Le 20 juin 2006 - Notre étude réalisée pour le GIE Objectifs Transport Public et publiée à l'occasion du Salon européen de la mobilité permet de dresser un panorama de l'opinion européenne (Allemagne, Italie, France, République tchèque, Suède) à l'égard des conséquences perçues de la hausse du prix des carburants en 2005-2006 sur la mobilité des citadins et l'utilisation de leur automobile.
Equipement des ménages urbains en voitures
En dehors de la République Tchèque dont le taux d'équipement en voitures est le plus faible des 5 pays étudiés (65%), les autres pays comptent une proportion élevée de ménages urbains équipés de 2 voitures (lpus de 80%).
Le taux de multi-motorisation est plus élevé en Italie et en France qu'en Allemagne et en Suède. Ce taux atteint son maximum chez les 40-50 ans.
Utilisation de la voiture pour se déplacer en agglomération
Une personne sur deux utilise une voiture tous les jours ou presque comme conducteur ou comme passager. Les Allemands utilisent la voiture moins fréquemment.
Quel que soit le pays, ce sont les personnes âgées de 31 à 50 ans et les ménages multimotorisés qui sont les utilisateurs les plus fréquents de la voiture.
Utilisation des transports publics
Environ 60% des Allemand et des Suédois habitant les villes utilisent même occasionnellement les transports publics urbains, pour environ 50% pour les Français et les Italiens.
L'usage des transports publics est plus élevé en République Tchèque en raison du plus faible taux de motorisation des ménages.
Les utilisateurs des transports publics sont dans les 5 pays étudiés plus nombreux parmi les moins de 30 ans et les personnes habitant des agglomérations de plus de 100 000 habitants.
Typologie de la mobilité en ville
En dehors de la République Tchèque plus faiblement motorisée,
- 1 personne sur 2 utilise quasi exclusivement la voiture pour se déplacer en ville ;
- 1 personne sur 4 utilise la voiture et les transports publics de manière mixte ;
- Entre 5 et 10% sont des usagers quasi exclusifs des transports publics : ils ont majoritairement entre 18 et 30 ans en France, en Allemagne et en Suède et ont plus de 50 ans en République Tchèque et en Italie et ne possèdent pas de voiture.
Utilisation de la voiture avant la hausse du prix des carburants
Les Allemands en premier lieu, mais aussi les Français et les Italiens sont un peu moins nombreux à déclarer utiliser quotidiennement la voiture tous les jours ou presque comparativement à il y a 2 ou 3 ans. Les Suédois et les Tchèques (moins motorisés) ont moins modifié leurs habitudes.
En revanche, l'usage semi-régulier de la voiture (au moins 2 jours par semaine) a dans l'ensemble peu évolué.
Les changements de comportement après la hausse des carburants
Au global, les Allemands déclarent moins utiliser la voiture, notamment par le covoiturage. A l'inverse, les Suédois ont moins modifié leurs habitudes.
En dehors de la République Tchèque où les 50 ans et plus ont davantage réduit l'usage de la voiture, ce sont surtout parmi les jeunes que se manifeste ce changement d'attitude, ainsi que parmi ceux qui prennent indifféremment la voiture ou les transports urbains dans les autres pays.
L'usage accrû des transports publics urbains et du train semble plus élevé en Italie.
Par ailleurs, on assiste à une hausse de l'usage du vélo en Allemagne. Elle semble plus modeste en France. En Italie, on assiste à une croissance de l'usage des 2 roues motorisés.
Et si le super était à 2 euros ?
Dans l'hypothèse où le litre du super atteindrait 2 euros, réduire l'usage de la voiture en ville semble une résolution générale dans l'ensemble des pays étudiés - un peu en retrait néanmoins en Suède.
Les Allemands sont enclins à poursuivre la pratique du covoiturage.
Un Européen sur 2 se dit prêt à utiliser davantage les transports publics.
Français, Allemands et Italiens envisagent un recours plus fréquent au train sur les trajets longue distance (environ 60%) que les autres.
Le rapprochement de son lieu de travail est envisagé par environ 15% des actifs en France, en Allemagne et en Italie. L'abandon de la voiture est envisagé par un tiers des Européens - les Suédois n'envisageant que dans de très faibles proportions l'une ou l'autre de ces deux alternatives.