Cette étude permet de connaître le regard des jeunes femmes de 20 à 29 ans sur leur situation personnelle mais aussi sur la société actuelle, en traitant de domaines aussi divers que le couple, le travail, les loisirs, les problèmes des jeunes, l’environnement, la mode ou encore le regard sur soi.
Le couple, une priorité pour les jeunes femmes de 20-29 ans
Le couple est non seulement la composante principale du bien-être des jeunes femmes qui ont la vingtaine (60% de citations), mais aussi leur « passe-temps » favori (61% de citations). Pas très étonnant quand on sait que l’âge moyen des mères au premier enfant est de 29 ans (1) ; la décennie qui précède est ainsi la décennie de la « bascule », celle où l’on quitte le giron familial, où l’on gagne son autonomie et où l’on « construit son foyer ».
En termes de priorité pour leur bien-être, les jeunes femmes citent, après le couple, la famille (50%), puis les amis (34%), quasi à égalité avec le cadre de vie (33%), le travail/les études (32%) et l’argent/le niveau de vie (32%).
En termes de loisirs, passer du temps avec ses amis (55% de citations) et sa famille (54%) occupent également une place importante chez elles. Viennent ensuite les loisirs plus pratiques, comme Internet (44%), davantage cité que l’utilisation des media traditionnels (TV/Radio/magazines, cités par 42% des répondantes). On notera, parmi les autres loisirs cités, la faible place accordée au sport (19%) ou encore au cinéma (20%), qui occupait chez cette même tranche d’âge une des premières places il y a encore quelques années.
Couple, sexualité : les schémas traditionnels ont la peau dure
Interrogées sur le couple et la sexualité, les jeunes femmes, loin de marquer une rupture avec leurs aînées, soulignent à chaque fois l’importance que revêt pour elles l’engagement.
67% des jeunes femmes interrogées pensent ainsi vivre leur vie mariée avec la même personne, contre 23% qui pensent vivre également avec un même partenaire toute leur vie mais sans être mariée, et 9% seulement qui s’imaginent avoir plusieurs relations sérieuses au cours de leur vie.
En matière de sexe, une courte majorité (51%) estime qu’il ne faut pas forcément être amoureuse pour avoir des relations sexuelles, contre 41% qui estime cette condition comme requise et 8% seulement qui au contraire dissocient complètement les notions d’amour et de sexe. Il y a fort à parier que ce genre de question posé à leurs homologues masculins récolterait des scores bien différents (2).
Enfin, la liberté de parole en matière de sexe apparaît étonnamment très limitée : si 62% des jeunes femmes interrogées estiment que la fellation est une pratique dont on parle aujourd’hui facilement - voire qui s’est même banalisée -, 59% estiment en revanche que la masturbation est une pratique dont on ne parle pas facilement - voire un tabou -, 63% étant du même avis en ce qui concerne les relations homosexuelles chez les femmes.
Le travail, une préoccupation plus qu’une source d’épanouissement
Les domaines les plus préoccupants en France actuellement sont pour les jeunes femmes le chômage (73% de citations), le pouvoir d’achat (51%) et l’environnement (50%) ; on retrouve donc ici globalement la même hiérarchie des préoccupations que dans l’ensemble de la population (3).
Sur les problèmes concernant spécifiquement les jeunes, les problèmes du chômage (76%) et du manque d’argent (52%) sont encore une fois soulignés ; mais les jeunes femmes insistent également sur le problème de l’accès au logement (39%) ; « l’alcool » et « les drogues en général » sont aussi présentes à l’esprit des plus jeunes (respectivement 26% et 24% de citations chez les femmes âgées de 20 à 24 ans). Le SIDA n’est lui cité qu’en dernier, par seulement 6% des interviewées.
Les aspects les plus importants dans le travail sont pour les jeunes femmes la rémunération (60%) et l’ambiance (58%) ; l’intérêt du travail, généralement cité comme une troisième composante importante dans les enquêtes auprès des actifs, n’est ici mis en avant que par 38% des répondantes.
Deux éléments vont également à l’encontre de certaines idées reçues : le fait que le travail soit en accord avec ses valeurs (21%), régulièrement souligné comme un critère prépondérant (surtout depuis l’émergence du concept de RSE et des entreprises « socialement responsables »), n’est cité qu’après l’enrichissement personnel/la formation (34%) et les perspectives d’avenir (24%) ; par ailleurs, le temps que laisse le travail pour les loisirs n’est pas non plus beaucoup cité (20%), signe que la fameuse valeur travail est loin d’être délaissée chez les jeunes.
