La perception d'Arlette Laguiller par les Français
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Candidate à l'élection présidentielle pour la sixième fois, Arlette Laguiller est également, avec Jean-Marie Le Pen, la plus âgée des prétendant(e)s de 2007 : 67 ans. Cela ne nuit pas à sa popularité, bien au contraire : Arlette Laguiller a fait de sa constance un trait saillant de sa personne, un label, une sorte de marque distinctive du reste du personnel politique : depuis plus de trente ans, la candidate de Lutte ouvrière à l'élection présidentielle ne varie pas, ni dans ses idées ni dans les mots qu'elle emploie. Comme Olivier Besancenot, elle est donc perçue comme fondamentalement désintéressée, dévouée même. Sa radicalité apparaît cependant plus affirmée encore, pouvant donner le sentiment d'une personne dure, parfois sectaire.
Elle est l'anticapitaliste de toujours, le poil à gratter permanent, voire violent, du système qui crie haut et fort son indignation et dénonce les injustices de la société. Une position qui la mènera jusqu'à refuser de voter pour Jacques Chirac au second tour de l'élection présidentielle de 2002 pour faire barrage à Jean-Marie Le Pen. Son ancrage est également un peu plus centré sur les milieux populaires et un peu moins sur les professions intermédiaires : ouvriers et employés, frange d'artisans et d'indépendants victimes de la mondialisation et de l'évolution accélérée des métiers, et sensibles au discours des petits contre les gros. Arlette Laguiller bénéficie également d'un léger surcroît de popularité chez les femmes, à la fois parce qu'elle en est une, mais aussi parce que les plus âgées n'ont pas oublié ses prises de position féministes, dans la tradition d'une extrême gauche soucieuse de l'égalité homme/femme et de la solidarité de « travailleurs » qui doit les unir.
Distancée par Olivier Besancenot, qui semblait depuis 2002 avoir la dynamique pour prendre l'ascendant, Arlette Laguiller résiste en réalité parfaitement bien : son électorat est faible mais stable et relativement solide. Sa popularité est très légèrement inférieure à celle d'Olivier Besancenot, autour de 21% / 22% de cote d'avenir dans le baromètre TNS Sofres-Figaro Magazine, mais, contrairement à ce dernier, n'est pas élastique : les variations sont très faibles dans le temps, témoignant là encore d'un ancrage quasi iconique d'Arlette Laguiller dans la société française.
La cote d'avenir est l'indicateur mis au point par TNS Sofres pour Le Figaro Magazine. Elle permet de suivre la perception de personnalités politiques depuis plus de 25 ans. Chaque mois, 40 personnalités politiques sont ainsi soumises au jugement des Français à partir de la question suivante : « Pour chacune des personnalités suivantes, dites-moi si vous souhaitez qu'elle joue un rôle important au cours des semaines et mois à venir. » C'est donc plus qu'un simple indicateur de popularité, comme par exemple une bonne ou une mauvaise opinion, puisqu'il mesure une demande à l'égard des personnalités testées, une attente et pas seulement un jugement sur la personne. L'enquête est à chaque fois réalisée auprès d'un échantillon de 1000 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.
Brice Teinturier
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Présidentielle 2007 : qui choisir ? Tout savoir avant de voter sous la direction de Yaël Azoulay, Pascal Perrineau et Brice Teinturier Éditions Philippe Rey
Portraits des candidats :
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