone House, Village Telecom.). A noter que ces derniers
ont un capital confiance plus élevé parmi les
moins de 35 ans.
Avec la 3G, nous
sommes indiscutablement face à un marché d'offre,
qui doit créer de nouveaux usages, en affinité
avec les aspirations et les sensibilités des équipés.
Le scénario
que nous imaginons est un scénario de développement
progressif, qui nécessitera de la persévérance,
une solidité financière et un large travail
pédagogique auprès des clients, ou prospects.

Fiche
technique :
Cette étude a été
réalisée auprès de 674 équipés mobile français
âgés de 15 ans et plus entre le 24-28 mai 2004, en deux phases :
une phase quantitative, suivie d'une phase qualitative auprès de 2 groupes
de discussion, l'un composé de " technophiles ", l'autre
de " nomades actifs ", tous dépensant chaque mois plus
que la moyenne des Français en téléphonie mobile.
|