25.11.2014
  |  Télécharger
 

Alors que les formes alternatives d'emploi et les aides en faveur de la création d'entreprise se sont multipliées pour faciliter l'entrepreneuriat, le portage salarial, qui consiste à permettre à un actif de travailler en indépendant, tout en bénéficiant du statut de salarié, reste une forme d'emploi relativement méconnue.

Pourtant, cette forme d'emploi vient répondre à deux attentes fortes : celle de la flexibilité pour les entreprises et celle de la sécurité pour les salariés. Et cette dernière est fondamentale quand l'on sait que la peur de l'échec paralyse encore trop de Français pourtant désireux de monter leur entreprise.

En juin 2013, ils étaient 50 000 « portés » en France et généraient un chiffre d'affaire de 450 millions d'euros.

Notre étude révèle que le portage salarial, mieux médiatisé, pourrait être une source d'opportunité et un vecteur de dynamisation de l'entrepreneuriat.

Une forme de travail méconnue...

Reconnue par une loi depuis 2008, cette activité reste méconnue des salariés du privé. Et 11% uniquement estiment qu'ils voient précisément de quoi il s'agit.

Les plus au fait de cette forme d'emploi sont sans surprise les cadres avec près de 60% d'entre eux qui en ont déjà entendu parler (58%). Mais même parmi les cadres, catégorie professionnelle pionnière de cette forme de travail, l'information reste lacunaire puisque moins d'un quart sait précisément en quoi consiste le portage salarial (23%).

Les salariés du secteur du BTP, un secteur porteur de l'entrepreneuriat, sont également relativement mieux informés, près de la moitié d'entre eux déclarent en avoir entendu parler.

... qui spontanément suscite une attirance mesurée

Aujourd'hui, alors que la connaissance du statut de « porté » est relativement peu étendue et précise, seuls 13% des salariés du privé se disent attirés par le portage salarial. Parmi les connaisseurs ils sont 38%.

Une forme de travail qui gagne à être connue

Interrogés sur leur appétence pour le portage salarial, une fois cette forme d'activité explicitée, les salariés du privé sont plus de deux fois plus nombreux à envisager de travailler en portage salarial : on passe de 13% d'intéressés à 33%.

Des jeunes salariés particulièrement intéressés

Alors que l'on associe plus généralement cette forme de travail aux cadres supérieurs de plus de 50 ans, ce sont les salariés de moins de 30 ans qui se montrent les plus intéressés avec 42% qui envisageraient de travailler en portage salarial. Une forme de travail qui offre les bénéfices de l'expérience multiple tout en garantissant l'autonomie décisionnelle sur les modalités de la mission et le salaire. Deux dimensions très présentes dans la hiérarchie des attentes des salariés de moins de 30 ans et qui répondent à la suppression progressive de la linéarité des parcours professionnels.

A contrario, les salariés de 50 ans et plus se montrent moins intéressés avec tout juste un quart d'entre eux qui l'envisagent.

Des salariés en couple plus intéressés que les salariés célibataires

Les salariés en couple, sans doute plus sereins quant à l'équilibre économique de leur foyer, se montrent plus attirés par le portage salarié que les salariés célibataires (35% vs 26%).

Des salariés non-cadres autant intéressés que les cadres

Toutes les catégories socioprofessionnelles se montrent intéressés dans une même proportion : environ 33%.

Des salariés motivés par l'autonomie et la souplesse qu'offre le statut

Plus de 80% des salariés intéressés, interrogés sur les situations qui pourraient les amener à recourir au portage salarial, estiment que cela pourrait leur arriver alors qu'ils sont en poste mais qu'ils recherchent d'avantage d'autonomie (85%) ou plus de souplesse pour mieux gérer leur équilibre vie professionnelle-vie privée (83%). 
Ces avantages perçus du portage salarial explique l'appétence plus élevée pour le statut des salariés ayant des enfants (35% vs 30% des salariés n'ayant pas d'enfant) qui y voient sans doute la possibilité de s'organiser de manière plus flexible pour parvenir à passer du temps en famille.

Ces salariés intéressés sont moins nombreux, en revanche, à envisager le portage salarial dans une situation de fuite d'une problématique rencontrée en entreprise : des rapports conflictuels (68%) ou le manque de perspectives d'évolution (67%).

Le portage salarial, une activité à fort potentiel

Un chiffre d'affaire potentiel non négligeable

Dans l'hypothèse où les salariés intéressés prendraient effectivement le statut de « portés » (moyennant une pondération sur la base de l'intensité de l'attirance pour le portage salarial) et où ils parviendraient à conserver a minima leur salaire net annuel : le chiffre d'affaires potentiel du portage salarial pourrait atteindre 83 milliards d'euros par an

Et 6 salariés sur 10 qui pourraient envisager le portage salarial pour rebondir

Qu'aujourd'hui ils envisagent ou non de travailler à l'avenir en portage salarial, cette forme de travail apparaît comme une véritable opportunité de rebond pour 63% des salariés du privé qui, en période de chômage, se verraient prendre le statut de « porté ».

C'est également, pour 61% des interviewés, un tremplin pour se lancer à son compte.

Étude réalisée online du 8 au 14 octobre, pour Umalis Group, auprès d'un échantillon de 1002 répondants composés de 952 salariés du privé représentatifs de la population salariée française et de 50 indépendants. La représentativité de l'échantillon de salariés est assurée par la méthode des quotas sur les critères de sexe, d'âge, de région, de taille d'entreprise et de secteur d'activité.