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Baromètre de confiance dans les media

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21.01.2010 Étude publiée

Étude TNS Sofres / Logica réalisée pour La Croix

Survey Details

Étude réalisée par TNS Sofres / Logica en face-à-face pour La Croix, du 4 au 5 janvier 2010, auprès d'un échantillon national de 1000 personnes représentatif de l'ensemble de la population française âgée de 18 ans et plus. Méthode des quotas (sexe, âge, profession du chef de ménage) et stratification par région et catégorie d’agglomération.

Mené depuis 1987, le baromètre de confiance dans les media TNS Sofres/Logica pour La Croix fait notamment le point, un an après la tenue des états généraux de la presse, sur les canaux d’information utilisés par les Français. A l’orée d’une nouvelle décennie, la télévision semble encore avoir de beaux jours devant elle et la radio reste, elle, très prisée par les catégories socioprofessionnelles aisées. Et si les Français prédisent un avenir plus terne à la presse écrite, Internet, encore en retrait sur le terrain de l’information, va sans aucun doute croître rapidement selon eux.

L’intérêt pour l’actualité reste, lui, majoritaire et globalement stable (71%) malgré une suspicion toujours importante sur l’indépendance des journalistes et sur les nouvelles données par les media – la radio restant le media le plus crédible (60 % jugent crédibles les informations qu’elle rapporte), devant la presse écrite (55%), la télévision (48 %) et Internet (35%).

Côté évènements, on retiendra la lassitude des Français devant l’abondance d’informations sur la grippe A (87% jugent qu’on a trop parlé), les ennuis de santé de Johnny Hallyday (87%), la mort de Mickael Jackson (80%) et la main de Thierry Henry (79%).

La place actuelle et future des différents media en tant que source d’information

Interrogés sur les media qu’ils privilégient pour s’informer et sur l’avenir des différents supports, les Français dressent un portrait contrasté d’une situation amenée, selon eux, à évoluer rapidement.

La télévision a encore de beaux jours devant elle
Avec 80% de citations, la télévision constitue le premier canal d’information des Français, largement devant les autres media (48% pour la radio, 37% pour la presse écrite et 23% pour Internet). Elle l’est encore davantage pour les catégories modestes (89% versus 61% chez les cadres), les moins diplômés (91%) et les non internautes (87%). Peu de Français parient en outre sur sa disparition : ils sont au contraire 79% à penser que dans 10 ans on l’utilisera davantage ou autant qu’aujourd’hui pour s’informer contre seulement 17% qui pensent qu’on l’utilisera moins.

La radio, le media d’information privilégié par les catégories aisées
Source d’information privilégiée pour près d’un Français sur deux (48%), la radio est cependant davantage utilisée dans cette fonction par les plus aisés (62% chez les cadres vs 40% chez les ouvriers) et les plus diplômés (53% chez les diplômés de l’enseignement supérieur vs 45% chez les moins diplômés). Elle est d’ailleurs autant utilisée que la télévision par les cadres pour s’informer (62% de citations, à égalité avec la télévision à 61%).

Son avenir n’est pour le moment pas mis en cause par les Français : une majorité (49%) estime qu’elle sera autant utilisée dans 10 ans que maintenant, contre 20% qu’elle le sera davantage et 25% qu’elle le sera moins, les cadres étant là encore les plus ardents défenseurs de ce support (60% pensent qu’elle sera toujours autant utilisée dans 10 ans).

La presse : le pire est-il encore à venir ?
Troisième mode d’information (37% de citations), la presse écrite est surtout prisée par les plus âgés (50% de citations chez les plus de 65 ans) alors que les plus jeunes s’en détournent (21% de citations). Des résultats qui ne sont pas de bon augure pour l’avenir de ce media, déjà en crise. Il faut néanmoins différencier les différents types de presse écrite : alors que les Français sont pessimistes quant à l’avenir de la presse payante (60% estiment qu’on l’utilisera moins dans 10 ans pour s’informer), ils sont partagés sur l’avenir de la presse gratuite (32% pensent qu’on l’utilisera davantage, 30% autant et 28% moins). Notons que les jeunes, pessimistes quant à l’avenir de la presse payante, croient au contraire en l’avenir de la presse gratuite (41% des 18-24 ans pensent qu’on l’utilisera davantage dans 10 ans vs 32% en moyenne).

Ces jeunes qui, justement, constituent aux yeux des Français la principale clé pour sauver la presse écrite : 38% pensent qu’il faudrait en priorité les sensibiliser à sa lecture – une piste déjà explorée avec notamment l’initiative « Mon abonnement gratuit » lancée à l’automne par le Ministère de la Culture. Vient ensuite l’amélioration de la qualité de l’information (27%).

