05.12.2013
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Alors que les Français affichent un pessimisme marqué et en forte progression – 83% pensent que les choses ont tendance à aller plus mal en France, en hausse 8 points par rapport à septembre 2013 – le couple exécutif peine à les rassurer dans un contexte économique et social toujours dégradé. Les nombreux plans sociaux et des mouvements très médiatisés de contestation de la politique économique du Gouvernement jouent à plein à cet égard. Si la cote de popularité du Président reste stable, celle de son Premier Ministre, qui s’est plus exposé sur le thème de la fiscalité, s’érode encore pour atteindre un des niveaux les plus bas depuis 1981 pour un locataire de Matignon.

La plus forte défiance à l’égard du Premier Ministre depuis sa nomination

La dégradation de la confiance à l’égard du Premier Ministre se lit à l’aune de la colère qui semble traverser le pays vis-à-vis de la politique fiscale du Gouvernement. En effet, Jean-Marc Ayrault, en montant en première ligne sur ce sujet avec l’annonce de la réforme fiscale, s’est particulièrement exposé et semble cristalliser le mécontentement des Français. Ils ne sont plus que 18% à lui faire confiance (-4 points par rapport à novembre), quand 75% (+3) ne lui font pas confiance, dont 48% qui ne lui font pas confiance du tout (+3 points). C’est le plus fort niveau de défiance à l’égard du Premier Ministre depuis son arrivée à Matignon et la première fois également que la défiance à son égard est majoritaire chez les sympathisants socialistes (50% ne lui font pas confiance, +8, 47% lui font confiance, -9). Chez les Français les plus fragiles, cette défiance s’exprime avec une acuité particulière : 53% des ouvriers (+10) ne lui font pas du tout confiance, tout comme 60% des Français aux revenus les plus modestes (+16).

Un niveau de défiance comparable pour un Premier Ministre n’a été mesuré qu’une seule fois : 17% de confiance pour Dominique de Villepin en juillet 2006, après la crise du Contrat Première Embauche et l’affaire Clearstream.

Le Premier Ministre semble être le seul exposé à ce mécontentement. En effet, les cotes d’avenir des autres membres du Gouvernement restent stables ou sont en progression. Manuel Valls reste un point d’ancrage très solide, toujours en tête des cotes d’avenir des personnalités politiques (44% souhaitent lui voir jouer un rôle plus important au cours des mois et années à venir). Christiane Taubira voit sa cote d’avenir augmenter (28%, +5), grâce au soutien des sympathisants de gauche : une forme de solidarité à son égard suite aux attaques dont elle est la cible.

Un Président toujours impopulaire, mais plus épargné que son Premier Ministre

Plus visible à l’international et relativement moins exposé que son Premier Ministre sur la scène hexagonale, François Hollande reste au plus fort niveau de défiance atteint par un Président de la République depuis 1981 après 19 mois d’exercice (76% qui ne lui font pas confiance, contre 21% qui lui font confiance, niveaux égaux à ceux de novembre). S’il reste difficile pour lui d’inspirer davantage de confiance aux Français, sa posture plus présidentielle l’épargne un peu plus que son Premier Ministre. 

Dans un contexte de fort pessimisme et d’incertitudes, les cotes « valeurs sûres » progressent

L’évolution des cotes d’avenir de personnalités d’expérience témoigne du besoin de repères et d’assurance des Français face à la situation actuelle. Celle de Nicolas Sarkozy, deuxième personnalité du classement, augmente de 5 points (38%). Il semble bénéficier des interrogations qui planent sur son retour en politique comme « recours ». Alain Juppé (33%, +2), Martine Aubry (31%, +2), Christine Lagarde (30%, +3), François Bayrou (30%, +3) suivent également cette dynamique.
En revanche, les partis politiques, notamment ceux de gauche, pâtissent d’une très faible image. Avec un discrédit accru des partis de gauche (30% ont une bonne opinion du PS, -4, 32% d’EELV, -6, qui paie certainement ses divisions internes), l’UMP apparaît - relativement - en moins mauvaise posture (33% de bonnes opinions, +1). C’est la première fois que sur l’ensemble des partis testés, aucun ne dépasse 35% de bonne opinion.

 

Enquête réalisée du 28 novembre au 2 décembre 2013 pour Le Figaro Magazine, auprès d’un échantillon de 1 000 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, interrogées en face-à-face à leur domicile. Méthode des quotas (sexe, âge, profession de la personne de référence) et stratification par région et catégorie d’agglomération.