MARKETING BOOK 2003

Back to basics ?

Plusieurs faits majeurs caractérisent l'année 2002 et le début de l'année 2003 dans l'univers des produits de grande consommation :

La saturation progressive des marchés en volume

Elle est évidente sur les marchés alimentaires, mais elle touche également l'univers de l'hygiène-beauté ; seul le secteur de l'entretien est épargné grâce au développement récent de très fortes innovations. Les industriels répondent à cette saturation en optant pour deux stratégies : celle du «consommer plus», plus courante dans l'univers alimentaire et/ou une stratégie de valorisation des produits qui offriront, selon les cas, une meilleure qualité organoleptique, une meilleure praticité ou un meilleur service rendu.

Le consommateur n'est plus prêt à payer le prix fort
lorsqu'il considère que le service qui lui est rendu n'est pas suffisant

C'est ainsi que certains marchés jusqu'alors florissants - et fortement valorisés - fléchissent en 2002.

Relation de cause à effet ?

Le hard discount progresse nettement ; il représente, à fin juin 2002, 11,6% des achats alimentaires en valeur. Au-delà d'un phénomène mécanique d'accroissement de parc, le circuit gagne de nouveaux consommateurs et les garde. Un phénomène qui inquiète les industriels et surtout les grandes enseignes qui, délaissant quelque peu leurs marques de distributeurs dites de quatrième génération, investissent massivement sur leurs gammes premiers prix.

La communication publicitaire reste un levier majeur de développement des ventes

A l'exception du secteur des boissons, les acteurs de l'alimentaire de l'hygiène-beauté, de l'entretien et les distributeurs ont accru leur pression publicitaire de façon significative, de plus de 10% en tarif brut. Cependant, cette pression n'est concentrée chez les industriels que sur les seuls lancements et, chez les distributeurs, sur leurs opérations promotionnelles de plus en plus complexes. Les uns et les autres prennent un risque, celui de nourrir encore une plus grande infidélité des consommateurs.

Tendances d'offres

Santé, plaisir et praticité restent le triptyque de l'innovation produit depuis plusieurs années. Il se confirme encore en 2002 et au début de l'année 2003.

SANTÉ

Après le succès des yaourts aux fruits 0%, 2002 marque l'élargissement de l'offre de produits allégés. Forts de leurs progrès technologiques en termes organoleptiques, les marques repartent à l'assaut des consommateurs : c'est toujours l'univers des produits laitiers qui est le plus actif dans ce domaine avec, en 2002, une offensive de l'ultra-frais (yaourts et desserts frais) et des fromages. Mais d'autres secteurs s'engagent dans cette même voie : les plats cuisinés surgelés (Weight Watchers et Sveltesse), les potages industriels, la charcuterie… Des allégements essentiellement en matières grasses. A noter également des efforts faits sur les teneurs en sel, suivant en cela les recommandations de l'Afssa. Des initiatives qui viennent d’abord des acteurs de la charcuterie. En revanche, rien n'est fait s'agissant des sucres simples - bien au contraire - certaines marques compensant leur réduction en matières grasses par un enrichissement en sucres simples.

Les produits à teneur garantie ou enrichis continuent sur leur lancée avec une opportunité pour les marques de produits laitiers en 2002, l'autorisation à partir d'octobre 2001, d'enrichir les produits en vitamine D. Mais cette offre devrait rapidement se banaliser. Autre ingrédient très «mode», les acides oméga. Après des débuts plutôt difficiles, ils devraient s'imposer. Reste aux consommateurs à «comprendre le concept» : des poules nourries avec des graines de lin qui donnent des oeufs riches en oméga 3 qui, ingérés par le consommateur, peuvent prévenir des risques cardio-vasculaires. La chaîne paraît un peu longue… Derniers ingrédients très tendance qui enrichissent des produits toujours plus nombreux : les fibres, les antioxydants, le ginseng, le thé vert, en attendant ceux venus de l'univers de l'hygiène-beauté comme les isoflavones de soja, le thé blanc, le thé rouge…

Les seuls alicaments «curatifs» du marché alimentaire sont encore circonscrits à l'univers des corps gras sur lequel Pro-Activ (Unilever) et Ilô Saint-Hubert (Védial), des produits anti-cholestérol continuent leur progression.

