Retour à la liste des études

Eurobaromètre 71

Envoyer par email

29.10.2009 Étude publiée

Etude réalisée par le réseau TNS Opinion & Social pour le compte de la Commission européenne

Survey Details

L’enquête Eurobaromètre est menée dans les 27 pays membres de l’Union européenne, dans les trois pays candidats (Croatie, Turquie, Ancienne République yougoslave de Macédoine), et dans la Communauté chypriote turque située dans la zone non contrôlée par le gouvernement de la République de Chypre. L'Eurobaromètre 71 a été réalisé en France entre le 12 et le 30 juin 2009 par TNS Sofres auprès d’un échantillon représentatif de 1 038 personnes âgées de 15 ans ou plus.

L’enquête Eurobaromètre est menée dans les 27 pays membres de l’Union européenne, dans les trois pays candidats (Croatie, Turquie, Ancienne République yougoslave de Macédoine), et dans la Communauté chypriote turque située dans la zone non contrôlée par le gouvernement de la République de Chypre.

Les Français et le contexte économique et social

Bien que la crise se soit durablement installée en Europe, les Français restent optimistes quand à leur propre vie et affichent très majoritairement leur satisfaction : 84% d’entre eux se déclarent très satisfaits ou plutôt satisfaits de la vie qu’ils mènent. Cela représente une nette amélioration par rapport à l’automne 2008 (+ 4 points) et reste largement supérieur à la moyenne européenne (77 %, +1 point).

Inversement, dès que l’on aborde le niveau macro-économique, les Français émettent des jugements très négatifs, de manière systématiquement accentuée par rapport à la moyenne européenne :
- la situation de l’économie française : 87 % la jugent plutôt mauvaise ou très mauvaise contre 78 % des Européens pour leur économie nationale ;
- la situation de l’économie européenne : 73 % de jugements négatifs contre 68 % pour la moyenne européenne ;
- la situation de l’économie mondiale : 82 % de jugements négatifs contre 77 % pour la moyenne européenne ;
- la situation de l’emploi en France : c’est sur ce point que les Français émettent les jugements les plus pessimistes avec 94 % d’entre eux qui déclarent que la situation est mauvaise contre 85 % pour la moyenne européenne.

Au total, les Français émettent un jugement très pessimiste aussi bien sur l’évolution de la situation de la France que celle de l’Europe :
- 61 % des Français estiment que les choses vont dans la mauvaise direction en France contre 25 % qui considèrent au contraire que les choses vont dans la bonne direction. Les résultats sont toutefois en légère amélioration par rapport à l’automne 2008 avec une diminution du pessimisme de 5 points ;
- Les Français se montrent un peu moins pessimistes sur l’évolution de la situation européenne avec 51 % d’entre eux qui considèrent que les choses vont plutôt dans la mauvaise direction contre 26 % qui déclarent que les choses vont plutôt dans la bonne direction.
- Le nouvel Eurobaromètre marque le retour du chômage comme premier sujet d'inquiétude avec près des deux tiers des interviewés (62 %) qui le citent comme l’un des principaux problèmes auxquels la France doit faire face actuellement, loin devant la situation économique (35 % de citations), la hausse des prix n’étant plus citée que par un quart des personnes interviewées.

Inversement, à titre personnel, l’inflation reste la première préoccupation des Français même si le niveau est en léger retrait par rapport à l’EB 70 : 47 % de citations contre 58 % à l’automne 2008.
Les Français estiment néanmoins que l’avenir devrait être meilleur avec des perspectives empreintes d’un certain optimisme et meilleur qu’à l’automne 2008 :
- Sur leur vie en général : seuls 12 % des interviewés considèrent que les douze prochains mois pourraient être moins bons tandis que 31 % d’entre eux pensent que cela ira mieux et 55 % qu’il n’y aura pas de changement ;
- Sur la situation économique de la France : l’opinion s’est profondément modifiée au cours des neuf derniers mois avec aujourd’hui 25 % des interviewés qui considèrent que la situation économique va s’améliorer (contre 19 %), 42 % sans changement (contre 23 %) et surtout 29 % seulement qu’elle va se détériorer (contre 53 % à l’automne 2008) ;
- Sur la situation de l’emploi : on observe des évolutions plus limités avec 43 % des interviewés qui considèrent toujours que la situation de l’emploi va s’aggraver (contre 58 % à l’automne 2008) ;
- Enfin, sur la situation économique dans l’Union européenne et dans le monde : les Français anticipent des évolutions légèrement moins bonnes que pour leur propre pays.

