17.11.2011
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Si elles sont aujourd’hui très majoritairement satisfaites des prestations versées par la CAF, les familles ont aujourd’hui des besoins nouveaux qui appellent des réponses de la part des pouvoirs publics. Violence, drogue, alcool, dangers liés à Internet, les parents, parfois désorientés et démunis ne savent pas où s’adresser et connaissent peu les services qui leur sont dédiés. Le Secrétariat d’Etat chargé de la famille s’est interrogé sur les attentes et les besoins des parents avant de lancer une politique nationale de soutien à la parentalité.

La parentalité vécue comme un rôle difficile à jouer

Pour 56% des répondants, la parentalité est vécue comme un rôle difficile à jouer, et ce, surtout dans les foyers les plus modestes, pour les femmes et pour les parents célibataires : les moins aisés sont en effet 25% à juger l’exercice de ce rôle très difficile (pour seulement 13% dans l’ensemble de la population). De même, les femmes font davantage part de leurs difficultés que les hommes (le rôle est jugé difficile pour 66% d’entre elles et « seulement » 44% d’entre eux), ainsi que les parents élevant seuls leurs enfants (72%).
On note par ailleurs que le sentiment de difficulté tend à s’accroître avec l’âge des enfants : si seulement 8% des parents d’enfants de moins de 3 ans jugent leur rôle de parents très difficile, ils sont 17% chez les parents d’adolescents de 16 à 18 ans.

Violence, consommation de drogues et dangers liés à Internet : des sujets de forte inquiétude

Dans le détail, invités à évaluer leur niveau d’inquiétude face à un certain nombre de difficultés pouvant toucher leurs enfants, les parents se révèlent largement et majoritairement inquiets. Une inquiétude pour laquelle il est possible d’établir une hiérarchie.
Ainsi, les actes de violence que peuvent subir les enfants constituent la difficulté la plus inquiétante (61% de parents se déclarant très inquiets) et ceci de façon très marquée auprès des classes les plus modestes (68% sont très inquiets et 95% plutôt ou très inquiets). Viennent ensuite la consommation de drogues (59% de parents très inquiets), la pratique de jeux dangereux (57%) et l’exposition aux dangers liés à Internet (54%).

La crispation est un peu moins forte autour des consommations d’alcool et de tabac (respectivement 48% et 35% de parents très inquiets) mais comme pour les difficultés liées à la sexualité – les rapports non protégés (47%), l’hypersexualisation des petites filles (32%) - ce sont les parents les moins diplômés qui se montrent les plus inquiets.

Enfin, le temps passé devant l’ordinateur et les difficultés comportementales telles que l’hyperactivité, la précocité ou les troubles du comportement alimentaires inquiètent relativement moins les parents, mais sont cependant d’autant plus présents que les enfants sont âgés.  

Un besoin d’information et d’aide concrète pour une part non négligeable des parents

Face aux difficultés qu’ils pourraient connaître, près de 7 parents sur 10 estiment normal d’avoir recours à une aide extérieure à la famille. Dès lors, les membres du corps médical (41%) et les psychologues (27%) sont les premiers sollicités, juste devant les associations (17%) qui seraient davantage un recours pour les plus modestes (29%).

Si une majorité de parents estime avoir suffisamment d’information pour faire face à ces difficultés, 15% d’entre eux déclarent ne pas du tout savoir à qui s’adresser en cas de difficultés, dont 27% chez les plus modestes. Si l’on ajoute à cela que les efforts des pouvoirs publics pour aider les parents sont jugés insuffisants par 69% des parents, les différentes mesures qui ont ensuite été testées rencontrent logiquement un écho favorable.

Ainsi, les solutions qui pourraient permettre un meilleur accès à une aide sont plébiscitées : la meilleure coordination des acteurs constitue une mesure prioritaire pour un parent sur deux et importante pour 9 parents sur 10. De même, l’accréditation d’associations référentes paraît prioritaire pour 38% des parents, tout comme la création d’un site Internet regroupant les informations utiles pour 39% de ceux-ci.

Enfin, s’agissant du rôle des entreprises dans l’aide aux parents, les réponses des parents ne sont pas les mêmes selon la manière de le présenter. Si l’on parle d’aider les parents à faire face à leurs responsabilités d’une manière générale, 62% d’entre eux estiment que les entreprises ne doivent pas s’immiscer dans ce domaine. En revanche, lorsque la proposition concerne des incitations aux entreprises pour aider leurs salariés qui ont des enfants en mettant en place des aménagements horaires (flexibilité du temps de travail, télétravail...), la mesure devient prioritaire pour 47% des parents.

Étude réalisée par téléphone pour le Secrétariat d'Etat à la Famille du 4 au 8 novembre 2011 auprès d'un échantillon de 800 parents représentatifs de la population des parents d'enfants de 0 à 18 ans.

Méthode des quotas (sexe, âge, profession du chef de ménage) et stratification par région et catégorie d'agglomération.