Des Français aussi pessimistes qu'en 2010, mais moins qu'en 2009
Les pronostics des Français pour l'année 2011 testés dans le sondage TNS Sofres pour La Croix et Covéa Finance n'évoluent guère par rapport à l'an passé. L'étude montre en effet que les Français sont toujours aussi pessimistes sur la situation économique du pays.
Ils sont seulement 16% à estimer que la situation de l'économie française au global sera meilleure (-4 pts par rapport à 2010), soit moitié moins que ceux qui pensent qu'elle sera moins bonne (32%, +3 pts). Une nette majorité estime toutefois que la situation en 2011 ne sera « ni meilleure, ni moins bonne » qu'en 2010 (48%, +2 pts).
La tendance est encore plus négative sur des aspects plus spécifiques de la situation économique. Sur la question du chômage et de l'emploi, les Français semblent résignés : ils sont toujours 50% à penser que la situation va s'aggraver (-8%) et 36% à estimer qu'elle va se stabiliser (+9), en accord avec les prévisions de certains organismes économiques (notamment l'OFCE). Sur la question du financement des retraites, les Français restent majoritairement pessimistes (49%, -6 pts) malgré la réforme adoptée au court de l'automne par le gouvernement. On note toutefois une très légère augmentation de ceux qui pensent que les choses vont s'améliorer (8%, +3 pts) ou rester similaires (38%, +4 pts). L'essentiel de cette hausse provient d'ailleurs des sympathisants de l'UMP (14%, +8 pts), mais même au sein de cette population les optimistes sont une frange très marginale.
Enfin, les deux enjeux sur lesquels les Français semblent les plus inquiets sont la situation du système de santé (55% pensent que la situation va se dégrader) et celle du pouvoir d'achat des Français (57%). Dans ces deux cas, la proportion de personnes se déclarant optimistes est très faible (7%).
Les sympathisants UMP sont naturellement plus optimistes que la moyenne, leur confiance envers le gouvernement se traduisant par un plus grand optimisme sur les résultats. Les personnes proches de la majorité sont ainsi 30% à estimer que la situation de l'économie française va s'améliorer (12% à gauche, 13% au FN), 20% à pronostiquer que la situation du chômage et de l'emploi va connaître une embellie (7% à gauche, 6% au FN) ou encore 14% à penser que le pouvoir d'achat des Français va s'améliorer (6% à gauche, 8% au FN).
Si ces chiffres sont supérieurs à la moyenne, on constate qu'ils ne représentent à chaque fois qu'une minorité, parfois très faible, des individus proches de la droite de gouvernement.
L'âge ou le lieu d'habitation sont aussi d'autres facteurs explicatifs de ces résultats. Les plus jeunes (18 à 24 ans) sont généralement plus optimistes que leurs aînés : c'est notamment le cas sur la situation du système de santé (15% estiment qu'elle sera meilleure en 2011 qu'en 2010, contre 7% sur l'ensemble de la population), sur la situation de l'économie française au global (24% contre 16%) ou sur la situation du chômage et de l'emploi (16% contre 10%).
Enfin, on peut aussi noter la forte proportion de personnes ayant des avis pessimistes sur la plupart des aspects évoqués dans les zones rurales : l'écart est presque systématiquement d'une dizaine de points, hormis sur le thème de la situation du système de santé où on ne constate pas de différence significative. On peut penser que cet effet est à relier à celui observé avec l'âge, les personnes âgées comptant pour une plus grande part de la population des zones rurales.