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Baromètre des préoccupations des Français - bilan 2009

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21.12.2009 Étude publiée

Étude réalisée pour La Croix et Covéa Finance

Survey Details

Étude réalisée en face à face, pour La Croix et Covéa Finance du 27 au 30 novembre 2009, auprès d'un échantillon national de 1000 personnes, représentatif de l'ensemble de la population française âgée de 18 ans et plus. Méthode des quotas (sexe, âge, profession du chef de ménage PCS) et stratification par région et catégorie d’agglomération.

La crise économique mondiale, qui aura bien sûr profondément marqué le contexte social, politique et économique de l’année 2009 (augmentation du chômage en France de 25% en un an, forte récession en début d’année…), s’est traduite dans l’opinion par un niveau d’inquiétude élevé et généralisé. Notre indice d’inquiétude (calculé en fonction du nombre de réponses données à la question sur les préoccupations – page 5), en hausse tendancielle depuis la création de ce baromètre en 2004, a ainsi bondi dès septembre 2008 avec la faillite de Lehman Brothers et s’est maintenu à des niveaux importants en 2009 – à l’exception du mois de mai (centré médiatiquement sur la campagne électorale européenne et marqué par la trêve des week-ends prolongés) - avec un record de 69,9 atteint au mois de juin. A l’approche des fêtes, si l’année 2009 se clôt sur un panorama moins sombre (indice d’inquiétude de 59,4), phénomène classique à cette période, elle restera donc marquée par des records d’inquiétude dans cinq domaines : le chômage, la santé, le financement des retraites, l’environnement et l’école.

Plusieurs enquêtes réalisées en cours d’année viennent corroborer ce constat : le moral des Français reste à un niveau historiquement bas (en mars, 82 % des Français estimaient que « les choses ont tendance à aller plus mal »¹ contre seulement 8% qui jugeaient qu’elles « vont en s’améliorant »). Fin octobre, 51 % des Français nous disaient que la méfiance est ce qui caractérisait le mieux leur état d’esprit², contre une minorité qui se disait confiante (16 %), éprouvant du bien-être (14 %), sereine (13 %) ou enthousiaste (7 %).

Avec un taux de chômage de 9,1 % au 3ème trimestre 2008 (contre 7,2 % au 3e trimestre 2008), le chômage est redevenu l’inquiétude principale des Français en 2009. Après avoir cédé le pas au pouvoir d’achat mi 2008, il est repassé en tête avec l’éclatement de la crise financière à l’automne et s’est maintenu à des niveaux élevés pour atteindre son record historique fin avril (79% de citations). Les moins de 35 ans et les catégories les moins aisées sont les plus inquiets à ce sujet.

En 2e position du baromètre depuis le mois d’avril, la santé et la qualité des soins s’est maintenue à des niveaux élevés tout au long de 2009. L’épidémie de grippe A ultra-médiatisée ainsi que la réforme « Hôpital, Patients et Territoires » (entrainant un record de craintes avec 58% de citations fin avril), la hausse du forfait hospitalier et le déremboursement de certains médicaments ont contribué à inquiéter tout au long de l’année l’ensemble des Français et pas uniquement les femmes ou les plus âgés.

Parallèlement à l’augmentation du chômage, l’inquiétude sur le pouvoir d’achat a perdu de son ampleur de manière continue en 2009, après une hausse spectaculaire de mi 2007 à mi 2008. Mais elle reste une crainte prédominante chez les Français (en 3e position derrière le chômage et la santé), notamment chez les moins de 35 ans et les catégories modestes.

Alors que la réforme des retraites se profile pour 2010, le financement des retraites s’est maintenu à un niveau d’inquiétude élevé en 2009 (autour de 40% de citations), atteignant un record historique en juin avec 54 % de citations (en raison du débat lancé par le gouvernement sur la retraite à 67 ans) avant de reculer au 3e trimestre.

En cette année particulièrement marquée par la thématique environnementale (Grenelle 2, score des Verts aux élections européennes, sortie du film Home, Sommet de Copenhague), les inquiétudes dans ce domaine ont atteint un record avec 47% de citations au mois de septembre et sont restées relativement élevées tout au long de l’année (environ 40% de citations, page 4). Elles sont surtout très aigues chez les jeunes et les catégories aisées ; on notera tout de même au lendemain des Européennes une forte hausse des préoccupations de la part de l‘électorat de droite et des plus âgés, même si celle-ci est depuis retombée.

Enfin, les Français ont également montré des signes de crispation jusque-là jamais enregistrés dans le domaine de l’école et de l’enseignement (46% de citations en février et juin), en raison de la mobilisation des enseignants-chercheurs contre la réforme de leur statut puis de l’annonce de suppression de 16 000 postes dans l’Education Nationale.

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