Face à la retraite, les jeunes actifs oscillent toujours entre pessimisme et lucidité, parfois naïveté. Néanmoins, depuis 3 ans, la nécessité de s’informer et de commencer à épargner le plus tôt possible pour préparer sa retraite fait son chemin dans leurs esprits.
Pour autant, les zones de flou et les freins au « passage à l’acte » persistent : surestimation de l’effort d’épargne pour certains, manque de moyens pour d’autres…
Le PERCO s’installe progressivement auprès des jeunes actifs comme une solution pleine d’atouts pour compléter le système de répartition. Par ses avantages financiers et fiscaux, il constitue par ailleurs pour les entreprises un important levier de motivation de leurs salariés. Pour inciter à la préparation de la retraite et battre en brèche les préventions ou les idées fausses, les entreprises et l’Etat ont un rôle clé à jouer en matière d’information et d’aide financière.
Face à la retraite, quelles sont les attitudes et perceptions des jeunes actifs ?
On observe toujours un décalage entre rêve et réalité (sur fond de manque de connaissance ?) :
- Concernant le taux de remplacement, s’ils aimeraient disposer en moyenne de 80% de leurs derniers revenus au moment du départ à la retraite… ils anticipent plutôt de toucher environ 60% !
- Quant à l’âge de leur départ à la retraite, si dans l’idéal ils aimeraient pouvoir cesser leur activité à 60 ans, ils semblent résignés à l’idée de partir plus tardivement que leurs aînés (65 ans en moyenne).
Face à la réalité, les jeunes actifs oscillent entre pessimisme et lucidité :
- Sur fond de forte inquiétude sur l’avenir du système de retraite par répartition
(83% des jeunes ne sont pas confiants, dont 25% « pas du tout »)…
- … les jeunes actifs ont conscience de la nécessité d’une préparation précoce : en étant informés au plus tôt sur les solutions d’épargne retraite (dans les 5 premières années de la vie active pour 86%) ; et en commençant à mettre de l’argent de côté dès 28 ans, soit 2 ans plus tôt qu’en 2008 et 2009.
De façon très pragmatique, face à différents scenarios offrant les mêmes conditions au moment du départ à la retraite (hypothèse testée d’une rente viagère de 250 € par mois), ils optent massivement (79%) pour une épargne précoce – dès 30 ans – afin d’en alléger la charge pour eux – 30 € mensuels (vs 80 € à 40 ans).
Dans les faits, l’immobilisme domine, sur fond de désarroi :
- Les 2/3 (66%) admettent « ne pas faire ce qu’il faut pour préparer leur retraite ». Le manque de moyens est cité en spontané comme la principale cause par 58% d’entre eux.
- Près de 1 sur 3 (30%) déclare ne pas pouvoir mettre aujourd’hui d’argent de côté pour préparer sa retraite
L’épargne retraite collective s’installe dans le paysage des solutions retraite, même si du chemin reste à parcourir
- 58% des jeunes actifs connaissent l’existence des solutions d’épargne retraite proposées par les entreprises (+ 7 points par rapport à 2008).
- Mais plus d’1 sur 3 (35%) ne sait pas si sa propre entreprise en propose ou non.
Le PERCO : une solution très avantageuse… et très attirante
Près des ¾ (73%) y souscriraient si leur entreprise le leur proposait.
- Dans un match « solution individuelle vs collective ? », les jeunes salariés privilégieraient le PERCO (à 61% contre 39% pour une solution individuelle).
- Face aux solutions individuelles, l’épargne collective l’emporte grâce à ses avantages financiers (« correspond bien » pour 72% contre 58% pour l’épargne individuelle) et fiscaux (67% contre 57%).
- En spontané, la principale motivation citée par les jeunes qui choisiraient le PERCO est l’avantage financier (27%), principalement représenté par l’abondement de l’entreprise (21%).
- Notons que la souplesse du PERCO, moins bien perçue lors de la précédente enquête, est aujourd’hui plus largement reconnue (à 60%, + 14 points).
L’accompagnement par les entreprises dans la préparation de la retraite de leurs salariés est perçu par les jeunes comme un levier de motivation « interne » très important (« important » pour 90%, dont 34% « très important »).
… qui demande à être encouragée, prioritairement par les entreprises et l’Etat
- Les aides financières et la conversion de jours disponibles du compte épargne temps (CET) sur le PERCO sont des leviers clés.
Sur une échelle d’incitation de 1 à 10, l’abondement versé par l’entreprise obtient une note moyenne de 7,5, le versement d’une prime par l’Etat 7,3 et l’alimentation du PERCO par le CET 7.
- Parmi les pistes d’évolution des dispositifs évoquées actuellement, les jeunes se montrent réceptifs à une gradation des avantages fiscaux et sociaux en fonction de la durée de blocage (mesure « juste » pour 68%).
- Pour éclairer la prise de décision en matière d’épargne retraite, les entreprises et l’Etat sont les informateurs de référence (cités respectivement par 71% et 64%).