05.04.2007
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« Les Enjeux du Quotidien », réalisés par TNS Sofres pour l'EPIQ, sont une série d'études traitant de sujets se situant au coeur de l'actualité et des préoccupations quotidiennes des Français. Ce 1er volet de la saison 2007 porte sur le rapport des Français à la religion. Il est publié dans les titres de Presse Quotidienne Nationale, Régionale, urbaine gratuite et la presse hebdomadaire régionale. Principaux enseignements de cette étude : plus de 2 Français sur 3 déclarent avoir une appartenance religieuse ; une pratique régulière est relativement marginale ; la religion catholique : culture davantage qu'une confession ? ; la religion, un domaine secondaire dans la vie des individus ; l'influence de la religion sur les valeurs et l'éducation ; à l'avenir, une cohabitation délicate entre les différentes religions.

Plus de 2 Français sur 3 déclarent une appartenance religieuse

69% des Français de 15 ans et plus déclarent avoir une religion : 59% se disent catholiques, 3% musulmans, 2% protestants, 1% juifs et 1% bouddhistes. 2% déclarent par ailleurs avoir leur propre religion, 1% une autre religion. La religion catholique est davantage citée à mesure que l’âge des enquêtés s’élève : 44% des 15-34 ans pour 75% des plus de 60 ans. Le phénomène s’inverse s’agissant de la religion musulmane, dans de bien moindres proportions cependant : 8% des 15-34 ans, 3% des 35-59 ans et moins de 1% des 60 ans et plus. Certaines régions comme la Lorraine (76%), l’Auvergne (72%), le Nord-Pas-de-Calais (64%), l’Aquitaine et Midi-Pyrénées (64% chacun) concentrent plus de catholiques que la moyenne déclarée sur l’ensemble du territoire, tandis que 17% des Alsaciens se disent protestants (pour 2% sur l’ensemble du territoire) et que 7% des Franciliens se déclarent musulmans (pour 3% en moyenne).

La pratique régulière est relativement marginale

Le niveau de pratique apparaît quant à lui assez faible. Seuls 2% de ceux qui considèrent avoir une religion se rendent à la messe, au culte ou aux offices religieux plusieurs fois par semaine, 8% une fois par semaine et 7% une ou deux fois par mois, soit un total de 17% qui ont une pratique régulière. Une grande majoriténe s’y rend que de temps en temps, aux grandes fêtes (23%) ou uniquement pour les cérémonies (53%) voire jamais (6%). Alors que le sentiment d’appartenance àune religion semble d’autant plus faible que l’on est jeune, il semble en aller autrement de la pratique religieuse. Lorsque les jeunes se sentent appartenir à une religion, ils se montrent relativement fervents : 22% des 15-24 ans se rendent à l’office au moins une fois par mois, pour seulement 12% des 25-34 ans, 10% des 35-59 ans. La pratique remonte toutefois à partir d’un certain âge puisque les 60 ans et plus sont 25% à se rendre à l’office au moins une fois par mois. On ajoutera encore que 15% des catholiques ont une pratique régulière pour 25% des juifs, 32% des musulmans et 34% des protestants.

La religion catholique : culture plus que confession ?

Le sentiment d’appartenance à une religion ne s’accompagne toutefois pas nécessairement d’une croyance en Dieu. De fait, si 69% déclarent avoir une religion, seuls 38% des Français croient qu’il existe un Dieu, quel qu’il soit, alors qu’une même proportion est dans le doute (37% ne savent pas s’il existe un Dieu) et que 22% affirment ne pas croire en l’existence d’un Dieu. Dans le détail, on constate que 94% des musulmans croient qu’il existe un Dieu quel qu’il soit pour 60% des protestants, 54% des juifs mais 49% des catholiques. Ainsi, on peut très bien déclarer appartenir à une religion et ne pas croire en Dieu : c’est le cas de 12% de ceux qui disent être juifs, 11% des catholiques ou des protestants. Surtout : on peut déclarer appartenir à une religion mais ne pas savoir s’il existe un Dieu comme c’est le cas de 38% des catholiques, 35% des juifs, 26% des protestants (mais seulement 4% des musulmans).

La religion, un domaine secondaire dans la vie des individus

Parmi un certain nombre de domaines qui peuvent avoir de l’importance dans leur vie, les Français placent la famille en premier (96% dont 78% très important), devant les amis, la vie sociale (94% dont 65% très important), les loisirs, la culture (93% dont 53% très important), le travail (91% dont 60% très important) puis, dans une moindre mesure, la politique (57% dont 19% très important). La religion arrive quant à elle en dernière position, citée par 37% des enquêtés (dont 13% pour qui elle est très importante). On note très logiquement une différence entre les individus ayant déclaréune religion et les autres. Et, à nouveau, un retrait des catholiques en la matière : ils sont 45% à déclarer que la religion est un domaine important dans leur vie (dont 14% très important), pour 51% des protestants (dont 29% très important), 71% des juifs (dont 20% très important), 79% de ceux qui déclarent être musulmans (50% très important).

Et une influence relativement limitée sur leur façon de vivre

Les Français qui considèrent avoir une religion (69% de l’ensemble de la population) se montrent par ailleurs diversement influencés par celle-ci. Ainsi, parmi eux, près d’un individu sur deux déclare que la religion a de l’influence sur sa morale, ses valeurs (47%) et sur la façon dont il éduque ses enfants (46%). La religion semble toutefois bien moins influencer leur sexualité(16% se disent influencés par la religion sur ce point) et leurs opinions politiques (15%). En ce qui concerne les valeurs et l’éducation donnée aux enfants, on notera que l’influence de la religion est considérée comme d’autant plus importante que l’âge et le niveau de pratique des enquêtés augmente.

A l’avenir, une cohabitation délicate entre les différentes religions

Si l’on s’intéresse finalement à l’influence de la religion sur la société en général, c’est la vision du vivre ensemble qui domine. En effet, 66% des Français pensent qu’à l’avenir, les personnes de religions différentes vivront ensemble quand 27% anticipent en revanche un certain communautarisme. Mais cette vision est tout de même contrastée par les résultats détaillés car sur les 66% de Français qui pensent que les différentes religions vivront ensemble, 22% pensent que cela se fera en bonne entente, mais 44% avec des tensions. De même, parmi les personnes qui pensent qu’elles vivront séparées, 21% pensent que ce sera avec des tensions et des crises et seulement 6% sans tension. La vision du «vivre ensemble» est d’autant plus prégnante que l’on est jeune et que l’on appartient aux catégories socioprofessionnelles supérieures : 74% des 15-34 ans, pensent qu’à l’avenir, les différentes religions vivront ensemble (dont 26% en bonne entente), 73% des catégories socioprofessionnelles supérieures partagent cet avis (dont 23% en bonne entente). A noter encore que les catholiques sont 66% à estimer que les personnes de religions différentes vivront ensemble, tout comme les juifs, même si ces derniers se montrent un peu plus optimistes (33% pensent qu’ils vivront ensemble en bonne entente pour 22% des catholiques). Ce sont finalement les musulmans qui sont les plus confiants : 88% d’entre eux pensent qu’il y aura cohabitation, dont 54% en bonne entente.

Enquête réalisée par téléphone, du 3 janvier 2007 au 4 mars 2007, pour l'EPIQ, auprès d’un échantillon national de 4794 individus âgés de 15 ans ou plus

1er degré : tirage des communes au sein de chaque département respectant le poids relatif des communes et celui des différentes catégories d’agglomération à l’intérieur du département.

2ème degré : désignation de la personne interrogée selon la méthode des quotas : sexe X âge et sexe X actifs / inactifs.