29.06.2010
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Notre étude révèle que deux tiers des Français se disent personnellement gênés par le bruit à leur domicile et que près d’un Français sur six a déjà été gêné au point de penser à déménager. Ces nuisances sonores sont de diverses natures et touchent particulièrement les habitants des grandes agglomérations, de même que ceux qui vivent en appartement.

Le bruit : une nuisance pour deux Français sur 3

2 Français sur 3 déclarent être personnellement gênés par le bruit à leur domicile, avec des fréquences diverses : 43% ne le sont que rarement mais 19% souvent et 4% en permanence. Parmi ces Français les plus gênés à leur domicile, on retrouve ceux qui habitent en appartement (5% d’entre eux sont gênés en permanence, 28% souvent) et les habitants des agglomérations de Paris, Lyon et Marseille (11% sont gênés en permanence, 27% souvent). Dans les autres agglomérations de plus de 30 000 habitants, la gêne est également assez forte puisque 28% se déclarent gênés en permanence (2%) ou souvent (26%).

La gêne liée au bruit n’est pas sans conséquences sur le comportement ou l’humeur des Français. Fermer les fenêtres est l’effet le plus direct et le plus fréquent, suivi par le fait de se sentir irritable : ainsi, 44% des Français ont déjà été gênés par le bruit au point de devoir fermer les fenêtres (dont 23% souvent) et 28% au point de se sentir très irritable (12% souvent). Le bruit peut également enclencher un cercle vicieux puisqu’un quart des Français (26%) ont déjà été obligés de monter le son de la télévision ou de la radio à cause du bruit, contribuant ainsi à en faire davantage. Autres conséquences du bruit, aux fréquences relativement similaires : 26% des Français ont déjà été gênés par le bruit au point de ne pas trouver le sommeil ou de ne pas se rendormir (dont 8% souvent), 26% de ne pas pouvoir se concentrer sur leurs activités (dont 8% souvent) et 25% d’être très fatigué (dont 10% souvent). Le fait de devoir interrompre sa conversation à cause du bruit est une situation vécue par 22% des Français, dont 7% souvent. Enfin, conséquences moins fréquentes mais relativement radicales, 15% des Français ont déjà été gênés par le bruit au point de penser à déménager et 14% au point de sortir de chez eux.

Là encore, ce sont les habitants des agglomérations de Paris, Lyon et Marseille qui semblent le plus touchés par les nuisances sonores : 45% doivent souvent fermer les fenêtres à cause du bruit (pour, rappelons-le, 23% de l’ensemble des Français), 25% se sont souvent sentis très irritables ou très fatigués (pour respectivement 12% et 10% de l’ensemble des Français) et 25% ont souvent du mal à se concentrer sur leurs activités (pour 8% en moyenne). Enfin, 20% sont souvent gênés par le bruit au point de penser à déménager (pour 8% en moyenne) ou de devoir sortir de leur logement (pour 4% en moyenne). Des conséquences également fréquentes chez les personnes qui habitent en appartement, de même que, pour certaines d’entre elles, chez les jeunes : devoir fermer les fenêtres (33%), ne pas trouver le sommeil ou ne pas se rendormir (16%) ou encore ne pas pouvoir se concentrer sur ses activités (16%).

Si on compare le bruit à d’autres gênes telles la saleté et la pollution de l’air, sa nuisance s’en trouve toutefois relativisée. Ainsi, interrogés sur ce qui trouble le plus leur qualité de vie, un tiers des Français (34%) répondent la saleté et les déchets, à quasi égalité avec la pollution de l’air (32%). Le bruit n’arrive qu’en troisième et dernière position, cité par 22% des interviewés.

La sensibilité à ces différentes nuisances diffère également selon le lieu et le type d’habitation. Ainsi, les habitants de communes rurales se disent bien plus largement que la moyenne gênés par la saleté et les déchets (45%) quand ceux des agglomérations de plus de 30 000 habitants (hors Paris, Lyon, Marseille) se montrent plus sensibles au bruit que les autres (29%). Dans les trois plus grandes villes françaises, c’est la pollution de l’air qui trouble le plus la qualité de vie des habitants : elle est citée par 40% d’entre eux.

Les transports et en particulier la circulation routière sont considérés comme les principales sources de nuisances sonores

54% des Français estiment que les principales sources de nuisances sonores sont liées aux transports, 21% aux comportements et 9% seulement aux activités industrielles et commerciales. 16% n’ont pas d’opinion sur la question.

Un point de vue très marqué socialement, puisque les catégories sociales aisées citent davantage que la moyenne les transports (63%) et les catégories modestes davantage les comportements (34%). Les personnes qui habitent en appartement (26%), et notamment les locataires de logements sociaux (35%), sont également plus nombreux que la moyenne à estimer que les principales nuisances sonores sont liées aux comportements.

Si les transports constituent la principale source de nuisance sonore selon une majorité de Français, c’est surtout à cause de la circulation routière. Le transport aérien et le transport ferroviaire ne semblent gêner qu’une part bien plus faible de la population : ainsi, parmi les bruits liés aux transports, c’est la circulation routière qui gêne le plus 59% des Français, le transport aérien 14% et le transport ferroviaire 7%. 20% des Français interrogés n’émettent pas d’opinion, certainement parce qu’ils ne se sentent pas vraiment gênés par ce type de bruit.

