10.07.2006
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La 65e vague de « l'Eurobaromètre - L'opinion publique dans l'Union européenne » a été réalisée dans 30 pays d'Europe par TNS Opinion & Social pour le compte de la Commission européenne, et conduite en France par TNS Sofres, du 30 mars au 24 avril 2006.

Le moral des Européens s'améliore dans un contexte économique plutôt favorable

Le contexte économique du printemps 2006 apparaît globalement plus favorable que celui de l'automne 2005. Si seulement 21% des citoyens Européens estiment que la situation économique dans leur pays va s'améliorer dans les prochains mois, la proportion d'Européens qui pronostiquent une dégradation de la situation baisse de 4 points pour atteindre 35%.

L'embellie est particulièrement sensible en France où tous les indicateurs de satisfaction (situation économique, vie personnelle, situation financière personnelle) progressent de 2 à 4 points. Ces bons résultats interviennent sur fond de fin de crise du CPE (retrait du projet le 10 avril) et de résultats encourageants dans la lutte contre le chômage.

L'embellie profite aussi à l'Union Européenne et à ses institutions

L'impact des événements de l'année passée (non au référendum sur le Traité Européen en France et aux Pays-Bas, conflits autour du budget européen), semble s'être amoindri dans l'opinion. Une courte majorité des Européens ont une image positive de l'Union Européenne (50%, soit 6 points de plus qu'à l'automne 2005). Le soutien à l'appartenance à l'UE atteint 55%, en hausse de 5 points, et le bénéfice de l'appartenance est à présent perçu par 54% des citoyens européens (+2 points).

De même, les indicateurs de confiance envers les diverses institutions européennes progressent : plus 3 points pour la confiance en l'UE (48%), plus 1 point pour le Parlement ainsi que la Commission Européenne.

Auprès des Français, l'image de l'Union Européenne progresse et retrouve un niveau proche de celui du printemps 2005 (48% soit +3 points). Cependant, le sentiment vis-à-vis des institutions n'évolue guère, les Français n'étant pratiquement ni plus nombreux, ni moins nombreux à accorder leur confiance au Parlement et à la Commission.

En revanche, l'opposition à l'élargissement progresse toujours

Les Européens semblent de plus en plus partagés sur la question de l'élargissement de l'Union : 45% y sont favorables, soit une perte de 4 points, tandis que 42% y sont à présent opposés (en hausse de 3 points). Ce mouvement, déjà constaté depuis plusieurs vagues, se poursuit donc.

Parmi les plus forts opposants, on retrouve la France, ainsi que l'Autriche, le Luxembourg et l'Allemagne. La baisse de soutien la plus spectaculaire a toutefois lieu en Grèce (de 74% à 56%). Ce mouvement brusque de l'opinion (chute de 18 points en six mois) s'explique par le débat sur l'adhésion de la Turquie et les répercussions du dossier chypriote dans l'opinion grecque.

Les Français paraissent très peu satisfaits du fonctionnement de la démocratie dans l'Union Européenne et en France

Alors même que le niveau de satisfaction à l'égard du fonctionnement démocratique de l'Union Européenne est au plus haut depuis dix ans (50% des citoyens européens se déclarent satisfaits), il plafonne à 40% dans l'opinion française, qui se retrouve au 23e rang sur les 25 membres que compte l'Union, devant le Royaume-Uni et le Portugal.

Plus encore, les Français se montrent très critiques du fonctionnement de la démocratie dans leur propre pays, puisque seuls 45% d'entre eux se déclarent satisfaits. Ce faible taux de satisfaction classe la France en 19e position sur les 25 Etats membres, loin derrière les autres grandes démocraties européennes (Italie, Allemagne, Royaume-Uni ou Espagne). Seuls les citoyens du Portugal et de cinq des anciens pays de l'Est nouvellement entrés dans l'Union (les républiques baltes, la Pologne et la Slovaquie) expriment un niveau de satisfaction inférieur quant au fonctionnement de la démocratie dans leur propre pays.

La Commission européenne a confié la réalisation de l'Eurobaromètre au réseau TNS Opinion & Social pour une durée de 4 ans. Existant depuis plus de 30 ans, il s'agit du plus gros contrat d'étude du secteur des enquêtes d'opinion. TNS Opinion & Social mesure ainsi l'opinion des Européens sur une variété de thèmes, touchant aussi bien l'Union européenne que des sujets socio-économiques.