17.06.2014
  |  Télécharger
 

Concilier vie professionnelle et vie privée est indéniablement un enjeu clé de la satisfaction au travail

L'équilibre entre vie privée et vie professionnelle constitue, avec l'intérêt du travail et l'ambiance de travail, les trois ingrédients les plus essentiels pour générer de la satisfaction professionnelle.

Pour 99% des salariés interrogés, il est important que le travail permette d'avoir un bon équilibre vie privée - vie professionnelle pour se sentir bien dans son travail (dont 75% pour lesquels cela est essentiel). Reconnaissance, autonomie et perspectives d'évolutions sont, en comparaison, citées par respectivement 52%, 52% et 49% des salariés.

Et c'est une conception partagée par tous. Quels que soient leur âge, leur sexe, leur configuration familiale, leur catégorie socioprofessionnelle, le secteur d'activité et la taille de leur entreprise... les salariés interrogés s'accordent pour positionner équilibre vie privée - vie professionnelle et intérêt du travail en tête des facteurs de satisfaction professionnelle.

Un équilibre qui reste à atteindre

Si, au premier abord, les salariés jugent relativement aisé de concilier vie professionnelle et vie privée...

76% des salariés interrogés estiment facile de concilier leur vie professionnelle et leur vie privée (15% estiment que cela est « très facile », 61% « assez facile »).

La conciliation est jugée difficile par un quart des salariés (24%). Parmi les salariés travaillant 40h par semaine, ce taux s'élève à 37% et parmi ceux dont les horaires sont atypiques, il atteint 30%.

... dans le détail, la moitié des salariés reconnaît rencontrer de réelles difficultés à gérer le quotidien

Aujourd'hui, 57% des salariés éprouvent des difficultés à accomplir des formalités administratives et 50% à accomplir les tâches ménagères (dont respectivement 16% et 10% qui n'y parviennent tout simplement pas). Dégager du temps pour sa vie sociale apparait complexe également pour une majorité d'entre eux : 51% rencontrent des difficultés à passer du temps avec leurs proches et 48% à s'accorder des sorties.

Un équilibre qui reste à atteindre

Outre la vie quotidienne et la vie sociale, la vie de famille et plus spécifiquement les enfants semblent pâtir de l'équilibre que parviennent à mettre en place les salariés français concernés : 55% des parents estiment qu'il leur est difficile (dont 16% impossible) de s'occuper de leurs enfants comme ils le souhaiteraient et 49% éprouvent des difficultés à passer suffisamment de temps avec leur conjoint.

Quant aux activités associatives, sportives ou artistiques, 27% des salariés s'en disent privés et 36% déclarent avoir des difficultés à y accorder du temps.

In fine, l'équilibre vie professionnelle et vie privée reste un enjeu complexe à gérer pour un tiers des salariés

Un tiers des salariés estime consacrer trop de temps à leur travail (34%). Ils sont plus nombreux encore parmi les salariés travaillant 40h et plus par semaine (51%), les managers (39%) ou encore les salariés soumis à des horaires non classiques (39%). A l'inverse, les salariés en temps partiel sont plus nombreux à estimer avoir trouvé un bon équilibre (72% vs 64%).

De plus, les préoccupations professionnelles, voire le travail à la maison affectent fréquemment 26% des salariés. Ce pourcentage s'élève à 38% parmi les cadres. Inversement, pour 19% des salariés, la vie privée empiète fréquemment sur la vie professionnelle.

Enfin, près d'un salarié sur dix, du fait de sa charge de travail, ne parvient pas à prendre tous ses congés (9%). Une situation nettement plus fréquente parmi les cadres et les salariés qui déclarent travailler 40h ou plus par semaine (19% sur chacune de ces cibles).

Notons que ces observations sont transversales et se retrouvent dans les mêmes mesures quels que soient la taille d'entreprise et le secteur d'activité.

Interrogés sur l'évolution de la qualité de leur équilibre vie professionnelle-vie personnelle, les salariés français sont plus nombreux à rendre compte d'une dégradation (34%) que d'une amélioration (21%). Les cadres, à nouveau, se montrent plus négatifs (39%).

Pour autant, les entreprises semblent peu se mobiliser sur le sujet...

La majorité des salariés estime que peu de choses sont mises en place dans l'entreprise pour faciliter la conciliation entre vie professionnelle et vie privée

Avec une note de 5 sur 10, les salariés manifestent leur scepticisme à l'égard de l'investissement des entreprises sur le sujet.

