27.05.2010
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Une conscience partielle des enjeux de la vie privée sur Internet ?

Inquiets des usages qui peuvent être faits des informations qu’ils publient sur Internet et maîtrisant de manière incomplète les outils qui sont à leur disposition, les Français semblent adopter une stratégie de réduction des risques ex ante. En d’autres termes, plutôt que de contrôler a posteriori l’usage qui peut être fait des informations personnelles, ils choisissent de moins en diffuser

Mais le choix de ce qu’on diffuse ou ce qu’on ne diffuse pas semble s’opérer sur des critères de perception fondés sur les risques les plus médiatisés (stalking, détournement d’identité numérique par exemple). Le nom de famille, l’adresse et le numéro de téléphone sont ainsi particulièrement en retrait en termes de diffusion online.

En revanche, les Français sont nettement moins réticents à publier des données personnelles qui peuvent être utilisées commercialement (dans une optique de ciblage publicitaire par exemple) comme l’âge ou les goûts culturels.

Les internautes censés être les plus avertis sont-ils également le moins au fait de certains risques associés ou ceux qui s’en soucient le moins ?

A grands traits, ceux qui diffusent le plus facilement leurs informations online sont de jeunes hommes cadres très connectés. Or ce public est aussi celui qui se montre le moins inquiet vis-à-vis de l’exploitation de ses données, et qui a la meilleure maîtrise des outils à sa disposition. Tout se passe donc comme si les internautes censés être les plus avertis étaient aussi ceux qui sont le moins au fait de certains risques associés (fichage commercial), ou ceux qui s’en soucient le moins. En revanche, ils restent relativement conservateurs quant à leurs coordonnées physiques, dont les risques associés sont plus connus et médiatisés

L’utilisation commerciale ou frauduleuse qui peut être faite des données personnelles est-elle encore trop abstraite pour se traduire par une inquiétude et une réponse concrètes ?

Conclusion

À l’heure actuelle, les Français se disent majoritairement inquiets de l’usage qui peut être fait des informations qu’ils laissent sur Internet par les pirates, les entreprises, les pouvoirs publics ou simplement des inconnus.
Pour autant, il ne cherchent pas particulièrement à s’en prémunir de façon active : peu cherchent à retrouver leurs traces sur Internet ou à éviter d’en laisser, en utilisant un mode de navigation privé par exemple. Au contraire, la solution qu’ils semblent adopter est passive : ils diffusent moins leurs informations sur Internet que dans la vraie vie (qui offre possibilités de reproduction bien moindres)

Ce constat doit évidemment être modulé : en ligne, les jeunes, les cadres et les plus connectés, sont ceux qui publient leurs informations le plus facilement. Certes ces derniers semblent mieux maîtriser ce qu’ils publient. Plus ouverts, mais tenant fermement les manettes de leur image en ligne.
Mais l’application partielle de cette maîtrise (on donne moins facilement son adresse que ses goûts culturels par exemple) peut témoigner d’une compréhension partielle des enjeux de la vie privée sur Internet - tandis que ceux qui ne maîtrisent pas les outils peuvent en revanche potentiellement tomber dans tous les écueils, les exhibitionnistes insouciants notamment. Et que certains, inintéressés et/ou dépassés par ces enjeux, évitent autant que faire se peut de publier des informations les concernant.

Enquête réalisée du 26 au 30 avril 2010 pour Microsoft par téléphone auprès d’un échantillon national de 1 200 personnes composé de 1000 Français de 18 ans et plus et de 200 Français de 15 – 17 ans.
Chaque catégorie a été remise à son poids réel dans la population afin d’obtenir un échantillon de 1200 personnes représentatif de la population française âgée de 15 ans et plus.

Méthode des quotas : sexe, âge, profession du chef de ménage, et stratification par région et catégorie d’agglomération