Les Français et l’Union européenne

- L’image de l’Union européenne reste relativement stable pour les Français, malgré une légère baisse : 44 % des Français ont une image très positive (4 %, -2 points) ou assez positive (40 %, stable) de l’Union européenne, tandis que 17 % en ont une image très négative (4 %, -1 point) ou assez négative (13 %, -3 points). Enfin, plus d’un Français sur trois en a une image neutre, en hausse de 6 points et à un niveau plus élevé que dans les vagues précédentes.
- Les représentations de l’Europe sont toujours principalement liées à trois grandes dimensions : la liberté de voyager et d’étudier (41 %), la paix (39 %) et l’euro (37 %). Viennent ensuite le gaspillage d’argent (29 %), une voix plus importante dans le monde (28 %) et la diversité culturelle (25 %).
- Les indicateurs d’appartenance et de bénéfices liés à l’Union européenne sont en amélioration :
La moitié des Français considèrent que l’appartenance de la France à l’Union européenne est une bonne chose (+1 par rapport à l’automne 2008), 17 % seulement d’entre eux estiment que c’est une mauvaise chose avec un recul de 4 points et 30 % enfin que c’est une chose ni bonne, ni mauvaise ;
En ce qui concerne les bénéfices de l’appartenance de la France à l’Union européenne, le mouvement est identique avec 54 % des Français qui considèrent que la France a bénéficié de son appartenance à l’Union européenne (en hausse de 3 points), tandis que 34 % estiment le contraire (en baisse de 4 points) et des résultats proches de la moyenne européenne (56 % contre 31 %).

Les institutions régionales, nationales et européennes

La cote de confiance du gouvernement français est très proche du niveau observé à l’automne 2008 : 29 % des Français lui font confiance, 66 % pas confiance.
Dans le même temps, la cote de confiance de l’Union européenne s’est dégradée avec des jugements négatifs aujourd’hui majoritaires : 47 % des interviewés ne lui font pas confiance (+ 2 points par rapport à octobre 2008), 43 % lui font confiance (- 3 points).
On observe un tassement de l’image des institutions communautaires aussi bien du Parlement (de 52 % à 46 %) que de la Banque centrale européenne (de 44 % à 38 %), et même de la Commission européenne (de 45 % à 41 %), conséquences sans doute de la conjugaison des élections européennes et de la crise économique.
La présidence tchèque est relativement peu connue des Français tout comme des Européens dans leur ensemble : respectivement 28 % et 34 % d’entre eux en ont entendu parler.
Les Français se montrent favorables à un renforcement du poids de l’Union européenne et se montrent systématiquement pour un accroissement des prises de décision au niveau européen, notamment sur les dimensions régaliennes mais aussi sur les aspects économiques : lutte contre le chômage, protection des droits sociaux ou encore assurer la croissance économique.

L’Union européenne, le monde, la mondialisation

La perception très négative de la mondialisation, caractéristique française depuis l’introduction de cette question avec une nette majorité qui considère la mondialisation comme une menace, s’est encore renforcée, les tenants d’une vision positive de la mondialisation ne représentant plus que 20 % de la population contre 25 % avant l’été 2007 et le démarrage de la crise.
Les Français, comme les Européens, sont très favorables à la mise en place de règles mondiales qu’ils jugent rendues nécessaires par la mondialisation : 73 %, soit une évolution de +13 points par rapport à avril 2008 vont dans ce sens, en accord en niveau et en évolution avec la moyenne de l’Union européenne.
Les Français considèrent certes que  l’Union européenne est une puissance bien « équipée » dans la compétition économique mondiale : 63 % d’entre eux estiment qu’elle a suffisamment de pouvoir et d’outils pour défendre ses intérêts économiques dans l’économie mondiale, opinion se situant à un niveau assez similaire à celle des Européens dans leur ensemble (66 %). Cependant, cette perception d’une Europe-puissance économique par les Français n’a pas pour corollaire l’image d’une Europe protectrice sur ce domaine, que ce soit à l’égard de la mondialisation ou de la crise.
Au demeurant, la solution pour agir contre la crise semble davantage mondiale qu’européenne : alors que l’Union européenne est citée en premier chez les Européens comme l’acteur qui pourrait agir le plus efficacement contre la crise, (21 % devant le G20, cité par 20 % des Européens), elle n’est citée qu’en quatrième position en France (16 %), derrière le G20 et le FMI.

Les valeurs – les Droits de l’Homme

Un attachement au libéralisme en baisse : Si près des deux tiers des Européens sont d’accord sur le fait que la libre concurrence est la meilleure façon de garantir la prospérité (63 %), seulement 48 % des Français partagent cette opinion, contre 40 % qui pensent le contraire (26 % au niveau européen). L’évolution par rapport à la vague d’avril 2008 est relativement importante en France où 54 % se disaient d’accord et 33 % pas d’accord.
Les Français expriment un surcroît d’attention aux thématiques sociales et environnementales par rapport à la moyenne européenne :
Les Français qui estiment que l’Union européenne n’agit pas assez pour promouvoir et défendre les Droits de l’Homme à travers le monde pensent que l’Union européenne devrait concentrer ses efforts en matière de Droits de l’Homme en priorité sur les droits des enfants (42 %), la lutte contre le trafic d’êtres humains (41 %), la lutte contre le racisme, la xénophobie et la discrimination (36 %) et la liberté d’expression (35 %).

