Un remaniement qui n’a pas redynamisé la majorité : Sarkozy comme Fillon en baisse
Au lendemain de l’adoption de la réforme des retraites, du remaniement ministériel et de l’intervention télévisée du Président de la République, la dernière vague de notre baromètre, réalisée entre le 26 et le 29 novembre, enregistre un nouvel affaiblissement de la cote de confiance des deux têtes de l’exécutif. 24% (-2 points) des Français font désormais confiance à Nicolas Sarkozy, soit le plus bas niveau depuis le début de son mandat, et le plus bas score pour un chef de l’Etat hormis Jacques Chirac en 2006 (16%). Inversement, ils sont 71% à déclarer ne pas lui faire confiance, au même niveau que le mois dernier. Le Premier ministre subit lui aussi une baisse de sa cote de confiance qui perd 3 points pour s’établir à 35%, ceux qui ne lui font pas confiance passant de 57% à 59%.
Le Président perd principalement des points au sein de son électorat traditionnel, notamment parmi les 50 à 64 ans (26%, -3) et les 65 ans et plus (36%, -3), les catégories socioprofessionnelles supérieures (24%, -4), les indépendants (32%, -4), ainsi que parmi les sympathisants de droite (62%, -4). A l’inverse, il rebondit au sein des catégories populaires (18%, +3).
La chute de François Fillon semble moins nettement due à une désaffection de son électorat traditionnel : même s’il perd chez les catégories socioprofessionnelles supérieures (35%, -5), sa cote diminue surtout au sein de catégories généralement peu favorables à la majorité : les 25 à 34 ans (21%, -12), les sympathisants d’Europe Ecologie-Les Verts (20%, -5), les salariés du secteur public (22%, -8). Comme le Président, le Premier ministre voit sa cote remonter au sein des catégories modestes : sans diplôme ou diplômé du certificat d’études (47%, +6), catégorie de revenu modeste (29%, +10), employés (28%, +7).
Le remaniement e eu un effet immédiat sur les personnalités. Les exclus du nouveau gouvernement semblent pénalisés par les Français, avec notamment Rama Yade (35%, -2) et Jean-Louis Borloo (34%, -2), en léger retrait par rapport à la vague précédente.
A l’inverse, les ministres restants ou entrants sont en hausse ou stable, avec notamment les progressions de Michèle Alliot-Marie (34%, +2), Christine Lagarde (34%, +3), Alain Juppé (29%, +2), Frédéric Mitterrand (26%, +3), Roselyne Bachelot (23%, +4) ainsi que de Luc Chatel et Brice Hortefeux qui se situent tous deux à 18% (+2). Ces hausses sont notamment le fait des sympathisants de droite, qui placent désormais Christine Lagarde en tête des personnalités politiques d’avenir (63%), suivie de Michèle Alliot-Marie (61%) puis de Dominique Strauss-Kahn (57%) et de Alain Juppé (56%). Enfin, parmi les entrants dans notre baromètre, on compte deux membres du gouvernement, Nathalie Kosciusko-Morizet (17%) et Bruno Le Maire (8%).
Trois personnalités de gauche sont toujours en tête du baromètre, et leur classement reste inchangé, avec Dominique Strauss-Kahn (47%, =) en tête, suivi de Martine Aubry (40%, -1) et de Bertrand Delanoë (36%, -2). Parmi les autres leaders socialistes, François Hollande perd 4 points après en avoir gagné 5 le mois dernier, pour s’établir à 28%. Quand à Arnaud Montebourg, l’annonce de sa candidature aux primaires socialistes fait frémir sa cote d’avenir qui monte de 3 points, à 18%.
Parmi les autres formations de gauche, on note l’apparition de deux personnalités dans notre baromètre : Eva Joly, candidate potentielle d’Europe Ecologie-Les Verts, se positionne dans la moitié supérieure du classement, à 24%. Elle talonne Daniel Cohn-Bendit (27%) mais distance nettement Cécile Duflot (17%, stable). A la gauche de la gauche, Jean-Luc Mélenchon fait une apparition discrète : à 15% de cote d’avenir, le leader du Parti de Gauche est loin de son principal rival, Olivier Besancenot (31%, +3).
L’opinion sur les partis politiques reste globalement stable, trois mois après notre dernière mesure. Toutefois, l’UMP enregistre une chute de 4 points des opinions positives à son égard, ce qui la place à 28% de bonnes opinions, son plus bas niveau depuis juillet 2004, au lendemain d’une série électorale difficile pour la droite (régionales puis européennes). A l’inverse, le Nouveau Centre semble bénéficier de son relatif éloignement du gouvernement, avec un total de bonnes opinions qui, à 18%, est en hausse de 6 points par rapport à la vague précédente.
Enfin, les Français se montrent toujours aussi peu optimistes sur leur futur et celui de leur pays : ils sont 79% à se montrer pessimistes, soit une hausse de deux points par rapport à la vague précédente, contre 8% à se dire optimistes, une proportion stable. Sans surprise, les sympathisants de droite sont légèrement plus optimistes (15%) que ceux de gauche (6%). Les catégories populaires sont plus pessimistes (85%) que les catégories socioprofessionnelles supérieurs et les inactifs (77%).