Le transport aérien gêne davantage les jeunes familles (24%), les habitants de Paris (22%) et des communes de moins de 30 000 habitants (20%) alors que le transport ferroviaire est une nuisance sonore davantage ressentie par les jeunes (13% des 18-24 ans) et les habitants de communes de plus de 30 000 habitants (12%). Il est également intéressant de noter que les personnes résidant dans une maison individuelle sont davantage que la moyenne gênées par le transport aérien (18%) quand les propriétaires d’appartements se disent plus gênés par le transport ferroviaire (14%).

De même, lorsqu’on s’intéresse aux bruits liés aux comportements, ce sont les deux roues qui arrivent largement en tête avec 39% de citations, devant le volume des conversations ou les cris dans le voisinage (9%), les animaux domestiques (9%), le bricolage ou le jardinage (6%), le volume des appareils TV-Hifi des logements voisins (5%) et les déplacements dans l’immeuble (5%).

Dans le détail, la gêne créée par le bruit des deux roues est ressentie avec la même intensité dans toutes les catégories de la population alors que l’on recense des perceptions différentes en ce qui concerne les bruits de voisinage (conversations, cris et déplacements). Ainsi, les personnes vivant en appartement, et en particulier les locataires du secteur social se montrent davantage que les autres gênés par le volume de conversation ou les cris dans le voisinage (14% de ceux qui louent un appartement du secteur social et 12% de ceux qui vivent en appartement), de même que par les déplacements dans l’immeuble (12% des personnes qui habitent en appartement). Ceux-ci sont également considérés comme particulièrement gênants par les personnes qui habitent dans un logement construit entre 1950 et 1970 : 13% d’entre elles disent que c’est le bruit qui les gêne le plus, soit la deuxième source de nuisance après les deux roues (33%). Enfin, les habitants des espaces ruraux isolés se disent plus gênés par les bruits liés au bricolage et au jardinage (11%, pour 6% en moyenne) quand ceux des agglomérations de plus de 30 000 habitants sont plus sensibles que les autres aux bruits liés aux déplacements dans l’immeuble (11% à Paris, Lyon, Marseille et 13% dans les autres pôles urbains, pour rappelons-le, 5% en moyenne).

Enfin, parmi les bruits liés aux activités, ce sont les travaux et chantiers qui gênent le plus les Français (31%), loin devant le dépôt et ramassage des ordures (9%), les activités industrielles ou artisanales (5%), les activités des bars, restaurants, salles de spectacles et discothèques (4%), et le fonctionnement de certains équipements individuels ou collectifs des bâtiments (4%). Parmi les activités qui gênent le moins les Français on retrouve celles liées à l’élevage (2%), les équipements sportifs, scolaires et de loisirs (1%) et enfin, les commerces (1%). A noter que près d’un Français sur 2 ne s’est pas positionné sur la question, ce qui peut laisser penser qu’une grande partie d’entre eux se sent plutôt préservée des bruits liés aux activités.

Les étudiants se montrent particulièrement sensibles aux bruits liés aux travaux et chantiers (56%), de même que les Français qui ont emménagé dans leur logement il y a moins d’un an (43%). Le dépôt et le ramassage des ordures sont toujours positionnés après les travaux dans le classement des bruits liés aux activités les plus gênants mais ils sont plus fréquemment cités par les habitants des pôles urbains de plus de 30 000 habitants (18%) et les personnes habitant en appartement (13%) que par les autres.

Au total, les nuisances sonores qui gênent le plus les Français semblent davantage venir de l’extérieur des habitations que de l’intérieur.

Des nuisances sonores particulièrement dérangeantes en journée et chez soi

La sensibilité au bruit est d’ailleurs plus forte chez soi que sur son lieu de travail ou dans ses déplacements. Le domicile apparaît comme un lieu de refuge où l’on ne veut pas être dérangé, et où l’on se montre donc plus facilement gêné par le bruit… des autres. Ainsi, à la question « trouvez-vous les nuisances sonores plus dérangeantes, à votre domicile, dans vos trajets quotidiens ou sur votre lieu de travail ? », 50% des Français trouvent les nuisances sonores plus gênantes à leur domicile, 16% dans leurs trajets quotidiens et 11% sur leur lieu de travail (23% sont sans opinion). Si l’on considère la population active, les proportions sont sensiblement les mêmes, mais le lieu de travail passe en deuxième position : domicile (47%), lieu de travail (18%) et trajets quotidiens (15%).

Pour un Français sur 2, les bruits sont jugés plus dérangeants en journée que la nuit, quand un Français sur 4 seulement pense l’inverse (le reste n’arrivant pas à se positionner). Les locataires du secteur social se disent plus gênés par le bruit la nuit que la moyenne (34%) mais considèrent quand même en majorité que les bruits en journée sont les plus dérangeants (52%).

Enfin, concernant les caractéristiques des bruits les plus gênants, les Français se montrent plus sensibles aux bruits intenses répétés qu’au bruit de fond permanent, auquel il est certainement plus facile de s’habituer : 50% se disent davantage gênés par les premiers (63% des Parisiens et 57% des personnes vivant en appartement) quand 29% sont au contraire davantage gênés par le bruit de fond et 21% sont sans opinion.

Sondage réalisé les 10 et 11 mai 2010 pour le Ministère de l’Écologie, de l’Énergie, du Développement durable et de la Mer auprès d’un échantillon de 1000 personnes représentatif de l’ensemble de la population âgée de 18 ans et plus, interrogées en face à face à leur domicile.