05.01.2011
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80% des Français disent aller travailler avec plaisir, dont 52% tous les jours ou presque

Dans un contexte global mêlant crise économique, taux de chômage élevé et forte médiatisation de la souffrance au travail (avec notamment l’irruption de la problématique des suicides de salariés), les résultats du sondage TNS Sofres/Logica réalisé pour Pèlerin peuvent sembler étonnamment positifs.

L’étude montre en effet qu’une très large majorité de Français attribuent au travail des valeurs positives : 80% des Français déclarent aller « assez souvent » (28%) ou « tous les jours ou presque » (52%) au travail avec plaisir, contre 18% qui sont d’un avis inverse (10% déclarant y aller « peu souvent » avec plaisir, et 8% « rarement ou jamais »). Les plus satisfaits sont les cadres et les professions intellectuelles (92%), un chiffre qui descend à 73% chez les ouvriers : au sein de cette population, un quart (26%) est d’un avis inverse.

Si le niveau est particulièrement élevé, ces résultats vont cependant dans le sens des enquêtes réalisées par TNS Sofres depuis 10 ans, montrant que la satisfaction au travail reste stable chez les Français et que le travail est loin d’être une valeur déclinante , même si la crise a pu récemment impacter le lien salarié employeur.

Les Français divisés sur le travail

Un moyen « d’épanouissement personnel » pour 34%, de « trouver sa place dans la société » pour 33% et « une contrainte pour gagner de l’argent » pour 32%.

Les disparités entre les catégories socioprofessionnelles sont là encore intéressantes à analyser : les ouvriers sont plus nombreux à voir le travail comme une contrainte (51%), beaucoup plus que les employés (28%) et surtout les cadres et professions intellectuelles (19%) qui le considèrent avant tout comme un moyen d’épanouissement personnel (respectivement 42% et 47%). Les travailleurs à leur compte (52%) et les salariés du secteur public (46%) sont aussi plus nombreux à en avoir une vision positive, des résultats à mettre en lien avec la faible proportion d’ouvriers dans ces deux groupes. On peut enfin noter que les 18-24 ans, en phase d’insertion dans la vie active, sont plus nombreux à considérer le travail comme un moyen de « trouver sa place dans la société » (37%).

Les aspects importants du travail : la rémunération (57%), l’intérêt (50%) et l’ambiance (43%)

On observe sur cet aspect aussi des différences sociales marquées, avec des cadres qui privilégient l’intérêt du travail (79%) alors que les ouvriers mettent en avant la rémunération (75%) (un aspect d’autant plus prioritaire pour eux que leur salaire est environ 2,5 fois moins élevé que celui des cadres).

Si ce trio de tête est somme toute assez classique dans ce type d’enquête, on notera cependant que la sécurité de l’emploi atteint la quatrième position (37%) - un niveau élevé à mettre en lien avec la crise économique - devant les responsabilités (27%) et les perspectives d’évolution (20%).

En fin de classement, 19% des Français jugent importante « l’utilité sociale de son travail », 14% « la localisation géographique de son lieu de travail » et 7% « la charge de travail et le temps de travail », a contrario de l’image de Français rétifs au travail et à l’effort.

Sondage TNS Sofres / Logica réalisé du 10 au 13 décembre 2010 pour Pèlerin auprès d'un échantillon national de 1000 personnes représentatif de l'ensemble de la population âgée de 18 ans et plus, interrogées en face-à-face à leur domicile. Méthode des quotas (sexe, âge, profession du chef de ménage PCS) et stratification par région et catégorie d’agglomération.