06.10.2015
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La réforme territoriale : un changement connu, mais peu apprécié 

À la veille des élections régionales, les Français sont pour une majorité d'entre eux (68%) conscients des évolutions organisationnelles qui touchent les collectivités territoriales. Cette conscience des changements qui s'opèrent en France depuis 20 ans, et qui sont pour une part importante des Français (40%) des changements conséquents, sont à mettre en lien avec la perception d'une France de plus en plus décentralisé (61%) et qui continuera de le devenir dans les prochaines années (58%).

Dans ce contexte, la réforme territoriale est bien connue (89%) voire très bien connue (49%), et ce notamment par les plus âgés. Il est cependant important de noter que cette réforme est d’abord comprise comme le regroupement de certaines régions (98% dont 84% qui voient très bien de quoi il s’agit) et moins comme la nouvelle répartition des compétences entre les collectivités locales (87% dont seulement 40% qui voient de quoi il s’agit) ou la création de 10 métropoles (72% dont seulement 38% qui voient bien de quoi il s’agit).

Pour autant, la notoriété ne fait pas l’appréciation et les Français sont majoritairement critiques à l’égard de la réforme territoriale. En effet, si les Français sont divisés sur la question du nouveau découpage territorial, les principaux concernés sont majoritairement critiques vis-à-vis de la fusion de certaines régions (40% dont la moitié qui considère les fusions comme une très mauvaise chose), ces dernières les faisant craindre pour l’identité de leur territoire (59%) et la prise en compte de leurs besoins (56%).

Il est néanmoins intéressant de noter que les habitants des régions fusionnées voient leur opinion changer en fonction de leur région d’appartenance. Ainsi, si les habitants d’Alsace, Champagne-Ardenne et Lorraine sont très critiques vis-à-vis de la fusion de ces régions ensemble (51% jugent que c’est une mauvaise chose), les habitants de Basse et de Haute Normandie sont en revanche beaucoup plus enthousiastes (46% jugent que cela est une bonne chose contre 29% pour l’ensemble des Français).

Les élections régionales : un intérêt encore modéré malgré des enjeux aussi bien locaux que nationaux

Ainsi, alors que les Français semblent attachés à leur territoire – de par leurs critiques et craintes à l’égard de la réforme territoriale – et alors que les élections régionales ont lieu dans quelques mois, seuls 60% des Français savent qu’elles auront lieu en décembre et moins de la moitié déclare s’y intéresser (45% dont 12% s’y intéresser beaucoup).

Néanmoins, malgré cet intérêt modéré, les Français sont nombreux à accorder de l’importance à la question de la région d’origine du futur Président de région (63% dont 33% beaucoup d’importance). Cette origine est d’ailleurs beaucoup plus importante pour les habitants de Haute et Basse Normandie (72%), ainsi que pour les habitants d’Alsace, Champagne-Ardenne et Lorraine (71%).

De plus, pour les inscrits, les enjeux nationaux auront aussi leur place lors des élections de décembre (48% contre 52% locaux) qui seront donc une occasion de marquer son opinion (sa désapprobation pour 49% des inscrits) à l’égard de l’exécutif. Cette désapprobation à l’égard du Gouvernement se ressent d’ailleurs dans le jugement sévère que font les Français du fonctionnement de la démocratie (64% considèrent qu’elle fonctionne mal).

Étude online réalisée du 2 au 7 septembre 2015, pour l'Institut de la Gouvernance territoriale & de la Décentralisation, auprès d'un échantillon de 1005 individus âgés de 18 ans et +, construit à partir des dernières données de « L'Enquête Emploi » de l’INSEE.  Représentativité est assurée par la méthode des quotas (sexe, âge, PCS de l’individu) après stratification par régions et catégories d’agglomération.