L'adhésion aux idées du FN recule par rapport à 2006
Moins d'un Français sur cinq (18%) se déclare d'accord avec les idées défendues par Jean-Marie Le Pen*, alors que la proportion était de un sur quatre (26%) fin 2006, soit un recul de 8 points. Ce recul est d'autant plus notable que cette proportion était relativement stable depuis 2002 ; avec 18%, on retrouve le niveau de 2000.
La désapprobation des Français quant aux positions de Jean-Marie Le Pen et du FN est notable dans plusieurs domaines : seuls 23% des Français (-9 points) approuvent ses positions en matière de sécurité et de justice, 21% en matière de travailleurs sans papiers (nouvel item), 18% (-6 points) en matière d'immigrés et 16% (-6 points) en matière d'impôts. Alors qu'on s'interroge au sujet de l'impact du débat sur l'identité nationale (notamment sur le FN), seuls 19% des personnes interrogées déclarent approuver les positions de Jean-Marie Le Pen sur « ce que signifie être Français aujourd'hui ».
Un recul des opinions extrémistes dans l'opinion
Au-delà de cette désapprobation à l'égard de Jean-Marie Le Pen, l'étude souligne également un recul plus global des idées extrémistes dans la société française : interrogés de manière préalable sur un certains nombre d'idées défendues par le FN, les Français se montrent moins massivement en accord avec elles.
Ainsi, 44% des Français estiment qu'il y a trop d'immigrés en France, soit 15 points de moins qu'en 2006 (ils étaient alors majoritaires à 59%). De même, 37% (-9 points) déclarent « qu'on ne se sent plus chez soi en France », alors que la proportion oscillait entre 44% et 48% depuis 2000. Une forte majorité de Français estime tout de même encore que « l'on ne défend pas assez les valeurs traditionnelles en France » (65% d'accord ; -5 points). Ils sont plus partagés quant à la manière dont on traite l'Islam : 43% estiment qu'on accorde trop de droits à l'Islam et aux musulmans en France, contre 47% qui ne le pensent pas.
En matière de sécurité, les positions s'assouplissent également : 60% (-9 points) pensent que la justice n'est pas assez sévère avec les petits délinquants » et 41% (-9 points) qu'il faut donner plus de pouvoir à la police.
Enfin, 30% des Français sont d'accord avec le rétablissement de la peine de mort (-3 points) et 30% également avec le fait que l'Europe menace l'identité française (-13 points par rapport à 2006).
Qui sont les personnes qui adhèrent aux idées du FN ?
Le groupe des adhérents aux idées du FN est majoritairement composé d'hommes (à 53%) et est plus âgé que la moyenne des Français (il est composé à 30% de « seniors », d'individus âgés de 50 à 64 ans, contre 24% en moyenne).
En termes de catégories sociales, il se distingue par une forte proportion d'ouvriers (27% contre 19% dans la population française) et de retraités (41% contre 37%). Les employés ne sont en revanche pas surreprésentés dans cette population (10% contre 11%) ; les catégories populaires jeunes (de moins de 35 ans) ne sont pas non plus davantage présents dans ce groupe qu'en moyenne (13% contre 12%), au contraire de celles de plus de 35 ans (24% contre 18% en moyenne).
Ce groupe est également peu diplômé et habite plus souvent qu'en moyenne en zone rurale.
Marine Le Pen a pris la tête du FN dans les esprits
Selon les Français, Marine Le Pen est la personnalité qui incarne le mieux le Front National aujourd'hui (39% de citations), devant son père (30% de citations) ; Bruno Gollnisch ne recueille, lui, que 4% des citations. Si les sympathisants de droite départagent clairement le meilleur représentant (46% pour Marine et 29% pour Jean-Marie), tout comme les adhérents aux idées du FN (respectivement 46% et 38%), les sympathisants FN restent très partagés (respectivement 47% et 46%).
L'électorat FN s'accorde cependant très majoritairement pour dire que Marine Le Pen a permis de moderniser le FN (88% d'accord), alors que les Français dans leur ensemble sont partagés (37% d'accord, 36% pas d'accord et 27% sans opinion), tout comme les sympathisants de droite (50% d'accord seulement).
L'image dégagée par le père et sa fille est effectivement très différente : 43% des Français estiment qu'elle est plutôt « la représentante d'une extrême-droite nationaliste et xénophobe » et 36% plutôt la représentante « d'une droite patriote et attachée aux valeurs traditionnelles ». A la même question, son père récoltait les deux-tiers des réponses (65%) sur la première proposition (et 28% sur la deuxième). Marine Le Pen paraît donc moins radicale que son père aux yeux des Français.
Image plus acceptable, résultats moindres aux derniers scrutins, parti ayant du mal à construire l'après Jean-Marie Le Pen... Quelle que soit la raison, les Français ne sont plus en tout cas qu'une petite moitié à estimer que le FN représente un danger pour la démocratie (52% contre 65% en 2006, soit un recul de 13 points).
* Afin de conserver l'historique des vagues précédentes, nous avons gardé les mêmes libellés qu'en 2006 et avant mentionnant Jean-Marie Le Pen.