Cependant ce score médiocre masque quelques disparités. Si plus de la moitié des salariés estiment que leur entreprise fait très peu d'effort (56% attribuent une note comprise entre 0 et 5), 16% attribuent une très bonne note à leur structure (entre 8 et 10). Les moins de trente ans et les managers, notamment, se montrent plus positifs : respectivement 22% et 20%. Une nouvelle fois, ces observations ne semblent pas liées à la taille ou au secteur d'activité des entreprises.

Pour autant, les entreprises semblent peu se mobiliser sur le sujet...

Lorsque mobilisation il y a, les salariés relatent essentiellement un investissement de la part du management de proximité :

Si 49% des salariés estiment que leur supérieur hiérarchique fait des efforts pour les aider à mieux concilier leur vie professionnelle et leur vie privée, seuls 34% estiment que la direction de leur entreprise s'est emparée du sujet.

Effet parallèle ou conséquence de cet état de fait ? Toujours est-il que, pour près de la majorité des salariés (48%) qui constatent que des efforts sont entrepris dans leur structure, les effets des mesures semblent bénéficier essentiellement à certaines catégories de salariés.

Quant à l'Etat et aux acteurs et décideurs locaux, rares sont les salariés qui les identifient comme des contributeurs actifs de l'amélioration de cette conciliation (respectivement 29% et 20% estiment qu'ils aident les salariés à mieux concilier leur vie professionnelle et leur vie privée).

… alors même que les bénéfices d'un bon équilibre entre vie professionnelle et vie privée sont partagés

Près des trois quarts des salariés en sont convaincus, un bon équilibre profite aussi bien aux salariés qu'aux entreprises

71% des salariés interrogés le pensent, et dans des proportions encore plus importantes, les cadres (79%) et les femmes (76%).

Les bénéfices envisagés sont de deux ordres et bénéficient aux salariés comme aux entreprises :

  • une meilleure santé, avec un stress diminué (53%, 1er rang des bénéfices pour les salariés), qui contribue à baisser le taux d'absentéisme (46%, 1er rang des bénéfices pour les entreprises)
  • une efficacité renforcée, ce qui assure pour l'entreprise un gain en productivité et en qualité et pour le salarié la satisfaction de réaliser son travail vite et bien (respectivement 40% et 37%, 2e rang des bénéfices pour les salariés et les entreprises)

Les salariés y voient également un moyen de s'épanouir personnellement (39%, 3e rang des bénéfices pour les salariés) et anticipent une plus grande implication au sein de leurs structures (30%, 3e rang des bénéfices pour les entreprises)

Assouplir l'organisation du travail, la clé pour un meilleur équilibre vie professionnelle - vie privée ?

Les pistes préférées des salariés français pour une meilleure conciliation vie privée – vie professionnelle portent sur les aménagements des horaires et modalités de travail

Pour les salariés, le mot d'ordre est l'aménagement du temps et des modalités de travail. Ils estiment que cela les aide ou les aiderait de pouvoir quitter leur lieu de travail en cas d'impératif (74%), de voir leur charge de travail ou leur rythme aménagé en cas de souci personnel (69%) ou encore de bénéficier d'horaires personnalisés (65%). La prise en compte de l'ensemble des équipes dans l'organisation des horaires de travail est également avancé par 58% des salariés.

Les solutions de conciergerie et de crèche apparaissent secondaires en comparaison à l'instauration d'une plus grande souplesse dans l'organisation du travail (40% et 28% des salariés estiment que cela les aide ou les aiderait).

Les horaires atypiques pourtant mal considérés seraient envisageables pour les trois quarts des salariés

Alors que 68% des salariés estiment que les horaires de travail atypiques (travailler de nuit, tard le soir ou encore très tôt le matin) peuvent avoir des effets négatifs pour la santé, 76% des salariés envisageraient d'y recourir si cela pouvait leur permettre de mieux concilier leur vie professionnelle et leur vie privée.

Étude réalisée online du 9 au 16 avril 2014, pour l'anact auprès d’un échantillon de 1026 salariés actifs occupés, âgés de 18 ans et plusLa représentativité de cet échantillon est assurée par la méthode des quotas : âge, sexe, profession de l’interviewé, secteur d’activité, avec une stratification par région.