Constat encourageant : les Français de plus en plus conscients des dangers de la route, malgré la persistance de mauvais comportements
Pour la 5ème édition de son baromètre, AXA Prévention dresse un bilan des comportements des usagers de la route. Les mentalités évoluent réellement : les Français comprennent l’intérêt de la limitation de vitesse ou la dangerosité de l’alcool et se sentent plutôt en sécurité sur les routes. Cependant les comportements déviants persistent, surtout en agglomération. Quant au vélo, nouveau venu dans les villes, il contribue à modifier un équilibre déjà précaire entre les différents usagers de la route.
Une évolution positive des mentalités : en seulement 5 ans, les Français ont largement pris conscience des dangers de la route
En 5 ans, l’état d’esprit a changé, guidé par une réelle prise de conscience des dangers sur la route. Le nombre accru des radars, le renforcement des contrôles routiers, mais aussi l’effet des campagnes de prévention concourent à créer une forte sensibilisation.
Alcool au volant, vitesse sur autoroute : les comportements évoluent positivement
Alcool au volant : les Français sont beaucoup plus sobres. En 2004, 14% des Français déclaraient avoir déjà pris le volant après avoir bu plus de 4 ou 5 verres. Le chiffre est en chute libre en 2009, puisque seuls 4% des conducteurs font cet aveu.
Vitesse sur autoroute : les conducteurs ont mis le pied sur le frein
Le nombre de tués sur autoroute a diminué ces dernières années. En 2004, 29% n’hésitaient pas à rouler à 160-170 km/h sur autoroute, aujourd’hui ils ne sont que 20% à adopter une vitesse aussi excessive.
Un intérêt encore plus fort pour la prévention des accidents de la route
Depuis 2002 la lutte contre l’insécurité routière est devenue une priorité nationale. Désormais, 53% des Français se déclarent sensibles aux mesures gouvernementales de lutte contre l’insécurité. Cette proportion est largement en hausse depuis 2006 puisque seuls 45% partageaient alors cette opinion.
Les Français se sentent davantage en sécurité sur les routes
65% des personnes interrogées estiment que les Français sont de bons conducteurs. Ce chiffre est constant au fil des ans. En revanche, le sentiment de sécurité sur les routes a beaucoup évolué. Le chiffre croît chaque année : en 2009, 67% se sentent en sécurité sur les routes. Par comparaison, ils n’étaient que 57% en 2006.
La peur des radars et le renforcement des contrôles sur les routes ont modifié le comportement de plus d’1 Français sur 2
La multiplication des radars influence largement le comportement des conducteurs. En 2009, ils sont 56% à avoir modifié leur comportement à cause des radars, alors qu’ils n’étaient que 47% en 2005. Idem pour les contrôles routiers. La peur du gendarme est plus que jamais d’actualité puisque 51% des Français ont modifié leur comportement pour cette raison. En 2006, ils étaient seulement 42%.
Conséquence directe des 2 points précédemment évoqués : 1 Français sur 2 craint de perdre des points sur son permis, c’est un peu plus qu’en 2006 où ils étaient 47%.
Malgré tout, les comportements à risques persistent
Les mentalités évoluent mais certains mauvais comportements demeurent, notamment en ville où les risques de sanctions sont moins élevés que sur route ou autoroute.
La conduite en ville ne connaît guère d’amélioration
Les infractions en zone urbaine sont légion. Pour preuve, les chiffres des infractions les plus répandues sont tous en hausse par rapport à 2004.
2 Français sur 3 ne s’arrêtent pas au feu orange. Il est dangereux de ne pas s’arrêter au feu orange affirmaient 63% des automobilistes en 2004. Cette notion de danger est beaucoup plus relative en 2009, puisque seuls 56% partagent cette opinion. Dans les faits, les conducteurs n’hésitent pas à prendre de grandes libertés avec le code de la route. Ils sont désormais 75% à passer allégrement au feu orange, contre 71% en 2004.
Plus d’1 Français sur 2 double ou tourne sans mettre de clignotant. En 2004, 49% des conducteurs « oubliaient » d’utiliser leur clignotant. Aujourd’hui, cette infraction est en expansion et concerne 53% des sondés.
Près d’1 conducteur sur 2 roule à 65 km/h en ville. Certes, ils sont un petit peu moins qu’en 2004 à faire fi de la limitation à 50 km/h pour préférer rouler à 65 km/h : 51% en 2004 contre 48% en 2009, mais le chiffre demeure très important.
Sur route, des infractions perçues comme dangereuses font partie du quotidien des conducteurs
1 conducteur sur 4 avoue téléphoner en conduisant. L’utilisation du téléphone portable au volant se banalise. 26% des conducteurs tiennent conversation tout en conduisant. Ils étaient 18% en 2004. Dans le même temps, chaque année, le nombre de Français qui connaissent la sanction liée à cette infraction augmente : 42% d’entre eux savent que 2 points peuvent leur être retirés.
