Malgré la crise, les épargnants font preuve de recul et, s’ils sont très sensibles au risque, une part significative d’entre eux est ouverte à des placements liés à la Bourse, à condition que le risque soit limité ou « maîtrisé ».
Intéressés et motivés par la gestion de leurs placements, les épargnants expriment des attentes de pédagogie et de formation. Le rôle revient en priorité aux établissements financiers. L’information pratique et concrète sur les placements (caractéristiques, risques, frais, gains…) ainsi que l’accompagnement dans le choix (conseil, adaptation à sa situation personnelle, à la situation de marché) sont des attentes fortes, qui dressent pour les établissements financiers une « feuille de route » dans laquelle les conseillers financiers ont un rôle central à jouer.
Dans le contexte actuel, forte sensibilité au risque et vigilance dans le choix des placements
Dans leur choix de placements, les épargnants sont particulièrement sensibles au risque : 2/3 préfèrent placer toute leur épargne sur des placements sûrs. Cette aversion au risque s’accentue auprès des « plus petits » épargnants (de 2/3 à 3/4 pour ceux qui ont moins de 35 K€ de placements financiers). Notons qu’1/3 des épargnants interrogés serait disposé à prendre des risques sur une (petite) partie de leur portefeuille.
Pour choisir un placement financier aujourd’hui, les épargnants se déclarent vigilants sur la plupart des critères. La sécurité arrive en tête (prioritaire pour 65%). Elle est suivie d’assez près par la liquidité (prioritaire pour 46%), le besoin de simplicité / facilité à comprendre le produit (44%) et les frais (41%). La capacité de compréhension du produit apparaît aujourd’hui comme un critère important. Celle-ci fait écho à la demande de transparence générale vis-à-vis des marchés financiers.
Actuellement, la perception du risque reste particulièrement forte pour les produits liés à la Bourse, mais pas seulement…
- Les produits « actions » (actions en direct, SICAV/FCP actions ou PEA) sont jugés risqués de manière quasi-unanime (respectivement par 91%, 84% et 76%). A noter, la sémantique « actions » mais aussi « SICAV » semble véhiculer aujourd’hui une forte connotation de risque. Les SICAV monétaires sont jugées risquées par 65% des épargnants interrogés !
- A des niveaux de risque « intermédiaires », on trouve les contrats d’assurance vie multisupport, les obligations (moins d’1/2 dans les deux cas les considèrent risqués), ainsi que les fonds commun de placement à capital garanti (32% les considèrent risqués, 62% peu ou pas du tout risqués).
- Les comptes ou livrets d’épargne et les contrats d’assurance vie en euros apparaissent logiquement comme les produits les moins risqués (risqués pour 3% et 18%).
Logiquement, au « hit parade » des intentions de placement, les produits les plus sûrs arrivent nettement en tête (85% investiraient en priorité s’ils avaient de l’argent à placer dans des comptes ou livrets d’épargne, 56 % dans l’assurance vie en euros). On notera l’ouverture à l’égard de placements liés à la Bourse, à condition que le risque soit limité ou « maîtrisé » : fonds communs de placement à capital garanti (32%) et contrats d’assurance vie multisupport (28%) devancent nettement les produits actions et obligations.
Cette ouverture est certainement à mettre en regard avec le sentiment d’opportunités boursières : 3 épargnants sur 10 considèrent que c’est un « bon moment » pour investir sur des placements financiers liés à la Bourse.
A titre d’exemple, les fonds à capital garanti, combinant certainement l’attrait de la sécurité et la possibilité de bénéficier des opportunités de marché, semblent un produit intéressant (pour 63% des épargnants interrogés).
Des épargnants concernés et lucides
La gestion des placements est un sujet qui intéresse aujourd’hui fortement les épargnants (9 sur 10 sont intéressés, dont 4 sur 10 très intéressés).
Cet intérêt se traduit par un suivi du portefeuille de placements, sans excès toutefois :
- environ 1/3 le suit de façon régulière et attentive (notamment les gros portefeuilles et les détenteurs d’actions), 1/3 de manière moins régulière.
- a contrario, 35% avouent ne s’y intéresser que « très rarement, par exemple au moment de la réception des relevés » (surtout les plus âgés et les « petits épargnants »).
Des épargnants exigeants, en quête de repères
A l’heure du choix des placements, les épargnants reconnaissent ne pas toujours être vraiment à l’aise (56% se déclarent à l’aise, seuls 8% très à l’aise).
En dehors des comptes ou livrets d’épargne, la connaissance des placements reste globalement limitée.
- les contrats d’assurance vie sont les plus « accessibles » : 2/3 ont le sentiment de bien connaître ce placement, mais surtout les détenteurs (seuls 40% des non détenteurs le connaissent bien).
- PEA et sont des placements ou supports nettement moins « grand public » : à peine 1/3 (31%) a le sentiment de bien connaître les SICAV/FCP.
Aujourd’hui, les épargnants souhaitent être mieux formés pour mieux choisir et gérer leurs placements financiers (63%). Ce souhait est plus prononcé auprès des plus jeunes et des plus modestes (25-34 ans : 72%).
Les établissements financiers sont les plus légitimes pour jouer ce rôle de pédagogie et de formation :
- pour 2 épargnants sur 3, c’est aux banques ou assureurs de jouer ce rôle
- la presse joue également un rôle important, devant Internet (sites spécialisés) qui apparaît comme un outil plus ciblé.
Aujourd’hui, le conseiller financier est et reste un interlocuteur clé. S’il remplit dans l’ensemble son rôle d’information et d’accompagnement, celui-ci pourrait être renforcé :
- le conseiller tient en effet bien compte du profil d’épargnant (75% satisfaits) mais la prise en compte du contexte est en revanche plus sévèrement évaluée (57%).
- au niveau de la pédagogie et de l’information sur les placements, il existe encore une bonne marge de progression, notamment sur les frais (64% satisfaits), les perspectives de gains (63%) et surtout sur les risques (59%).
Au total, les épargnants dressent une « feuille de route » claire et ambitieuse pour les établissements et les conseillers : pédagogie, accompagnement, information (il est indispensable pour ½ que le conseiller aide davantage à comprendre les caractéristiques et la composition des placements et pour 4/10 qu’il donne des informations précises et complètes sur ces derniers), notamment sur les frais et les risques potentiels (indispensable pour les 2/3 qu’il donne davantage d’explications sur ces deux points).