Identité européenne et nationale et immigration

Pour les Français, de même que pour l’ensemble des Européens, l’identité européenne est avant tout représentée par des valeurs démocratiques (47 %), la géographie (36 %) et une histoire commune (26 %).
Les Français, de même que leurs voisins, se sentent d’abord français (« tout à fait » 80 %) et « habitant de leur région » (65 %, -4 points vs mars 2008), et ensuite européen (33 %, + 7 points) ou « citoyen du monde » (35 %, +10 points).
Lorsqu’on interroge les Français sur leurs perceptions quant à l’immigration et aux immigrés, elles sont d’abord positives, et souvent plus positives que la moyenne européenne : les autres groupes ethniques enrichissent la vie culturelle pour 64 % (Europe 54%) ; « Nous avons besoin d’immigrés pour travailler dans certains secteurs de notre économie » pour 61 % (Europe 42 %).

La protection sociale, l’assurance maladie

Les Français se montrent assez pessimistes sur l’évolution de la protection sociale :
- ils sont beaucoup plus nombreux qu’il y a deux ans à anticiper de devoir participer financièrement à la prise en charge médicale de leurs parents ; ils sont moins nombreux qu’en 2007 à penser qu’on leur fournira l’aide et les soins nécessaires s’ils en ont besoin à l’avenir.

Le système de Sécurité sociale reste bien mieux perçu en France que dans la moyenne européenne, même si on mesure un léger recul par rapport à décembre 2006 : 68 % des Français pensent que leur système leur fournit une protection suffisante, alors qu’ils ne sont que 48 % dans ce cas en Europe. 
Les Français ne sont pas plus confiants quant à leur retraite : seuls 27 % disent être « très » ou « plutôt » confiants, contre 39 % en moyenne. Les solutions pour financer le système de retraites évoluent peu par rapport à 2006, et restent dans la moyenne européenne : 25 % des Français qui travaillent sont prêts à travailler et à cotiser plus longtemps (21 % en moyenne), 31 % accepteraient d’augmenter leurs cotisations sociales (30 % en Europe), alors que 14 % accepteraient de toucher moins (12 % en moyenne).
Sur la question de l’emploi, les Français apparaissent plus négatifs que la moyenne des Européens : 65 % pensent qu’il sera « certainement » difficile de trouver un emploi en 2030 même en étant qualifié (contre 54 % en moyenne en Europe), et seuls 20 % pensent que cela ne sera « certainement pas » difficile, les autres ne se prononçant sur la question.

Le futur : l’Union européenne en 2030

Lorsqu’on leur demande globalement comment ils voient  le futur de l’Union européenne, les Français sont plutôt optimistes, mais moins que leurs voisins européens : 57% se déclarent très optimistes (4 %) ou plutôt optimistes (53 %), alors que les Européens sont 64 % (respectivement 9 % et 55 %). Il ressort que :
- la vie des citoyens sera plus difficile (39%) ou équivalente à celle d’aujourd’hui (35%) ;
- plus d’importance sera accordée à l’environnement (48%), la solidarité (43%) mais aussi l’individualisme (41%), au travail (60%) et à l’ordre (45%) ;
- les gens auront moins de temps à consacrer à leur famille (50%) ;
- les avis sont partagés quant à la tolérance à l’égard des minorités ethniques et religieuses : 43% l’imaginent moins grande et 41% plus grande.

mais cette vision est assez décalée par rapport à leurs propres souhaits.

Enfin, les Français sont relativement confiants sur le rôle que jouera l’Union européenne au plan mondial d’ici vingt ans :
- 58 % pensent que l’euro sera une monnaie plus puissante que le dollar ;
- 56 % l’imaginent comme une des plus grandes puissances diplomatiques mondiales ;
- 49 % qu’elle s’étendra bien au-delà des limites du continent européen (Europe 43 %) ;
 Ils se montrent toutefois partagés sur la puissance économique de l’Europe avec 41 % qui considèrent que l’Europe sera une puissance économique secondaire contre 42 % qui estiment le contraire.

Share |

© 1998-2013 Taylor Nelson Sofres, A Kantar Group Company. Tous droits réservés. TNS Sofres, 138 avenue Marx Dormoy, 92129 Montrouge cedex, France