06.03.2014
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Records d’impopularité pour l’exécutif

La dernière vague de notre baromètre politique TNS Sofres-Sopra Group pour le Figaro Magazine confirme que le couple exécutif aborde les élections municipales de la fin du mois extrêmement affaibli.

Seulement 17% des Français font en effet aujourd’hui confiance à François Hollande pour résoudre les problèmes qui se posent en France actuellement. Il s’agit du niveau le plus bas enregistré par François Hollande, qui perd 2 points par rapport au mois dernier et 5 points depuis le début de l’année. Seul Jacques Chirac avait déjà enregistré un plus fort niveau de défiance (16%), mais c’était en 2006 soit un an avant la fin de son deuxième mandat.

Le Président paraît souffrir à la fois de ce qui est apparu comme un nouveau recul du Gouvernement sur la loi Famille, mais aussi de l’aggravation du chômage. Par ailleurs, alors que le mois dernier François Hollande enregistrait des reculs à gauche et progressait au centre, on observe ce mois-ci un recul parmi les centristes – signe d’une certaine déception à l’égard de la difficile concrétisation du Pacte de responsabilité annoncé au début de l’année.

Le Premier ministre enregistre un recul de sa confiance plus net encore : 16% des Français lui font confiance (-4 points). Il s’agit là aussi d’un record puisque jusqu’ici le niveau le plus bas enregistré par notre baromètre était de 17% (par Dominique de Villepin en 2006).

Le recul de confiance à l’égard de Jean-Marc Ayrault est particulièrement net auprès des sympathisants Europe-Ecologie Les Verts (-16 points à 22%) : le Première ministre et ancien maire de Nantes souffre très certainement auprès de cet électorat de sa réaction après les manifestations contre l’aéroport de Notre-Dame des Landes à la fin du mois de février.

Progression de la cote d’avenir de certains responsables socialistes

Dans ce contexte, Manuel Valls conserve la tête de notre classement des personnalités politiques : 38% des Français souhaitent lui voir jouer un rôle à l’avenir, en recul toutefois de 2 points par rapport au mois dernier. Il est suivi par Nicolas Sarkozy (36%, en baisse assez nette : -4 points) et Alain Juppé (36% également mais en progrès de 2 points).

Certaines personnalités de gauche – premiers ministrables ou dont l’entrée au Gouvernement est évoqué en cas de remaniement – voient leur cote d’avenir progresser : c’est le cas de Martine Aubry (+3 points à 33%), de Bertrand Delanoë (+2 points à 28%) et de Laurent Fabius (25%, +4).

A droite, Bruno Lemaire progresse assez nettement (+4 points à 17%) tandis que Jean-François Copé, mis en cause dans le financement de la campagne présidentielle de l’UMP, recule de 2 points à 17%.

L’UMP ne paraît pas profiter de la défiance à l’égard de l’exécutif

A trois semaines de l’élection municipale, la situation pourrait donc apparaître comme très favorable à l’UMP, qui pourrait profiter ainsi du vote sanction à l’égard du Gouvernement. Toutefois, l’opinion des Français à l’égard des partis politiques montre que l’UMP ne paraît profiter que modérément de la défiance à l’égard de l’exécutif.

Si 29% des Français ont une bonne opinion du Parti socialiste, ce n’est le cas que de 31% d’entre eux concernant l’UMP. L’écart de perception entre ces deux partis est donc faible alors qu’il était plus net en mars 2008 (40% de bonnes opinions pour le PS et 35% pour l’UMP), avant des élections qui avaient été très favorables à la gauche.

Il y a donc tout lieu de croire que les candidats vont chercher à localiser autant que possible les enjeux des élections, la conjoncture nationale n’étant favorable ni à un camp ni à l’autre.

Étude TNS Sofres / Sopra Group réalisée du 27 février au 3 mars 2014, pour Le Figaro Magazine, auprès d'un échantillon de 1000 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, interrogées en face-à-face à leur domicile. Méthode des quotas (sexe, âge, profession de la personne de référence) et stratification par région et catégorie d'agglomération.