La préservation de la biodiversité: un combat important aux yeux des Français
79% des Français déclarent avoir entendu parler de la biodiversité, sans toujours savoir ce dont il s’agit précisément : seuls 23% connaissent la signification de ce terme et 56% la connaissent à peu près. Enfin, 21% répondent en outre n’en avoir jamais entendu parler. Cette connaissance s’avère d’ailleurs variable selon sa catégories socioprofessionnelle : quand 90% des catégories aisées ont entendu parler de biodiversité, ils ne sont que 70% chez les catégories plus modestes.
Au niveau régional, l’Aquitaine, la Franche-Comté et le Rhône Alpes s’avèrent être les régions où l’on en a le plus entendu parler (84%, 83% et 83%). A l’inverse, les régions les moins au courant sont la Picardie et le Nord Pas de Calais (66%).
Une fois la biodiversité redéfinie aux interviewés (diversité des organismes vivants, notamment diversité des espèces animales et végétales, et diversité des milieux naturels), la perception du problème que pose son déclin paraît plus globale – voire mondiale – que régionale : 48% des sondés considèrent que la biodiversité est menacée dans leur région, 67% la jugent comme telle au niveau national et 91% au niveau mondial. Les Français semblent penser qu’ils sont moins touchés par le phénomène que le restant de la planète !
Ces scores concernant la situation de la biodiversité en région sont toutefois à détailler au niveau de la région : le diagnostic est ainsi plus sévère en Alsace, en Bretagne et en Provence (60%, 57% et 54% de personnes considérant que la biodiversité y est menacée), quand les Picards, et les Auvergnats ainsi que des Champardennais et des Limousins sont plus positifs (42% et 40%).
La menace pesant sur la biodiversité est quasi unanimement (95%) reconnue comme un problème important et une très large majorité (59%) affirme que c’est là quelque chose de très important. Ceux qui connaissent la signification du terme « biodiversité » sont d’ailleurs plus nombreux à être convaincus de l’importance de sa préservation (69% de « très important »). En outre, le niveau d’instruction structure fortement les résultats : les Français du niveau école primaire sont moins affirmés dans leurs réponses (63%) que ceux qui ont suivi un enseignement supérieur (97%). En somme, stopper ce déclin paraît être une obligation, et les Français montrent qu’ils ont pris conscience des effets des pollutions sur les zones et les populations concernées, ainsi que de la nécessité de préserver l’environnement.
Une actualité connue et dont l’impact est bien identifié
Ainsi, les Français ont largement entendu parler de la réintroduction de l’ours brun dans les Pyrénées (94%) de la promotion d’un tourisme durable (61%), de la pollution des eaux douces par l’agriculture intensive (94%), de la surexploitation du thon rouge en Méditerranée (87%) ou, dans une mesure moindre, de la culture de riz en Camargue (69%). Une notoriété plus affirmée dans les régions concernées et qui conditionnent sans doute les perceptions quant à leur impact.
En termes d’impact, les opinions sont relativement tranchées :
un impact positif sur la biodiversité pour la promotion d’un tourisme durable (76%) ou la réintroduction de l’ours brun (61%)
un impact négatif pour l’exploitation du thon rouge (79%) et l’agriculture intensive ayant pour conséquence la pollution des eaux douces (82%).
L’opinion semble plus indécise sur la culture de riz en Camargue : 43% estiment que cela a un impact positif, face à 28% que cela n’a pas d’impact, et 20% un impact négatif.
Les opinions semblent plus nuancées au sein des territoires concernées : quand en moyenne, les Français sont 18% à estimer que la réintroduction de l’ours brun n’a pas d’impact, en Languedoc Roussillon, ils sont 25% et en Midi Pyrénées, 24%. De même, quand les Français, au niveau national, sont 43% à considérer que la culture du riz en Camargue a un impact positif, ils sont 47% en Provence Alpes Côte d’Azur.
En France comme ailleurs, les Français ont pris conscience que les modifications environnementales mettent en danger la survie des espèces animales et végétales, et que ces menaces portant sur la biodiversité auront des incidences sur leurs modes de vie (consommation, déplacements, rythmes sociaux). C’est pourquoi les attentes de prévention, de protection, de prévoyance et de précaution augmentent.
Comme sur la plupart des sujets, les Français font davantage confiance aux associations et aux collectivités locales pour la préservation de la biodiversité : ils mettent largement en tête les associations (83%) – un constat qui touche toutes les catégories de la population – suivies des communes (69%), des départements et des régions (tous deux à 68%).
Les régions sont inégalement créditées selon les origines régionales des sondés : si 77% des Hauts Normands et 74% des Alsaciens et des Francs-comtois ont confiance dans leur région, les habitants du Centre et du Nord Pas de Calais ne sont que 61% et les habitants du Limousin 59% à manifester leur confiance.