France : étude réalisée online par TNS Sofres Mediaprism pour CQFD-iTélé le 8 décembre 2011 auprès d’un échantillon de 1020 individus âgés de 18 ans et plus. Echantillon national représentatif de la population française construit selon la méthode des quotas (sexe, âge, profession de l’interviewé, région)
Allemagne : étude réalisée par Infratest dimap par téléphone les 28 et 29 novembre 2011 auprès d’un échantillon de 1005 individus de 18 ans et plus. Echantillon national représentatif de la population allemande construit selon la méthode aléatoire
Un pessimisme partagé mais des Français plus directement angoissés que les Allemands
Alors que se réunissent les chefs d’Etat européens pour un nouveau sommet à Bruxelles les 8 et 9 décembre, l’opinion française et allemande partage une vision très pessimiste de la crise de l’euro et de la dette. Cependant, les deux pays ont une perception assez différente des conséquences de cette crise.
Sur un plan macro-économique, les deux pays se rejoignent. La France, et plus encore l’Allemagne, témoignent d’une angoisse profonde : 84 % des Allemands et 73 % des Français considèrent que le pire est encore à venir pour la crise de la dette et de l’euro.
Inversement, sur un plan individuel, les Allemands semblent beaucoup plus épargnés que les Français : 44% des Allemands considèrent être personnellement touchés par la crise, pour 70% des Français. De même, plus des trois quarts de la population française se déclarent inquiets pour leur situation économique, alors qu’ils sont 53% en Allemagne.
La gouvernance de la crise : un bilan assez proche mais des Français plus sceptiques vis-à-vis de leur gouvernement
La gouvernance de la crise est jugée de façon assez similaire dans les deux pays mais les Français se montrent beaucoup moins confiants que leurs voisins d’Outre–Rhin pour l’avenir.
Allemands et Français sont très en phase dans leur jugement sur l’appropriation de la crise par les gouvernants : 58 % des Allemands et 60 % des Français considèrent que les gouvernants manquent de recul face à la crise.
Ils sont également relativement en phase dans leur jugement à l’égard des chefs d’État et de gouvernement sur leur gestion de la crise dans leur pays respectif. Angela Merkel est certes davantage créditée d’une attitude adéquate dans la crise de l’euro par l’opinion allemande que Nicolas Sarkozy ne l’est par l’opinion française (50 % des Allemands expriment un jugement positif sur Angela Merkel et 40 % des Français sur Nicolas Sarkozy). Mais cet écart de dix points doit être analysé à l’aune de la différence de popularité globale de la chancelière allemande, qui est supérieure à celle de Nicolas Sarkozy.
Les différences d’appréciation entre les deux pays sont en revanche très réelles sur le niveau de confiance dans leur gouvernement pour mettre fin à la crise. Si l’opinion allemande exprime majoritairement sa confiance (54%) à l’égard de son gouvernement, seulement 24% des Français se déclarent en ce sens.
Le contrôle budgétaire européen : un consensus élevé
Français et Allemands se retrouvent sur un point important, celui du contrôle des politiques budgétaires auquel tous les États devraient se soumettre en cas d’endettement supérieur à ce qui est prévu : 80 % des Allemands se prononcent en ce sens, pour 69 % des Français, avec un niveau d’opposition limitée dans les deux pays (18 % en Allemagne et 16 % en France).
France / Allemagne : la confiance réciproque ?
Alors qu’au plus haut sommet de l’État, le tandem franco-allemand joue un rôle de premier plan dans la gestion de la crise, il est important de constater le très haut niveau de confiance que les deux pays s’accordent mutuellement. Ainsi, 82 % des Allemands font confiance à la France comme partenaire et 14% seulement ne lui font pas confiance. En France, le niveau de confiance est certes un peu moins élevé (59% de la population française fait confiance à l’Allemagne) mais cet écart ne vient pas nourrir la défiance (« seuls » 17% des interviewés ne font pas confiance à l’Allemagne) mais renforce plutôt la proportion des sans opinion.