06.06.2016
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Alors que le Royaume-Uni reste à la fois partagé et hésitant à un peu plus de deux semaines du scrutin, les autres pays européens, Allemagne (79%) et Irlande (70%) en tête, expriment nettement leur souhait de voir le Royaume-Uni rester au sein de l'Union. Ce sentiment a même progressé sensiblement  en France (+6) et en Pologne (+10) par rapport au mois d'avril dernier.

Les Européens et le Brexit : décalage de phase ?

A rebours dernières tendances qui font la part moins belle (voire minoritaire) au "Remain", la plupart des Européens, Britanniques compris, pronostiquent souvent assez largement une issue en faveur d'un maintien du Royaume-Uni au sein de l'Union. Les Français ont abandonné leur scepticisme d'avril pour basculer vers un pronostic favorable au maintien de l'Union en l'état (57%, +9), les Allemands amplifient cette tendance (59%, +12%) où se retrouvent les Polonais, les Finlandais, les Danois et les Luxembourgeois. Deux pays se dégagent toutefois de cette tendance : Les Pays-Bas (38% contre 39%) et la République Tchèque (43% contre 44%) voient leurs populations se partager à parts égales lorsqu'il s'agit de pronostiquer un résultat.

Pas un des pays interrogés ne doute qu'en cas de sortie du Royaume-Uni les conséquences négatives sur la situation économique de l'Union l'emporteraient sur les conséquences positives. Il faut toutefois noter la part souvent très importante d'interviewés qui estiment que cela ne changerait rien (50% en Allemagne, 43% en République Tchèque) ou ne peuvent simplement pas se prononcer sur la question. En dehors de l'Irlande, la somme de ces indifférents et sceptiques frôle ou dépasse les 50% des personnes interrogées.

Cette tendance est encore plus nette lorsqu'on interroge certains pays sur la question du fonctionnement général de l'Union européenne en cas de "Brexit".

En dehors des Pays-Bas sans doute encore marqués par le référendum récent sur l'accord d'association entre l'Ukraine et l'Union européenne (pour mémoire le "non", porté par les eurosceptiques, l'avait largement emporté), les citoyens des pays interrogés ne semblent aujourd'hui pas favorables à la tenue d'un référendum similaire à celui qui aura lieu le 23 juin prochain au Royaume-Uni. Le rejet d'une telle hypothèse concerne 64% des Polonais, 61% des Irlandais, 53% des Danois et 50% des Finlandais (contre 31%). Aux Pays-Bas, 38% y seraient favorables, 28% opposés et 34% ne se prononcent pas.

Et dans l'hypothèse où un tel référendum était effectivement organisé, la maintien au sein de l'Union recueille à ce jour la majorité des intentions exprimées aux Pays-Bas comme au Danemark, éloignant, pour l'instant et pour ces pays, un éventuel "effet domino".

Étude réalisée par TNS du 19 mai au 2 juin 2016. Des échantillons d’environ 1000 personnes âgées de 18 ans et plus ont été interrogées par téléphone ou par internet :

PaysDateEchantillon national représentatif Méthode
Royaume-Uni19-23 mai1213 adultes agés de 18 ans et +Online
Pologne30 mai1000 adultes agés de 18 ans et +Téléphone
France26-31 mai1016 adultes agés de 18 ans et +Online
Allemagne30-31 mai1006 adultes agés de 18 ans et +Téléphone
Danemark25-30 mai1091 adultes agés de 18 ans et +Online
Finlande20-25 mai1023 adultes agés de 18 ans et +Online
Rép. Tchèque21-27 mai1200 adultes agés de 18 ans et +Téléphone
Luxembourg27-31 mai868 adultes agés de 18 ans et +Online
Pays-Bas27-31 mai981 adultes agés de 18 ans et +Online
Irlande16 mai-2 juin967 adultes agés de 18 ans et +Face-à-face