05.05.2004
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Réalisée à l'occasion du 3e Congrès 2004 de l'association Fractales qui se tient à Lille les 5, 6 et 7 mai, notre étude dresse un état des lieux sur le parcours en France des familles d'enfants surdoués et de leurs enfants. L'objectif principal était de recueillir des informations sur le mode et la qualité de vie des enfants, le diagnostic de précocité (QI ≥ 125) et les attentes en matière de scolarité. Menée auprès de 186 foyers adhérents de l'association Fractales et d'un échantillon témoin, notre étude montre que les enfants surdoués et leur famille rencontrent, très tôt, des difficultés au quotidien. Ainsi, 81% des enfants surdoués ont connu des phases difficiles, pour 38% en moyenne dans l'échantillon.

Des chiffres qui vont totalement à l'encontre des préjugés

Les enfants surdoués et leur famille rencontrent, très tôt, des difficultés au quotidien. Ainsi, 81% des enfants surdoués ont connu des phases difficiles, (38% en moyenne dans l'échantillon témoin).

Ces phases difficiles se manifestent à de nombreux niveaux :

  • Troubles du comportement à la maison : 69% chez les surdoués, (contre 48% en moyenne),
  • Troubles du sommeil : 50% des surdoués, (25% en moyenne),
  • Troubles du comportement alimentaire : 24% des surdoués, (pour 11% en moyenne),
  • Des problèmes de socialisation : 50% des enfants surdoués souffrent d'un rejet de la part de leurs camarade (pour 8% en moyenne).

Un enfant surdoué sur 3 en situation d'échec scolaire

57% des enfants surdoués sont en avance d'une ou plusieurs classes, et pour 45% d'entre eux, le premier saut s'est effectué dès la maternelle. L'étude démontre que les difficultés (comportementales, scolaires.) apparaissent majoritairement en primaire (71%), mais également beaucoup en maternelle (61%), alors que certains affirment que c'est au collège que les problèmes apparaissent.

Ainsi, et tout à fait paradoxalement, 32% de enfants surdoués sont en échec scolaire, pratiquement comme les enfants témoins (40%), et 8% des enfants surdoués sont carrément déscolarisés (aucun dans l'échantillon témoin) ! Lorsque les enseignants sont avertis par les parents du surdouement des enfants, seul un tiers d'entre eux réagit de manière positive, et cela malgré une démarche ouverte et pro-active des familles.

Les familles d'enfants surdoués recherchent essentiellement des solutions au sein de l'école publique, car seul 8% ont inscrit leur enfant dans un établissement 'spécialisé'. La problématique est grave : 3% des enfants surdoués ont tenté de se suicider (aucun dans l'échantillon témoin).

Dans la démarche de détection du surdouement, les parents et les proches sont décisionnaires dans 58% des cas, les professionnels de santé et de la petite enfance sont à l'origine du test dans seulement 15% des cas, et les enseignants dans seulement 11% des cas.

Étude réalisée du 2 au 17 avril 2004, par voie postale pour l'association Fractales, auprès de deux échantillons :

  • 186 foyers présentant au moins un enfant surdoué
  • 206 foyers français issus du Métascope, dont les enfants présentent les mêmes caractéristiques en termes d'âge, de sexe et de région d'habitation que les enfants surdoués interrogés.