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L'adhésion aux idées du FN recule dans l'opinion française

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14.01.2010 Étude publiée

Étude TNS Sofres / Logica réalisée pour Le Monde et France 2

Survey Details

Étude réalisée en face-à-face, pour Le Monde et France 2 (A vous de juger), les 4-5 janvier 2010 auprès d'un échantillon national de 1000 personnes, représentatif de l'ensemble de la population française âgée de 18 ans et plus. Méthode des quotas (sexe, âge, profession du chef de ménage) et stratification par région et catégorie d’agglomération.

L'adhésion aux idées du FN recule par rapport à 2006

Moins d'un Français sur cinq (18%) se déclare d'accord avec les idées défendues par Jean-Marie Le Pen*, alors que la proportion était de un sur quatre (26%) fin 2006, soit un recul de 8 points. Ce recul est d'autant plus notable que cette proportion était relativement stable depuis 2002 ; avec 18%, on retrouve le niveau de 2000.
La désapprobation des Français quant aux positions de Jean-Marie Le Pen et du FN est notable dans plusieurs domaines : seuls 23% des Français (-9 points) approuvent ses positions en matière de sécurité et de justice, 21% en matière de travailleurs sans papiers (nouvel item), 18% (-6 points) en matière d'immigrés et 16% (-6 points) en matière d'impôts. Alors qu'on s'interroge au sujet de l'impact du débat sur l'identité nationale (notamment sur le FN), seuls 19% des personnes interrogées déclarent approuver les positions de Jean-Marie Le Pen sur « ce que signifie être Français aujourd'hui ».

Un recul des opinions extrémistes dans l'opinion

Au-delà de cette désapprobation à l'égard de Jean-Marie Le Pen, l'étude souligne également un recul plus global des idées extrémistes dans la société française : interrogés de manière préalable sur un certains nombre d'idées défendues par le FN, les Français se montrent moins massivement en accord avec elles.

Ainsi, 44% des Français estiment qu'il y a trop d'immigrés en France, soit 15 points de moins qu'en 2006 (ils étaient alors majoritaires à 59%). De même, 37% (-9 points) déclarent « qu'on ne se sent plus chez soi en France », alors que la proportion oscillait entre 44% et 48% depuis 2000. Une forte majorité de Français estime tout de même encore que « l'on ne défend pas assez les valeurs traditionnelles en France » (65% d'accord ; -5 points). Ils sont plus partagés quant à la manière dont on traite l'Islam : 43% estiment qu'on accorde trop de droits à l'Islam et aux musulmans en France, contre 47% qui ne le pensent pas.

En matière de sécurité, les positions s'assouplissent également : 60% (-9 points) pensent que la justice n'est pas assez sévère avec les petits délinquants » et 41% (-9 points) qu'il faut donner plus de pouvoir à la police.
Enfin, 30% des Français sont d'accord avec le rétablissement de la peine de mort (-3 points) et 30% également avec le fait que l'Europe menace l'identité française (-13 points par rapport à 2006).

Qui sont les personnes qui adhèrent aux idées du FN ?

Le groupe des adhérents aux idées du FN est majoritairement composé d'hommes (à 53%) et est plus âgé que la moyenne des Français (il est composé à 30% de « seniors », d'individus âgés de 50 à 64 ans, contre 24% en moyenne).

En termes de catégories sociales, il se distingue par une forte proportion d'ouvriers (27% contre 19% dans la population française) et de retraités (41% contre 37%). Les employés ne sont en revanche pas surreprésentés dans cette population (10% contre 11%) ; les catégories populaires jeunes (de moins de 35 ans) ne sont pas non plus davantage présents dans ce groupe qu'en moyenne (13% contre 12%), au contraire de celles de plus de 35 ans (24% contre 18% en moyenne).

Ce groupe est également peu diplômé et habite plus souvent qu'en moyenne en zone rurale.

Marine Le Pen a pris la tête du FN dans les esprits

Selon les Français, Marine Le Pen est la personnalité qui incarne le mieux le Front National aujourd'hui (39% de citations), devant son père (30% de citations) ; Bruno Gollnisch ne recueille, lui, que 4% des citations. Si les sympathisants de droite départagent clairement le meilleur représentant (46% pour Marine et 29% pour Jean-Marie), tout comme les adhérents aux idées du FN (respectivement 46% et 38%), les sympathisants FN restent très partagés (respectivement 47% et 46%).

L'électorat FN s'accorde cependant très majoritairement pour dire que Marine Le Pen a permis de moderniser le FN (88% d'accord), alors que les Français dans leur ensemble sont partagés (37% d'accord, 36% pas d'accord et 27% sans opinion), tout comme les sympathisants de droite (50% d'accord seulement).

L'image dégagée par le père et sa fille est effectivement très différente : 43% des Français estiment qu'elle est plutôt « la représentante d'une extrême-droite nationaliste et xénophobe » et 36% plutôt la représentante « d'une droite patriote et attachée aux valeurs traditionnelles ». A la même question, son père récoltait les deux-tiers des réponses (65%) sur la première proposition (et 28% sur la deuxième). Marine Le Pen paraît donc moins radicale que son père aux yeux des Français.

Image plus acceptable, résultats moindres aux derniers scrutins, parti ayant du mal à construire l'après Jean-Marie Le Pen... Quelle que soit la raison, les Français ne sont plus en tout cas qu'une petite moitié à estimer que le FN représente un danger pour la démocratie (52% contre 65% en 2006, soit un recul de 13 points).

* Afin de conserver l'historique des vagues précédentes, nous avons gardé les mêmes libellés qu'en 2006 et avant mentionnant Jean-Marie Le Pen.

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