Aubry, Royal, Hollande, Strauss-Kahn, Fabius et Valls : quel soutien dans l'opinion ?
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27.08.2010 Point de vue
par Marie-Colombe Afota
Baromètre TNS Sofres / Logica pour le Figaro Magazine
Cotes d’avenir depuis l’automne 2006 :
l’ascension de Dominique Strauss-Kahn et de Martine Aubry et le déclin de Ségolène Royal
A un an des primaires socialistes, l’opinion vis-à-vis des principales personnalités susceptibles de se présenter a considérablement évolué par rapport à l’automne 2006, date de désignation de Ségolène Royal comme candidate à l’élection présidentielle de 2007.
En septembre 2006, 59% des Français souhaitaient voir Ségolène Royal jouer un rôle dans les mois et années à venir, ce qui la plaçait en tête des personnalités – de gauche comme de droite – testées dans notre baromètre politique. Loin derrière, Dominique Strauss-Kahn et Laurent Fabius, les deux autres prétendants à la candidature socialiste en vue de la présidentielle, obtenaient à cette période des scores de l’ordre de 30% pour le premier et 20 % pour le second. Martine Aubry et François Hollande, alors 1er secrétaire du parti, recueillaient également le soutien de 25 à 30% de la population, a peine plus.
Quatre ans après, le paysage est tout autre : DSK (43% de cote d’avenir en juillet 2010), talonné de près par Martine Aubry (41%), caracole en tête de notre baromètre mais à des niveaux bien plus faibles que ceux obtenus par le passé par l’ex-candidate à la présidentielle. Depuis sa nomination au FMI à la rentrée 2007, légitimant ses compétences et l’éloignant des conflits internes du parti, DSK s’est maintenu ainsi à des niveaux de popularité élevés. Martine Aubry, elle, n’a commencé à grimper que quelques mois avant le Congrès de Reims et son élection comme 1er secrétaire du PS. La victoire aux dernières élections régionales lui a permis de retrouver un niveau de popularité important, un temps altéré par le faible score du parti aux Européennes 2009.
Ségolène Royal, dont la cote d’avenir s’est dégradée continuellement depuis début 2007 tourne actuellement autour des 30% (31% de cote d’avenir en juillet 2010).
Quant à Hollande et Fabius, leur cote n’a que peu bougé – si l’on fait exception du pic de popularité de Hollande constaté en mars 2008, avec le succès de la gauche aux élections municipales - et reste peu ou prou aux niveaux de 2006.
Manuel Valls, entré dans notre baromètre au printemps 2008, conserve une cote en retrait par rapport « aux éléphants » du parti (15% en juillet).
Évolution des cotes d’avenir depuis juin 2006
Chez les sympathisants de gauche :
ascension de Martine Aubry, déclin de Ségolène Royal et… stabilité de Dominique Strauss-Kahn
L’évolution des cotes de popularité des futurs prétendants aux primaires a suivi globalement les mêmes tendances chez les sympathisants de gauche que dans l’ensemble de la population, excepté pour Dominique Strauss-Kahn, qui ne se place in fine que loin derrière Martine Aubry en juillet 2010 (49% de cote d’avenir versus 67% pour la 1ère secrétaire) et au coude à coude avec Ségolène Royal (53% en juillet 2010). La forte popularité du patron du FMI dans l’ensemble de la population - et notamment chez les sympathisants de droite - a plus de mal à se répandre à gauche, même s’il est parvenu à obtenir une cote d’avenir proche de celle de Ségolène Royal. Cette dernière a, comme dans l’ensemble de la population, perdu du crédit chez les sympathisants de gauche, passant de 80 voire 85% de cote d’avenir début 2007 à environ 50% ces derniers mois.
Martine Aubry a suivi le chemin inverse passant de 40 % début 2007 à plus de 60% ces derniers mois.
Si Hollande conserve une popularité importante chez les sympathisants de gauche, de l’ordre de 40%, Fabius et Valls restent pour l’heure en retrait (respectivement 29% et 22% de cote d’avenir en juillet 2010).
Évolution des cotes d’avenir depuis juin 2006 chez les sympathisants de gauche
Profil des soutiens des uns et des autres :
le grand écart de Royal à Valls et DSK
La structure sociodémographique et politique des soutiens des différentes personnalités fait apparaître des particularités propres à leurs positionnements respectifs :
- En termes d’âge : Ségolène Royal et dans une moindre mesure Martine Aubry ont une structure de soutiens plus jeune que celles de leurs comparses masculins, notamment Manuel Valls (58% de ses soutiens ont plus de 50 ans vs 44% pour Royal et 46% pour Aubry).
- En termes de catégorie sociale : Ségolène Royal se distingue par son succès auprès des classes populaires (employés et ouvriers), lesquels constituent 36% de ses soutiens, contre 22% pour Dominique Strauss-Kahn et même 17% pour Manuel Valls, ces deux personnalités étant les plus populaires chez les CSP+ et les catégories aisées. Ainsi 53% des soutiens de Dominique Strauss-Kahn (et même 60% des soutiens de Manuel Valls) proviennent des catégories aisées ou moyennes supérieures contre 37% des soutiens de Ségolène Royal, les autres personnalités se situant à mi-chemin.
- En termes de niveau de diplôme : Manuel Valls est particulièrement populaire chez les plus diplômés, 43% de ses soutiens étant diplômés de l’enseignement supérieur versus 30 à 35% chez les autres, excepté Ségolène Royal chez qui ils ne représentent que 24% de ses soutiens.
- En termes de positionnement sur l’échelle politique, Dominique Strauss-Kahn (et dans une moindre mesure Manuel Valls) se distingue par son succès à droite : moins de 50% de ses soutiens se situent à gauche sur l’échiquier politique et 24% se disent proches de… l’UMP (18% pour Manuel Valls).
Au global, les soutiens de Ségolène Royal d’une part et de Dominique Strauss-Khan et Manuel Valls d’autre part apparaissent comme les plus distincts, les autres personnalités bénéficiant de soutiens au profil plus intermédiaire.