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Le couple franco-allemand face à la crise

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11.12.2011 Étude publiée

Étude réalisée pour l'émission Dimanche+ de Canal+

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Étude réalisée par téléphone les 6 et 7 décembre 2011 pour l'émission Dimanche+ de Canal+, auprès d'un échantillon national de 961 personnes représentatif de l'ensemble de la population française âgée de 18 ans et plus interrogées. Méthode des quotas (sexe, âge, profession du chef de ménage PCS) et stratification par région et catégorie d'agglomération.


Trois Français sur quatre jugent positivement la relation avec l'Allemagne

Globalement, la perception de l'Allemagne par les Français est jugée positivement : 52% voient l'Allemagne comme un allié et 23% comme un ami. 15% la voient comme un concurrent, 5% comme un adversaire. Les 18-24 sont les plus enthousiastes, 84% considérant l'Allemagne comme un ami ou un allié.

Les déclarations politiques récentes qui ont pu être perçues comme stigmatisant l'Allemagne semblent donc ne pas avoir eu de portée particulière.

Néanmoins, il faut remarquer que près d'un ouvrier sur cinq (21%) voit l'Allemagne comme un concurrent et 9% comme un adversaire. La proximité partisane joue également sur la perception du voisin d'Outre-Rhin et semble bien démontrer que l'amitié et l'inimitié portées à l'Allemagne actuellement ont des ressorts très politiques et se nourrissent de la crainte de voir un modèle de rigueur et d'austérité dominer les décisions européennes. 33% des sympathisants du Front de Gauche perçoivent en effet l'Allemagne comme un concurrent ou un ennemi (respectivement 26% et 7%). A l'inverse, les sympathisants de droite, sans doute plus favorables à la stratégie de rapprochement France-Allemagne, voient avant tout l'Allemagne comme un allié (52%) et même un ami pour près du tiers d'entre-eux (29%).

Un couple Merkel-Sarkozy qui ne fait pas l'unanimité

Encore plus politique est évidemment la perception des actuels dirigeants de facto de l'Union Européenne : 42% font confiance à Angela Merkel et Nicolas Sarkozy pour résoudre la crise de la dette et 55% ne leur font pas confiance, dont 31% qui ne leur font « pas du tout » confiance.

Sur cette question encore, les catégories les plus fragiles se montrent davantage défiantes à l'égard de la capacité du couple Merkel-Sarkozy : c'est le cas de 69% des ouvriers, dont 46% qui ne leur font résolument pas confiance. C'est également le sentiment des sympathisants de gauche (ceux du Front de Gauche affichant une défiance particulièrement forte) et du Front National. En revanche, les sympathisants de l'UMP s'en remettent totalement au couple co-piloté par leur figure tutélaire : 90% lui font confiance, dont 38% qui lui font « tout à fait » confiance.

Si les Français qui voient l'Allemagne comme un concurrent ou un ennemi expriment une défiance forte et, en ce sens, compréhensible, à l'égard du couple A.Merkel – N.Sarkozy (plus de 80% qui ne lui font pas confiance pour résoudre la crise de la dette), même ceux pour qui l'Allemagne est un ami ou un allié ne lui portent qu'une confiance assez relative : 51% lui font confiance, 46% pas confiance. La légitimité de ce couple et sa crédibilité sont donc encore mises au défi, en l'absence encore de signes tangibles d'une amélioration de la situation consécutive à leur action.

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