Néanmoins, force est de constater que les jeunes femmes ici interrogées ont un rapport plus que pragmatique avec le travail, intéressées avant tout par l’aspect pécuniaire. Conséquence de la crise, qui oblige à se rabattre sur un travail « alimentaire » ou bien délaissement de la sphère professionnelle et de l’entreprise qui ne parviennent plus à valoriser et à générer de la satisfaction ?
En tout cas, le constat est clair : près des deux-tiers des jeunes femmes (65%) ne seraient pas prêtes à faire des sacrifices importants dans leur vie personnelle pour mieux réussir leur vie professionnelle (contre 35% qui le seraient).
Un niveau de vie jugé tout juste satisfaisant
Les jeunes femmes interrogées se déclarent à 82% satisfaites de la vie qu’elles mènent (67% sont plutôt satisfaites et 15% très satisfaites). Si ce score ne déborde pas d’enthousiasme, celui concernant le niveau de vie est encore plus négatif : seuls 52% des jeunes femmes interrogées estiment que la somme d’argent dont elles disposent leur permet de vivre de manière satisfaisante (contre 47% qui jugent qu’elle ne leur permet pas de vivre de manière satisfaisante). Ce niveau de satisfaction est finalement bas pour une population qui devrait a priori bénéficier d’un niveau de vie satisfaisant, n’ayant pour la plupart pas encore d’enfant à charge et donc un budget plutôt simple à gérer ; il fait bien sûr directement écho à l’importance de la rémunération et aux problèmes de pouvoir d’achat et d’accès au logement soulignés plus haut.
L’environnement, un problème que l’on prend en compte… jusqu’à certaines limites
En matière de protection de l’environnement, le tri des déchets apparaît comme le geste le plus souvent effectué par les jeunes femmes (sans que cela veuille dire qu’il soit souvent effectué…), tout comme l’utilisation de sacs réutilisables (respectivement 73% et 72% de citations). En revanche, des comportements plus impliquants comme l’attention portée à sa consommation d’énergie (43%) ou d’eau (36%) sont beaucoup moins cités ; les achats de produits bio ou de produits recyclés ne sont eux cités que par 11% et 3% des jeunes femmes.
Ce résultat amène une remarque plus globale sur la notion de protection de l’environnement chez les jeunes en général. Si ceux-ci la considèrent comme une préoccupation majeure, la traduction pratique en gestes « éco-citoyens » pose en effet un autre problème : celui de la faisabilité, de l’adéquation avec leur mode de vie. Ainsi, autant les jeunes favorisent aisément par rapport à la moyenne des Français les transports en commun et le vélo car ceux-ci correspondent à leur mode de vie, autant ils ne sont pas les champions en matière de tri (qui demande une organisation, du temps disponible et de l’espace) et encore moins en matière d’achats « verts » (produits bio, sans emballages… qui sont généralement plus chers).
Le regard sur soi et la mode
Si la majorité des jeunes femmes interrogées (52%) nous disent se trouver physiquement « pas mal », près d’un tiers (31%) déclarent tout de même se trouver « pas terrible », et 3% moches. 11% se trouvent « belles » mais aucune n’a par ailleurs choisi le terme « très belle », pourtant proposé.
La mode paraît être un recours utile en la matière, puisque 45% disent que c’est un moyen de se sentir belle, quand 31% y voient aussi un moyen de se sentir à l’aise. Mais elles ne manquent pas d’esprit critique puisque 22% y voient aussi un truc idiot.
Les jeunes femmes interrogées ont su aussi faire preuve d’auto-dérision dans notre enquête, en acceptant de nous donner la liste des petits plaisirs auxquels elles s’adonnent, généralement sans s’en vanter. En numéro un de ces « travers » arrive le fait de regarder des émissions débiles, largement partagé (40% de citations), suivi du fait de trainer toute la journée (30%) et de se goinfrer de sucreries (27%). On notera que lire la presse people n’est cité que par 10% des jeunes femmes, soit parce qu’elles la lisent peu, ou soit tout simplement parce qu’elles considèrent qu’il n’y a là rien de répréhensible moralement.
1- Bilan démographique 2008 : Plus d'enfants, de plus en plus tard (Insee, 2009)
2- Selon notre étude pour Le Nouvel Observateur menée en 2009, 67% des femmes de 18 ans et plus ne pourraient pas avoir de rapports sexuels avec quelqu’un sans l’aimer, contre seulement 43% des hommes.
3- Cf. Baromètre des préoccupations TNS Sofres pour La Croix et Covéa Finance.