Internet : l’information de demain, mais pas encore d’aujourd’hui
Internet est pour l’heure le dernier canal d’information des Français (23% l’utilisent en priorité pour s’informer) et même des internautes (33%). Un résultat très en-deçà de ce qui est mesuré par les instituts de sondages outre-Atlantique, où il constitue le second canal d’information privilégié (40%) derrière la télévision (70%) et devant les journaux (35%)1. Parmi ceux qui privilégient la toile pour s’informer se trouvent en priorité les jeunes (51% l’utilisent en priorité pour s’informer, Internet étant ainsi la 2nde source d’information des 18-24 ans derrière la télévision) et les hommes (26% vs 20% des femmes).

Pour autant, les choses pourraient bouger rapidement car Internet constitue aux yeux des Français le media qui a le plus d’avenir : 77% d’entre eux pensent qu’on utilisera davantage les sites Internet d’information gratuits dans 10 ans.  Ils ne sont toutefois que 39% à le penser en ce qui concerne les sites d’information payants (vs 19 % qui pensent qu’on les utilisera autant et 25% moins).

La crédibilité des media

Un intérêt stable pour l’actualité
Mesuré depuis 1987, l’intérêt pour les nouvelles données par les media est resté globalement stable. En 2010, 71% des Français disent s’y intéresser mais cet intérêt est peu passionné (57% éprouvent un intérêt « assez grand » pour seulement 14% qui éprouvent un intérêt « très grand » pour l’actualité).

Crédibilité des media : la radio reste en tête alors qu’Internet, en queue de liste, ne cesse de progresser
La hiérarchie des medias les plus crédibles reste également stable : la radio arrive en tête (60% des Français jugent les informations fournies crédibles, +2 par rapport à 2009), suivie des journaux (55%, +3), de la télévision (48 %, stable) et d’Internet (35%, +1). Notons la progression constante de la crédibilité d’Internet en matière d’information (+ 12 points depuis 2005, même progression chez les internautes, où il arrive à égalité avec la télévision avec respectivement 46% et 45% qui jugent leurs informations crédibles).

Ces résultats révèlent donc un certain paradoxe : alors que la télévision est la source principale d’information, elle est jugée moins fiable que la radio et les journaux et sa crédibilité est en baisse tendancielle depuis la création de ce baromètre (65% la jugeaient fiable en 1988 vs 48% aujourd’hui).

Une suspicion toujours forte face à l’intégrité des journalistes
Pour une majorité de Français, l’indépendance des journalistes reste compromise par les pressions de l’argent (60% n’en seraient pas indépendants, un chiffre stable) et surtout par les pressions des partis politiques et du pouvoir (66%, +5 points par rapport à 2009).

Les évènements dont on a trop ou pas assez parlé

Comme chaque année, nous avons demandé aux Français de nous dire, pour quelques grands évènements survenus en 2009, s’ils les avaient jugés surmédiatisés, sous-médiatisés ou médiatisés comme il faut.

En terme de surmédiatisation, quatre évènement arrivent largement en tête du classement : la grippe A (87% disent en avoir trop entendu parler), les ennuis de santé de Johnny Hallyday (87%), le décès de Mickael Jackson (80%) et la main de Thierry Henry (79%).

Notons aussi une forte lassitude vis-à-vis des affaires et polémiques qui ont émaillé l’année telles la candidature de Jean Sarkozy à l’EPAD (62%), les querelles internes au Parti socialiste (60%), l’affaire Roman Polanski (56%) et la cavale de Jean-Pierre Treiber (52%).

On relève enfin une légère lassitude sur des sujets qui devraient continuer à faire la une en 2010 : le port de la burqa (43%), la crise économique (42%) et le débat sur l’identité nationale (41%). Le thème de l’environnement et du réchauffement climatique, entre Copenhague et le sommet de Mexico attendu en 2010, laisse en revanche les Français partagés (31% jugent qu’on en a trop parlé, 35% qu’on en a parlé comme il faut et 31% qu’on en a pas assez parlé).

Les évènements qui au contraire auraient pu être davantage traités sont le sommet de la FAO sur la faim dans le monde (64% jugent qu’on en a pas assez parlé), ainsi que la réforme des collectivités locales (48%), la possible légalisation des mères porteuses (44%) et les états généraux de la presse (40%).

(1) Enquête Pew Research Institute, Décembre 2008

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