18.01.2016
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La confiance accordée par les Français et par les salariés aux syndicats tend à s'éroder, tout comme l'efficacité perçue de l'action syndicale. Cette remise en cause trouve ses racines dans une action syndicale perçue comme obsolète : des syndicats jugés trop centrés sur eux-mêmes, trop vindicatifs, finalement pas assez ouverts sur les autres comme sur le monde qui les entoure, et qui exigent un niveau d'engagement trop élevé par rapport à ce que les Français et les salariés sont prêts à concéder.

Cette perception est d'autant plus préjudiciable que les Français et les salariés semblent davantage dans une attente d'ouverture, de souplesse teintée de réalisme, de transparence et de réciprocité – s’inscrivant dans l’ère du collaboratif et du 2.0 –, que dans une attente de syndicats trop fermés, trop encartés, et trop « jusqu'au-boutistes » : un enjeu pour les syndicats de demain de réinventer les formes d’engagements, vers un syndicalisme de service, plus « à la carte », et également un enjeu pour les directions des entreprises, très attendues sur le partage et la transparence.

Au-delà de cette inadéquation de forme entre le dialogue syndical et les attentes des Français et des salariés, émerge une inadéquation sur les sujets de fond dont doivent s’emparer les syndicats : les Français comme les salariés sont avant tout préoccupés par le chômage et le retour à l’emploi, dimensions sur lesquelles le rôle des syndicats n’est que peu perçu. Les Français et les salariés estiment ainsi que les syndicats comprennent finalement mal les réalités économiques comme leurs vrais besoins, ce qui est problématique pour pouvoir les accompagner au mieux.

Enfin, les salariés ont une vision majoritairement positive de la compétitivité, portée avant tout par des notions liées à la performance. Les salariés citent les conditions de travail comme levier majeur de la compétitivité, levier qui semble partagé par les entreprises : une piste potentielle vers plus de réciprocité. Surtout, confiance et réciprocité apparaissent selon eux comme des leviers majeurs de la compétitivité, loin devant l’action syndicale : signe là encore d’un hiatus sur les sujets dont doivent s’emparer les syndicats.

Étude réalisée pour Dialogues selon 2 modes de recueil :

  • online, du 12 au 23 octobre 2015, auprès d'un échantillon de 1010 personnes, représentatif des salariés français, avec la méthode des quotas (sexe, âge, CSP et secteur d'activité)
  • face-à-face à domicile, du 29 octobre au 2 novembre 2015, auprès d'un échantillon de 1035 personnes, représentatif des français âgés de 18 ans et + (dont 501 salariés)