Près d’1 conducteur sur 4 n’hésite pas à franchir une ligne blanche pour doubler. 20% des conducteurs commettaient cette infraction en 2004. En 2009, ils sont 24%.
Les pauses au volant se raréfient. 32% des personnes interrogées disent conduire pendant 4 ou 5 heures d’affilée sans s’arrêter. C’est beaucoup plus qu’en 2004 où 23% reconnaissaient cette imprudence.
Le boom de l’utilisation du vélo : des usagers jugés en danger par une grande majorité des conducteurs
Tendance écolo ou pur souci d’économie, les vélos envahissent progressivement les agglomérations. Usager de la route au statut particulier, le cycliste doit trouver « sa » place entre piétons, motos et automobilistes.
L’engouement pour la pratique du vélo en ville : entre sympathie et hostilité
Transport d’avenir, le vélo est jugé de manière sympathique. Il évite les embouteillages mais pas les conflits. Pour 95% des personnes interrogées il permet de limiter la pollution urbaine, 76% estiment que l’usage du vélo en ville permet de limiter les embouteillages et 73% reconnaissent en la petite reine un mode de transport d’avenir. Le tableau n’est certes pas idyllique puisque, pour 66% des Français, c’est une source de tension accrue entre les usagers. L’usage du vélo en ville augmenterait l’insécurité routière, selon 58% des personnes interrogées.
Les automobilistes estiment à 86% que les cyclistes sont en danger dans la circulation
75% des sondés estiment que cyclistes et automobilistes se comprennent mal, et la pratique du vélo en ville est jugée dangereuse par 86% des Français. 77% les accusent de ne pas bien respecter les règles de circulation : ils se faufilent dangereusement au milieu des voitures, ne respectent pas les feux rouges ni les sens interdits, empruntent les trottoirs et tournent sans l’avoir signalé au préalable. Autres griefs qui leur sont souvent reprochés : ils ne portent pas de vêtements de protection (gilet ou casque) et n’ont pas de lumière obligatoire.
Des différences générationnelles
L’appréciation du comportement des cyclistes est différente selon l’âge des personnes interrogées. La tolérance à leur égard est inversement proportionnelle à l’âge des répondants. Les 18-24 ans sont beaucoup moins regardants sur les infractions commises par les vélos en ville ; à contrario, les 50 ans et plus sont beaucoup plus agacés par les libertés que ces derniers peuvent s’octroyer. Le partage de la chaussée se complexifie. Parmi les plus de 65 ans, 91% pensent que les cyclistes sont en danger en ville.
La prévention des accidents est jugée toujours plus nécessaire
Désormais, les Français comprennent l’intérêt de la politique de contrôle-sanction des infractions. En 2009 la prévention des accidents de la route est importante pour 95% des personnes interrogées. En 2005, seuls 75% des sondés la jugeaient nécessaire.
Autre domaine jugé prioritaire : l’incitation au respect des limitations de vitesse, souhaitée par 26% des Français (ils n’étaient que 17% en 2008).
La sanction des infractions est perçue favorablement
La répression des infractions est perçue assez favorablement. Certes, 24% des Français souhaiteraient davantage de souplesse (ils rallient à leur cause 30% des hommes), mais ils sont tout de même 47% à vouloir que la répression s’applique à la même hauteur qu’actuellement. Parmi eux on compte 64% des 25-34 ans. Les partisans d’une rigueur accrue sont 28%. Ils rassemblent 39% des 65 ans et plus.
Une attente toute particulière pour la prévention à l’égard des jeunes et des enfants
La plus forte attente en matière de prévention concerne les jeunes au volant : 60% des Français réclament un effort en la matière. A titre de comparaison, ils étaient 51% lors du précédent baromètre. L’éducation des enfants à la sécurité routière est demandée par 49% des personnes interrogées ; elles étaient 44% l’an dernier.
Les Français ont durablement changé leur comportement depuis la hausse, puis la baisse du prix du carburant
L’évolution du prix des carburants semble avoir durablement modifié l’usage de la voiture et les habitudes de conduite pour 57% des automobilistes.
Les Français ont avant tout modifié leurs habitudes plutôt que d’utiliser d’autres moyens de transport et seulement 15% ont eu l’occasion de pratiquer le covoiturage. 86% des automobilistes ont moins roulé, 67% ont adopté une conduite plus souple et 65% ont réduit leur vitesse.
Depuis la baisse du prix des carburants lors du dernier trimestre 2008, 90% ont maintenu les habitudes adoptées en phase de hausse et 92% font toujours autant attention à leur consommation de carburant, dans le contexte actuel.