L'actualité internationale fait plonger la popularité du couple exécutif
Nicolas Sarkozy et François Fillon enregistrent leurs plus bas niveaux de popularité
Après des baisses marquées lors de notre précédente vague du mois de février, la chute des cotes de popularité du Président et de son Premier ministre se poursuit pour atteindre des niveaux jamais égalés depuis leur entrée en fonction au printemps 2007, selon la dernière vague de notre baromètre politique réalisé du 25 au 28 février 2011. Le terrain de l'enquête a été réalisé pour moitié avant l'intervention de Nicolas Sarkozy le 27 février annonçant le remaniement ministériel, et les enseignements de l'étude se vérifient aussi auprès de ceux qui ont été interrogés à l'issue de cette annonce.
Les difficultés dans la gestion des crises politiques successives au Proche-Orient et au Maghreb, auxquelles sont venues s'ajouter le feuilleton de l'affaire Michèle Alliot-Marie ont occupé la majeure partie de l'agenda médiatique de ces dernières semaines, éclipsant les rares bonnes nouvelles, notamment sur le front de l'emploi.
La cote de confiance de Nicolas Sarkozy perd ainsi 2 points par rapport à début février et s'établit à 22 %, soit son plus bas niveau depuis son élection. Ce sont désormais les trois-quarts des Français qui indiquent ne pas faire confiance au Président pour résoudre les problèmes qui se posent à la France (75%, +3 points). Nicolas Sarkozy enregistre ses plus fortes baisses auprès des salariés du secteur public (12%, -6 points), chez les 18-24 ans (15%, -5 points) et chez les diplômés de l'enseignement supérieur (21%, -4 points). Si le chef de l'exécutif poursuit sa baisse chez les sympathisants UMP qui lui restent néanmoins largement favorables (à 71%, -2 points), on constate qu'à l'inverse il progresse fortement chez les sympathisants du FN (27%, +12 points). Ces derniers peuvent avoir été rassurés par les propos de Nicolas Sarkozy lors de son émission du 10 février durant laquelle il a répété à plusieurs reprises que la sécurité était sa priorité, à moins que ce ne soit les prémisses du débat sur la laïcité et la place l'islam qui ne soient à l'origine de cette hausse.
Dans ce contexte, la cote de confiance de François Fillon baisse également de un point, pour s'établir à 33 %, soit son plus bas niveau depuis son entrée en fonction. Les 18-24 ans (24%, -4 points) et les 24-34 ans (27%, -5 points) ainsi que les employés (21%, -8 points) et les sympathisants UMP (78%, -7 points) sont les plus nombreux à se détacher du Premier ministre.
L'équipe gouvernementale souffre de l'actualité récente,
l'opposition de gauche en profite
La plupart des membres du Gouvernement souffrent de l'actualité particulièrement difficile, mais c'est Michèle Alliot-Marie qui paie le plus lourd tribut. Elle chute en effet de 12 points pour s'établir à 16%, un niveau qu'elle n'avait jamais atteint ou même approché depuis qu'elle est testée dans ce baromètre en 2000. Cette baisse est particulièrement forte chez les 65 ans et plus (18%, -18 points) et chez les sympathisants de droite (26%, -24 points).
Inversement, Alain Juppé, nommé Ministre des Affaires étrangères progresse fortement avec une cote d'avenir de 31% qui gagne 4 points par rapport à la précédente vague.
A l'inverse, l'opposition de gauche semble tirer profit des difficultés de la majorité. Dominique Strauss-Kahn fait toujours course en tête à 45%, gagnant 3 points après une nette baisse le mois dernier. Dans son sillage, on constate les légères hausses de Martine Aubry, seconde du classement (39%, +1 point) et de Bertrand Delanoë (35%, +2 points), mais c'est surtout François Hollande qui confirme sa progression des derniers mois (34%, +3 points) en se situant désormais nettement et durablement au-dessus de la barre des 30 % qu'il ne franchissait que sporadiquement ces dernières années. Le député de Corrèze conserve la 3ème place chez les sympathisants de gauche à 51%, derrière Martine Aubry (63%) mais à quelques encablures du directeur du FMI (56%).
Toutefois, l'opinion sur les partis témoigne d'une baisse de confiance généralisée, gauche et droite confondues. Les mauvaises opinions progressent sur toutes les formations, et notamment sur le NPA (57%, +5 points), le PCF (57%, +4 points) et le PG (54%, +5 points) à gauche, et sur le MoDem (58%, +4 points), le Nouveau Centre (50%, +5 points) et l'UMP (61%, +3 points) au centre et à droite. Les opinions concernant le PS et Europe Ecologie-Les Verts restent stables.
Dans ce contexte, le pessimisme des Français est en hausse : 81% (+2 points par rapport à décembre 2010) des personnes interrogées estiment désormais que les choses ont tendance à aller plus mal, seuls 7% étant d'un avis inverse (-1 point). Les sympathisants de droite sont sensiblement moins inquiets que la moyenne, 17% d'entre eux jugeant que les choses vont en s'améliorant en France.