L’état de santé des entreprises
La crise économique et financière de 2008 s’est véritablement installée dans les PME et TPE françaises. Le regain d’optimisme observé en début d’année a disparu, pour laisser place à une stabilisation des principaux indicateurs à un niveau bas, voire parfois même à une dégradation. Les PME ont particulièrement pâti de la crise depuis un an. Pourtant, les dirigeant d’entreprises conservent un certain optimisme sur les perspectives à long terme.
Au global, les patrons de PME et TPE françaises ont observé une stabilisation de la situation de leur entreprise, à un niveau toujours bas. Ainsi, pour 55% d’entre eux, la situation de leur entreprise est restée identique, et elle s’est dégradée pour 36%, contre respectivement 58% et 37% en mars 2009. Sur un an, les PME évoquent une dégradation sensiblement plus forte (61%, contre 55% en mars et 48% dans les TPE).
Dans le détail, la situation des entreprises en ce qui concerne leur trésorerie s’est stabilisée (49%, stable), alors que les carnets de commande et la rentabilité sont en recul (respectivement -3 et -6). Les TPE et PME sont différemment touchées : dégradation pour les carnets de commande plus sensible chez les PME (-7), et baisse de la rentabilité plus importante chez les TPE (-6).
Les perspectives à court terme des entreprises sont également assez défavorables. Là aussi, les indicateurs sont stabilisés à des niveaux bas ou en baisse. Les dirigeants d’entreprises restent pessimistes quant à la situation globale de leur entreprise dans les 3 mois à venir : seuls 14% estiment qu’elle s’améliorera. Leurs craintes sur l’évolution du chiffre d’affaires et la situation de leur trésorerie se sont accentuées (« plutôt en baisse » : respectivement +3 et +4). Et les projets d’investissement sont toujours rares (15%), en fort recul chez les PME (-8).
Pourtant, les dirigeants d’entreprises font preuve d’un certain optimisme sur plus long terme, notamment dans les TPE. Ainsi, une majorité d’entre eux déclarent être optimistes sur les perspectives à un an de leur entreprise (51%, +3), même si l’amélioration du moral des PME en mars n’est pas confirmée (-9).
Les entreprises et l’emploi
La crise étant désormais véritablement installée dans les entreprises, leur situation ne leur permet pas d’envisager des embauches. Les entreprises concernées par des baisses d’effectifs envisagent davantage de faire appel à des départs induits (licenciements, départs volontaires).
Dans ce contexte de situation dégradée, les dirigeants d’entreprises restent très prudents et les perspectives d’embauches marginales : 9% des PME et 5% des TPE envisagent d’augmenter leurs effectifs.
Le contexte est aujourd'hui peu propice à la création d’emplois et peu de facteurs semblent pouvoir vraiment y contribuer. Le niveau de la croissance est l’obstacle à l’emploi qui a le plus progressé depuis 2 ans (« pas propice » : 50%, +27 depuis juillet 2007). Les charges sociales et la fiscalité restent les freins les plus importants à la création d’emplois (« pas propice » : 66% et 52%), mais ont malgré tout un rôle plus limité aujourd’hui (-13). A l’inverse, la possibilité de trouver de la main d’œuvre qualifiée représente moins un frein aujourd’hui (« propice » : +5).
Les entreprises qui envisagent une baisse de leur effectif salarié au cours des trois prochains mois sont beaucoup plus nombreuses à prévoir des licenciements (+10) et des dispositifs de départs volontaires ou négociés (+6), et moins nombreuses à l’expliquer par des départs en retraites ou en fin de CDD non remplacés (-4), ou des fins de contrats saisonniers (-3).
Les questions d’actualité
2 TPE sur 10 et 3 PME sur 10 ont recours à l’assurance-crédit. Lorsqu’elles l’utilisent, elle représente un enjeu important pour ces dernières (20%). Les conditions d’assurance-crédit ont largement été remises en cause récemment. L’accord sur l’assurance-crédit, même s’il est peu connu, est donc jugé très utile.
Près de 80% des chefs d’entreprises interrogés assurent ne pas avoir recours à l’assurance-crédit, avec un recours plus fréquent chez les PME : 71% des PME n’y ont pas recours, contre 79% des TPE.
Parmi les entreprises concernées, l’assurance-crédit est considérée comme un enjeu important (11% des entreprises), et logiquement plus important pour les PME (20%, dont 13% de très important).
Dans le contexte actuel de crise, la moitié des PME y ayant recours ont vu leurs conditions remises en cause par les organismes d’assurance-crédit récemment (47%).
L’accord conclu ce printemps est donc largement perçu comme utile (65%, 74% des PME), même s’il est à ce jour encore peu connu : seuls 51% des PME et 38% des TPE ayant recours à l’assurance-crédit en ont entendu parler.
Les entreprises considèrent avoir un impact limité sur l’environnement. Pour autant, elles ne sont pas indifférentes à la problématique environnementale et mettent en place des actions pour limiter l’impact de leur activité
Les PME et TPE estiment très majoritairement que l’impact de leur activité sur l’environnement est faible (67% des PME et 77% des TPE).
Malgré tout, elles sont réellement proactives dans la prévention de risques sur l’environnement et ont déjà mis en place des actions pour diminuer leur impact environnemental. Les actions les plus répandues sont la prévention ou valorisation des déchets (mise en place par 58% et envisagées par 9%) ; pour les entreprises avec salariés, la sensibilisation des salariés à la protection de l’environnement et à la maîtrise de l’énergie (50% et 18%) ; des mesures de réduction de la consommation d’énergie (46% et 18%).
Ces actions sont plus répandues dans les PME, mais les écarts avec les TPE sont limités.