Enquête TNS Sofres / Logica pour Europe 1 les 22-23 avril 2010, par téléphone auprès d'un échantillon national de 950 personnes, représentatif de l'ensemble de la population française âgée de 18 ans et plus. Méthode des quotas (sexe, âge, profession du chef de ménage) et stratification par région et catégorie d’agglomération.
Les Français sont divisés sur la réponse à apporter au port de la burqa en France, mais majoritairement favorables (à 64%) à une interdiction par la loi (totale ou limitée)
Notre sondage montre que 33% des Français pensent qu’il faut interdire le port de la burqa par la loi partout en France, comme l’ont souhaité cette semaine Nicolas Sarkozy et François Fillon. 31% des Français préfèrent, eux, l’interdire par la loi uniquement dans certains lieux publics, 22% ne souhaitent pas d’interdiction mais juste une sensibilisation des populations concernées et enfin 10% pensent qu’il ne faut pas intervenir dans ce domaine. L’interdiction par la loi, qu’elle soit totale ou limitée, récolte au final davantage d’adhésion (64%) que les autres solutions (32%).
La quasi-totalité des sympathisants de droite souhaitent une interdiction par la loi (84%), mais les avis sont partagés entre une interdiction totale (47%) et limitée (37%) ; 12% souhaitent en outre privilégier la sensibilisation et 4% ne rien faire. A noter que les sympathisants FN sont bien plus nombreux à souhaiter une interdiction totale (67%) que les sympathisants UMP (44%).
Les sympathisants de gauche sont nettement plus tiraillés entre les différentes solutions : 27% sont pour une loi d’interdiction totale, 29% pour une loi d’interdiction limitée et 32% pour une sensibilisation des populations (10% pour ne rien faire). Ces résultats d’ensemble ne doivent cependant pas masquer des divergences importantes entre d’un côté les sympathisants PS et de l’autre les sympathisants Verts et de la gauche de la gauche.
Les sympathisants PS sont majoritairement favorables au fait de légiférer (63%), 33% souhaitant une interdiction totale et 30% une interdiction limitée. 27% préfèreraient tout de même une sensibilisation des populations concernées (et 8% ne rien faire).
Les sympathisants du Front de gauche et Verts sont, eux, partagés sur le fait de légiférer : 50% des sympathisants du Front de gauche sont pour une loi (partielle de préférence pour 30% et totale pour 20%) ; 46% seulement des sympathisants Verts sont, eux, pour une loi (de préférence partielle pour 29% et totale pour 17%). En outre, la première solution citée dans les deux groupes de sympathisants est la sensibilisation des populations concernées (par 41% des sympathisants Verts et 36% de ceux du Front de gauche).
Le positionnement sur la burqa est nettement plus tranché quand on analyse les réponses selon l’âge des Français : autant les plus jeunes sont moins favorables à une interdiction totale (17% des moins de 35 ans, 28% des 35-49 ans), autant les plus âgés y adhèrent davantage (42% des 50-64 ans et 50% des plus de 65 ans).
La burqa, un sujet jugé important voire prioritaire par 53% des Français, et secondaire ou dont on ne devrait pas s’occuper par 45%
Le sujet de la burqa interpelle finalement les Français : 43% considèrent ce sujet comme important, 10% vont même jusqu’à le trouver prioritaire. En revanche, 30% le trouvent secondaire et 15% pensent qu’on ne devrait pas s’en occuper. Là encore, les clivages politiques sont importants.
56% des sympathisants de droite trouvent ce sujet important et 14% prioritaire (contre 22% qui le trouvent secondaire et 7% estimant qu’on ne devrait même pas s’en occuper). Le degré d’importance est davantage souligné par les sympathisants FN (29% jugent ce sujet prioritaire) que par les sympathisants UMP (10%).
A gauche, on retrouve le même clivage des sympathisants PS versus les sympathisants Verts et du Front de gauche. Une majorité des sympathisants PS (53%) trouve le sujet important ou prioritaire. A l’inverse, les sympathisants Verts et du Front de gauche ne sont qu’une minorité à le trouver important ou prioritaire (35% dans les deux cas), 41% des sympathisants Verts le considérant comme secondaire (première réponse citée) et 37% des sympathisants du Front de gauche estimant qu’on ne devrait même pas s’en occuper (première réponse citée).