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Les médecins et la réforme du système de santé

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24.05.2012 Étude publiée

Etude réalisée pour la Fédération Hospitalière de France

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Étude réalisée online pour La Fédération hospitalière de France du 27 avril au 4 mai 2012, auprès d'un échantillon national de 803 médecins (402 médecins hospitaliers, 201 médecins spécialistes libéraux, 200 médecins généralistes libéraux). 

La vague 2012 du Baromètre Les Français et l’hôpital a permis de mettre en lumière un certain nombre d’enseignements : les Français ont une opinion favorable doublée d’une expérience satisfaisante de l’hôpital public. Malgré cela, ils demeurent inquiets quant à son évolution.

Les projets proposés par la FHF pour y faire face séduisent les Français : 69% se disent intéressés de la possibilité pour les infirmiers d’administrer des actes réguliers et protocolisés, et 90% des Français se disent intéressés (dont 43% très intéressés) par l’idée de créer des maisons médicales gérées par les hôpitaux publics pour lutter contre les déserts médicaux.

Ces niveaux d’intérêt élevés vis-à-vis des solutions proposées par la FHF témoignent de la compréhension des Français d’une nécessaire mutation et de leur ouverture au changement.

Qu’en est-il des médecins, principaux acteurs concernés par ce changement ?

Parallèlement à l’enquête menée auprès du grand public, la FHF a souhaité connaître l’opinion des médecins sur des thèmes relatifs à l’évolution du système de santé en France, et à l’hôpital public en particulier.

L’évolution de l’hôpital public suscite des critiques

Globalement, le corps médical se dit insatisfait de la façon dont évolue l’hôpital public : en moyenne, 72% des médecins interrogés en sont peu ou pas du tout satisfaits. Ce résultat se détériore un peu plus auprès de la principale cible concernée. Ainsi, seuls 18% des médecins hospitaliers se déclarent satisfaits de la façon dont évolue l’hôpital public contre 41% des médecins généraux libéraux et 23% des médecins spécialistes libéraux.

Pour rappel, 45% des Français sont satisfaits de la manière dont évolue l’hôpital public.

Une pause nécessaire dans les réformes

Pour la majorité des médecins hospitaliers (67%), il faut aujourd’hui faire une pause pour réfléchir à de nouvelles réformes (et non les stopper complètement : 8% de citations seulement). Le dernier quart pense quant à lui qu’une nouvelle réforme doit être mise en place rapidement.

L’idée d’un rôle plus important à donner aux associations de patients dans le fonctionnement des hôpitaux publics ne fait pas l’unanimité : moins de la moitié (48%) des médecins hospitaliers sont d’accord avec cette proposition, dont 8% tout à fait d’accord.

Quelles solutions pour l’avenir du système de santé ?

Deux priorités se dégagent parmi les propositions soumises aux médecins : 

Selon eux, les deux prochaines priorités du nouveau Ministre de la Santé devront être la lutte contre les déserts sanitaires (pour 79% des médecins) et la meilleure organisation des relations entre la médecine de ville et l’hôpital (pour 76% d’entre eux).

La réduction des actes médicaux injustifiés, le développement des systèmes d’information et de la télémédecine, puis l’encadrement des dépassements d’honoraires interviennent ensuite (citées respectivement par 55%, 46% et 43% des médecins).

Dans le détail, une hiérarchie assez nette des solutions à mettre en place :

L’encadrement des dépassements d’honoraires de manière identique en ville, en clinique et à l’hôpital est la solution qui remporte le plus de suffrages : 81% des médecins y sont favorables (72% parmi les médecins spécialistes libéraux),

Vient ensuite la création et la gestion des maisons médicales dans les territoires en voie de désertification sanitaire : 77% des médecins y sont favorables (et encore plus parmi les médecins hospitaliers : 85%),

Ainsi que l’exclusion des cliniques privées ne respectant pas les valeurs du service public du financement de l’assurance maladie : 64% des médecins y sont favorables. Cependant, cette proposition est jugée de manière différenciée selon les médecins interrogés : 74% des médecins hospitaliers y sont favorables vs seulement 51% des médecins spécialistes libéraux.

Les autres réformes sont accueillies de manière plus mitigée par les médecins :

- la suppression des dépassements d’honoraires pour les médecins nouvellement installés dans les zones les plus denses médicalement et l’évolution du mode de rémunération des professionnels libéraux vers davantage de paiement au forfait remportent moins de 50% d’opinions favorables (respectivement 47% et 46%).

- enfin, concernant la délégation d'actes à des personnels paramédicaux, sous contrôle médical : 52% des médecins interrogés sont favorables à la délégation de certains actes et examens techniques simples et 45% à la délégation dans le cadre du suivi protocolisé de certaines pathologies en consultation. A noter que les médecins hospitaliers sont plus ouverts à ces propositions avec des taux d’opinion favorable de respectivement 64% et 57%.

Pour rappel, 69% des Français trouvent intéressant de donner la possibilité pour les infirmiers ayant suivi une formation complémentaire d'exécuter des gestes médicaux simples afin de pallier à la diminution du nombre de médecins.

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