09.12.2014
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Les patrons, aux premiers rangs des mécènes

Près des trois quarts des chefs d'entreprises et cadres dirigeants sont mécènes à titre personnel. C'est ce que révèle le premier Baromètre du mécénat des entrepreneurs, publié ce matin par Admical, l'organisme qui développe le mécénat en France. Un engagement qui se conçoit tant par le don d'argent que par l'implication personnelle auprès d'organismes d'intérêt général, pour lesquels ils mettent à profit leurs compétences professionnelles. Admical dévoilait également ce matin la nouvelle Charte du mécénat, outil de référence sur l'éthique du mécénat qui comporte déjà plus de 250 signataires.

Un taux de mécénat exceptionnel et durable chez les entrepreneurs

73% des chefs d'entreprises et cadres dirigeants sont mécènes à titre personnel. Dans le détail : 56% des entrepreneurs s'engagent par des dons d'argent, avec un don moyen situé autour de 900 euros, et 54% mènent des actions de soutien à des projets d'intérêt général (conseil, levée de fonds, lobbying...). A noter : ils sont 37% à faire les deux. Certains vont jusqu'à créer ou participer à la création de structures d'intérêt général, associations ou fondations (17%). Ces engagements, qui augmentent en fonction de l'âge et des revenus, concernent environ 300 000 entrepreneurs en France, pour un budget global de 200 millions d'euros annuels. Cette forte implication dans l'intérêt général est stable dans la durée : 86% des mécènes par le don, et 79% des mécènes par l'action ont l'intention de continuer.

Des mécènes « professionnels »

Les entrepreneurs activent réflexes entrepreneuriaux et acquis professionnels dans leur mécénat, aussi bien dans les types d'aide apportés (notamment : activation du réseau, conseils, travail d'influence, participation à des instances de direction) que dans les exigences à l'égard des porteurs de projets (fixation d'objectifs, mesures de suivi et d'évaluation à 53% chez les plus impliqués). Le dispositif fiscal qui permet aux particuliers de déduire une partie de leurs dons de leur impôt sur le revenu ou de leur ISF est connu par presque tous les entrepreneurs donateurs, et utilisé par 78% d'entre eux.

Le mécénat peut aussi imprégner leurs pratiques professionnelles et leurs investissements : plus de la moitié des mécènes à titre personnel font état de politiques de mécénat dans leur entreprise dans les deux dernières années, 12% des entrepreneurs intègrent des critères extra-financiers dans leurs investissements et 6% investissent dans des entreprises solidaires.

Ce qui les attire : du local, du solidaire, faire bouger les choses

Les domaines soutenus en priorité par les entrepreneurs mécènes sont la santé (citée par 44% des mécènes), le social (42%) et la solidarité internationale (38%). Ensuite, la culture (24%), le sport (21%) et l'éducation (20%). Enfin, l'environnement (12%), la recherche scientifique et l'enseignement supérieur (12%). Leurs motivations sont notamment l'envie d'être utiles, de transmettre des valeurs, et de rendre à la société ce qu'elle leur a donné. Ils aiment à "sentir qu'ils font bouger des choses" du fait de leur contribution personnelle, c'est pourquoi ils sont davantage attirés par des opérations dans lesquelles leur contribution participe dans une proportion non négligeable au projet, et par les initiatives locales. Enfin, les plus impliqués d'entre eux engagent dans leur démarche de mécénat leur cercle familial, amical et professionnel.

La Charte du mécénat, un outil pour tous les acteurs du secteur

Admical publiait également ce matin la nouvelle version de la Charte du mécénat, mise à jour suite à une consultation publique de tous les acteurs du secteur. Ce document qui comporte plus de 250 signataires permet aux professionnels de bénéficier d'un texte de référence sur le mécénat et son éthique, qu'ils peuvent annexer à leurs conventions (contrats) de mécénat.

Étude réalisée par téléphone, du 3 au 24 juillet 2014, pour Admical auprès d'un échantillon représentatif de 300 chefs d'entreprise et cadres dirigeants, représentatifs des cadres en entreprises françaises de 10 salariés et plus (selon les critères de taille et de secteur). Actifs et retraités.