Le secteur de l'hygiène-beauté investit lui aussi la santé sur deux axes parfois convergents : l'aromathérapie et la médicalisation des produits, le premier étant plutôt réservé aux produits d'hygiène, le second à des segments plus techniques comme les soins du visage (produits anti-âge) et les soins du corps ; ce dernier segment est celui qui progresse le plus fortement en hyper/super, toutes les grandes marques de food proposant de nouvelles références.

Plus encore que le produit, c'est le discours publicitaire des marques qui ancre un peu plus l'alimentation et l'hygiène-beauté dans l'univers de la santé. En 2002, et 2003, pas moins de 427 nouvelles campagnes publicitaires faisaient référence à la santé. Avec deux axes de communication majeurs : le bien-être (la tendance «wellness» est très forte aux Etats-Unis) et… la peur de la mort.

PLAISIR

Comme chaque année, les marques déploient des trésors d'imagination pour aller chercher aux quatre coins du monde l'ingrédient qui va faire rêver le consommateur, qu'il soit dans son bain ou devant son assiette, jusqu’à l'overdose. En menu principal, la diète méditerranéenne et les quatre ingrédients-phares que sont la tomate, le basilic, le thym et l'olive. Impossible de citer des exemples tant les lancements sont nombreux sur cet axe, du savon au melon au papier toilette à l'amande douce !

Le concept «à l'ancienne» reste une valeur sûre en termes de lancements, au vu notamment du succès de l'application de ce concept pour des produits très industriels comme la purée déshydratée ou les chips. Citons, en 2002, des raviolis à l'ancienne chez Panzani, des pâtes ménagères chez Croustipâte, des limonades à l'ancienne, des rillettes (Bordeau Chesnel) ou encore des sardines «préparées» à l'ancienne. Dans l'univers de la beauté, cet axe se traduit par des conditionnements ou des parfums « vintage », les deux marques les plus emblématiques étant Le Petit Marseillais et Persavon, avec des gammes «à l'ancienne» et des parfums «d'antan» (Cologne extra-vieille, lavande, vétiver…).

Troisième axe privilégié par les marques, l'origine qui a le triple avantage d'associer goût qualité et traçabilité. Il est toujours très courant dans l'alimentaire et se développe dans l'hygiène-beauté. Les plus évocateurs : la rose de Jéricho (Origins) et le pavot bleu de l'Himalaya (YSL). Le plus surprenant : la gamme de crème douceur de Dop à la pomme reinette de Normandie ou à l'abricot du Roussillon.

La fun food - ces produits colorés qui font florès aux Etats-Unis, comme le ketchup vert ou les nouilles bleues - n'ont pas encore franchi les linéaires de l'alimentaire. En revanche, les premières «expériences» dans l'univers des boissons - Perrier Fluo et Cactus de Teisseire - semblent avoir les faveurs des adolescents.

PRATICITÉ

La course au gain de temps dans laquelle se sont engagées les marques n'est pas près de s'arrêter. Avec un allié de poids en alimentaire, le micro-ondes présent désormais dans 74% des foyers. De fait, les acteurs de l'appertisé, du surgelé et du traiteur - voire ceux des féculents - se retrouvent sur la même ligne de départ. Impératif : tout plat doit être prêt en moins de dix minutes. Champion toutes catégories de la rapidité : un riz qui cuit en une minute (Perliz) qui bat sur la ligne les riz d'Uncle Ben’s (deux minutes). En hygiène-beauté, la course à la rapidité a été gagnée haut la main par Capture R60/80 de Dior qui promet de réduire les rides en une heure !

En alimentaire, les industriels cherchent également à concilier la qualité et la praticité. Deux exemples, celui des sauces chaudes avec le fort développement des sauces «duos», l'un des plus beaux succès de l'année et celui des légumes surgelés cuits à la vapeur ; ce qui démontre que l'innovation peut dynamiser des segments fortement concurrencés par des solutions plus «modernes», comme le plat préparé ou le rayon traiteur. En hygiène-beauté, les industriels se sont plutôt attachés à développer de nouvelles textures, de nouvelles formes galéniques, toujours plus onctueuses, qui veulent associer efficacité et plaisir d'usage. Mais bien sûr, le plus beau symbole de la praticité est celui des lingettes qui ont envahi l'univers de la beauté et surtout de l'entretien. Un succès qui ne se dément pas.


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Babette Leforestier
TNS Media Intelligence
Tél : 33 (0)1 30 74 80 94
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