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Baromètre du moral économique des Français - vague 2

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15.06.2010 Étude publiée

Etude réalisée pour Publicis Consultants, i-Télé, Le Monde et Europe 1

Survey Details

Enquête réalisée pour Publicis Consultants, i-Télé, Europe 1 et Le Monde les 9-10 juin 2010, en face-à-face au domicile des interviewés auprès d'un échantillon national de 1000 personnes, représentatif de l'ensemble de la population française âgée de 18 ans et plus. Méthode des quotas (sexe, âge, profession du chef de ménage) et stratification par région et catégorie d’agglomération.

Un manque de confiance dans l’avenir de la situation économique qui reste stable à un niveau élevé (78%, +1 point) 

78% des Français ne sont pas confiants dans l’amélioration de la situation économique, soit un point de plus que le mois dernier. Avec 20% de Français au contraire confiants, notre Indice de Confiance Economique se place donc à -58 points (contre -57 en mai).

La confiance des Français par domaine économique reste également globalement stable, à des niveaux aussi très négatifs. On remarquera qu’après l’annonce par l’Insee début juin d’un taux de chômage stable à niveau élevé (9.9%), la confiance dans la situation de l’emploi est en baisse (86% n’ont pas confiance en une amélioration dans ce domaine, +2 points), tout comme celle dans la situation des déficits publics (86%, +2 points). Trois autres domaines inquiètent aussi les Français : le financement des retraites (85% de réponses pessimistes, stable), le pouvoir d’achat (85%, stable) et le niveau des prix (84% ; +1 point).

L’inquiétude reste moins élevée dans les autres domaines : 70% ne croient pas en une amélioration de la situation concernant les effets de la mondialisation (-1 point), 68% concernant le financement du système de santé (-1 point) et 55% concernant la compétitivité des entreprises françaises (+1 point).

62% des Français estiment que l’Euro aggrave les effets de la crise en France

 Interrogés sur l’impact de l’Euro dans le cadre de la crise économique, 62% des Français estiment que l’Euro a tendance à aggraver les effets de la crise contre seulement 28% qui pensent qu’il a tendance à nous protéger de la crise (10% sont sans opinion).

Le constat est le plus sévère chez les catégories populaires (76% des ouvriers et 85% des employés pensent que l’Euro est un facteur aggravant), chez les sympathisants du FN (77%) et chez les sympathisants de gauche (64% ; mais moins chez les Verts (52%) que chez les autres). Les sympathisants UMP sont plus mesurés : 49% estiment que l’Euro aggrave la crise et 46% qu’il nous protège. Seuls les cadres (à 59%) et les individus diplômés de l’enseignement supérieur (48%) estiment dans leur majorité que l’Euro nous protège de cette crise. 

Plusieurs pistes permettent d’expliquer cette mise en accusation de la monnaie unique. Tout d’abord, la permanence dans l’opinion française du pêché originel du passage à l’Euro : l’augmentation des prix (d’ailleurs particulièrement perceptible chez les catégories populaires, sympathisants de gauche, sympathisants FN…), principal responsable de l’euro-scepticisme.

Ensuite, le fait que l’Euro soit le seul sur le banc des accusés, face à des monnaies nationales disparues et donc quelque peu sublimées : difficile de ne pas douter de l’Euro lorsqu’on entend quotidiennement parler de la « chute de l’Euro ». Plus globalement, les craintes vis-à-vis de l’Euro rejoignent celles qui concernent l’Europe, elle-même présentée sous un aspect peu positif depuis plusieurs semaines (problèmes d’entente du couple franco-allemand, difficultés à trouver une solution commune à la crise grecque, peur d’un effet boule de neige de la crise grecque…). L’aide à la Grèce, alors que la France est touchée elle-même par la crise, a enfin pu également renforcer cet euro-scepticisme.

A l’inverse, pourquoi les cadres et les plus diplômés sont-il les premiers défenseurs de l’Euro dans ce contexte de crise ? Généralement plus europhiles que la moyenne, ils ont aussi une meilleure connaissance des mécanismes économiques. Sans doute ont-ils ainsi à l’esprit les difficultés actuelles du Royaume Uni en matière de déficit public (11% du PIB, contre 7.5% en France), contraint de s’auto-soumettre à un plan de rigueur douloureux, et cela sans pouvoir blâmer l’Euro.

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